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Maladie cœliaque : 30.000 cas diagnostiqués en Tunisie, un fardeau financier invisible

Par Nadya Jennene

La maladie cœliaque, également appelée intolérance au gluten, constitue un enjeu de santé publique mondial et se caractérise par une réaction auto-immune sévère provoquée par l’ingestion de gluten, une protéine présente principalement dans le blé, l’orge et le seigle. En Tunisie, on estime que 75.000 à 100.000 personnes sont atteintes, mais seules 30.000 cas ont été effectivement diagnostiqués, ce qui met en évidence un retard important dans la détection de la maladie et la nécessité de renforcer la sensibilisation et le dépistage précoce.

Une maladie sous-diagnostiquée aux lourdes implications sanitaires

De par sa gravité, la question de la maladie cœliaque a été mise en lumière lors d’une journée de sensibilisation organisée par l’Association tunisienne de la maladie cœliaque, le samedi 27 décembre 2025, à Tunis. 

Dans ce contexte, le président de l’association, le Dr. Mongi Ben Hariz, pédiatre et spécialiste de la nutrition, a insisté sur le fait que le régime sans gluten reste le seul traitement disponible à ce jour, soulignant l’absence de toute alternative médicamenteuse. 

En effet, malgré des progrès scientifiques dans la compréhension de ses mécanismes, la maladie reste largement méconnue et non traitable par des médicaments, rendant la vie des malades difficile et dépendante d’un régime strict sans gluten à vie.

Une pathologie auto-immune sans traitement médicamenteux

Dr Ben Hariz a, également, précisé que cette maladie touche les individus présentant une prédisposition génétique particulière, ce qui explique pourquoi elle ne se manifeste pas chez toutes les personnes exposées au gluten. 

L’ingestion de gluten déclenche chez le patient cœliaque une réaction immunitaire anormale, entraînant la production d’anticorps dirigés contre la muqueuse intestinale, endommage les villosités intestinales et compromet l’absorption des nutriments essentiels, phénomène connu sous le nom de villous atrophy.

Les conséquences cliniques sont variées et dépendent de l’âge et de l’état général du patient, mais incluent fréquemment diarrhée chronique, perte de poids, retard de croissance chez l’enfant, anémie, carences en vitamines et oligo-éléments, ainsi que faiblesse et fatigue généralisée. 

Si la maladie n’est pas correctement prise en charge par un régime strict sans gluten, elle peut conduire à des complications sévères à moyen et long terme, notamment l’ostéoporose, des troubles de croissance, et dans certains cas, l’apparition de cancers gastro-intestinaux après 40 ou 50 ans.

Dr. Ben Hariz a avancé, dans ce sens, que le diagnostic précis de la maladie cœliaque repose sur deux étapes complémentaires : une analyse sanguine à la recherche d’anticorps spécifiques suivie d’une endoscopie avec biopsie intestinale, permettant de confirmer la présence d’atrophie villositaire.

Un accompagnement associatif essentiel face à un fardeau économique croissant

Face à ces défis, l’Association tunisienne de la maladie cœliaque joue un rôle central dans l’accompagnement des patients et de leurs familles. Elle organise des formations pratiques sur la préparation d’aliments sans gluten, enseigne aux malades comment identifier les produits alimentaires sûrs et met à disposition une liste actualisée de produits adaptés. 

De plus, l’association développe un réseau de boulangeries spécialisées dans le pain sans gluten, actuellement actif à Tunis, Sidi Bouzid et Djerba, avec une expansion prévue à Béja en 2026. Elle soutient également certaines familles en fournissant le matériel nécessaire à la production domestique d’aliments sans gluten, contribuant ainsi à alléger le fardeau économique imposé par cette maladie, amplifié par une conjoncture inflationniste. 

La charge financière reste en effet considérable. Les produits sans gluten, souvent importés ou fabriqués dans des circuits spécialisés, sont nettement plus coûteux que les aliments conventionnels, ce qui représente un fardeau économique permanent pour les familles, surtout lorsque plusieurs membres sont affectés. Les patients doivent acheter quotidiennement des aliments spécifiques et surveiller attentivement la composition des produits, ce qui nécessite un investissement en temps et en argent. 

Même avec l’allocation mensuelle récemment revalorisée à 130 dinars, dans le cadre de la Loi de finances 2026, ces dépenses dépassent fréquemment les moyens de nombreux foyers, mettant en évidence un écart entre soutien financier officiel et besoins réels des patients.

N.J

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