Plusieurs habitants de la ville de Redeyef se sont rassemblés, samedi 27 décembre 2025, pour exiger l’ouverture immédiate d’une enquête administrative et judiciaire afin de déterminer les responsabilités dans le décès de la jeune infirmière Azhar Ben Hmida Amaidi.
Après avoir sillonné les principales artères de la ville dans une marche pacifique mais empreinte d’une vive émotion, les manifestants ont convergé vers l’hôpital local de Redeyef, épicentre de la contestation. Ils y ont acheminé, porté sur leurs épaules, un cercueil symbolique, lourdement chargé de sens, pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une faillite des conditions de sécurité et de prise en charge au sein de l’établissement.

Cette mobilisation à laquelle ont pris part les membres de la famille de la défunte, ses collègues ainsi que des représentants de la société civile, a été marquée par des slogans dénonçant ce que les protestataires considèrent comme des actes de négligence et rappelant la responsabilité collective face à un drame qu’ils estiment évitable.
Ils ont exprimé un profond ras-le-bol face aux insuffisances structurelles persistantes dont souffre l’hôpital de Redeyef, notamment l’absence de médecins spécialistes, la pénurie chronique de médicaments ainsi que la dégradation générale des services de santé, considérant que l’altération continue de la qualité du service public hospitalier constitue l’une des causes majeures du décès de celle qu’ils qualifient unanimement de « martyre du devoir ».

Grièvement brûlée alors qu’elle assurait une garde au sein de l’hôpital local de Redeyef, la jeune infirmière a succombé à ses blessures dans la matinée du jeudi 25 décembre 2025.
Le drame, qui a profondément ému l’opinion publique locale et nationale, demeure entouré de nombreuses zones d’ombre. Au lendemain du drame, l’oncle de la victime, le docteur Mohamed Ali Amaidi, a exprimé de sérieux doutes quant à la version officielle avancée dans les premières heures suivant l’accident, estimant que les causes exactes de l’incident n’avaient pas encore été clairement établies.
De son côté, la tante de la défunte, infirmière à l’hôpital Sahloul de Sousse, a formellement démenti les informations évoquant une éventuelle crise d’épilepsie, hypothèse initialement avancée pour expliquer l’accident. Elle a dénoncé ce qu’elle considère comme une justification hâtive, tout en pointant l’absence quasi totale de personnel médical et les graves défaillances des conditions de prise en charge au sein de l’établissement hospitalier.

Les images et vidéos diffusées à la suite du drame montrent la présence, sur les lieux, d’un radiateur électrique à résistance, qui serait à l’origine des brûlures graves subies par l’infirmière. La victime aurait dû être évacuée en urgence vers le centre des grands brûlés de Ben Arous. Toutefois, l’extrême gravité de son état a malheureusement conduit à son décès avant toute amélioration possible.
Avant même l’annonce officielle de sa mort, une première marche de protestation avait été organisée dans la matinée du jeudi à Redeyef par plusieurs composantes de la société civile et des citoyens, sous le slogan : « Rendre justice à la victime de la négligence, l’infirmière Azhar Ben Hmida ». Les manifestants ainsi que plusieurs autres organisations avaient alors réclamé l’ouverture d’une enquête.
Face à l’ampleur de l’émotion suscitée par cette mobilisation et à la pression croissante de l’opinion publique, des réactions officielles auraient suivi.
Selon plusieurs sources concordantes que nous n’avons pas pu vérifié, le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, aurait contacté la famille de la défunte — après son inhumation vendredi — afin de lui présenter ses condoléances et aurait ordonné une enquête administrative.

Ce drame relance avec acuité le débat sur l’état des infrastructures sanitaires et sur la sécurité des professionnels de santé dans l’exercice de leurs fonctions, dans un contexte marqué par des revendications croissantes en faveur d’un service public de santé digne et sécurisé.
N.J











Commentaire
zaghouan2040
Pas de panique l’Etat Tunisien vous accordera toute sa légendaire sollicitude
Une commission sera bientôt créée; un universitaire enfant du pays et spécialiste des radiateurs électriques sera également désigné
Ayez confiance.