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« Virus K » : rumeur amplifiée et faux remède miracle


Ces derniers jours, une information a largement circulé sur les réseaux sociaux tunisiens, notamment sur Facebook et dans certains groupes privés, affirmant qu’un mystérieux « virus K » serait en train de se propager.

Selon ces publications, il pourrait être traité grâce à une simple cure de complément alimentaire présenté comme totalement sûr, sans effets secondaires, et décrit comme un « élixir de jeunesse » doté d’une activité antivirale à large spectre. Formulé sur un ton rassurant, le message a été partagé comme une information de santé fiable, suscitant de nombreuses réactions.

Dans les commentaires, certains internautes ont exprimé leur inquiétude quant à l’existence de ce virus supposé, s’interrogeant sur sa présence en Tunisie et sur sa dangerosité. D’autres ont, au contraire, relayé le message avec soulagement, estimant qu’un traitement naturel constituait une alternative rassurante aux médicaments classiques. Plusieurs publications recommandaient même d’acheter rapidement ce complément alimentaire, présenté à la fois comme préventif et curatif, sans consulter de professionnel de santé.

En réalité, d’après les revues scientifiques, ce virus n’est pas entièrement nouveau. Il s’agit d’un variant de la grippe saisonnière Influenza A, sous-type H3N2, appartenant à une lignée déjà connue. Plus précisément, il fait partie d’un sous-clade récemment identifié, appelé « K », qui correspond à une évolution génétique de ce virus saisonnier.

Expansion du sous-clade « K » du virus Influenza A(H3N2)

Début décembre, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a signalé la diffusion, depuis août 2025, d’un sous-clade du virus A(H3N2), nommé J.2.4.1 ou « K », dans plusieurs pays. Ce variant présente des mutations génétiques, sans pour autant entraîner une augmentation de la gravité des infections pour le moment.

L’OMS signale, par ailleurs, que la grippe saisonnière, infection respiratoire qui circule toute l’année, a vu son activité croître ces derniers mois dans plusieurs régions, avec une prédominance du virus A(H3N2), en lien avec l’arrivée de l’hiver dans l’hémisphère nord.

En Tunisie, des spécialistes mettent en garde contre des mutations susceptibles d’augmenter sa transmissibilité, sans gravité accrue. Le virologue Mahjoub Aouni a d’ailleurs précisé sur Radio Express FM que ce variant, détecté initialement en Australie, circule désormais en Tunisie. Il a rappelé que les symptômes restent similaires à ceux de la grippe saisonnière et a appelé au respect des mesures de prévention, tout en mettant en garde contre l’usage inutile des antibiotiques. Le vaccin, a-t-il souligné, devient efficace environ quinze jours après l’injection et contribue à prévenir les formes graves.

Compléments alimentaires : des allégations sans preuves

Concernant le traitement évoqué sur les réseaux sociaux, la présentation d’un complément alimentaire comme antiviral à large spectre pose un problème majeur. Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments et ne sont pas soumis aux mêmes essais cliniques rigoureux que les traitements antiviraux homologués. S’ils peuvent parfois soutenir le système immunitaire, aucune autorité sanitaire ne reconnaît leur capacité à guérir une infection virale active.

Plusieurs publications scientifiques rappellent que des effets antiviraux observés en laboratoire pour certaines substances naturelles ne peuvent être extrapolés à un usage thérapeutique chez l’être humain sans essais cliniques approfondis. Les chercheurs soulignent également que l’expression « sans effets secondaires » est trompeuse, toute substance biologiquement active pouvant entraîner des interactions ou des effets indésirables, notamment en automédication.

Depuis la pandémie de Covid-19, les autorités sanitaires et les médias spécialisés alertent régulièrement sur la prolifération de produits présentés comme antiviraux, souvent accompagnés d’allégations non prouvées, susceptibles de détourner les patients de soins appropriés.

En conclusion, le « virus K » n’est pas un virus nouveau, contrairement aux affirmations des internautes, et aucun traitement à base de complément alimentaire ne peut le guérir. La promotion d’un prétendu « élixir de jeunesse » aux effets antiviraux constitue une désinformation manifeste.

R.A.

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