Le Comité de la Présidence de l’Union internationale des magistrats (UIM) a exprimé son soutien au juge Anas Hmaidi, président de l’Association des magistrats tunisiens (AMT), après l’ouverture de nouvelles poursuites pénales à son encontre en Tunisie.
Dans une déclaration rendue publique, dimanche 28 décembre 2025, l’UIM indique avoir pris connaissance d’informations faisant état de poursuites engagées sur la base de déclarations médiatiques effectuées par Anas Hmaidi dans le cadre de ses fonctions à la tête de l’AMT, alors qu’il défendait l’indépendance de la justice en Tunisie.
Organisation indépendante regroupant les associations de magistrats de 93 pays, l’UIM rappelle avoir adressé, le 26 octobre 2025, une lettre au président de la République, à la cheffe du gouvernement et à la ministre de la Justice, dans laquelle elle faisait part de ses profondes inquiétudes quant à la situation du pouvoir judiciaire en Tunisie. Elle y appelait notamment à mettre fin aux poursuites disciplinaires et pénales visant le président de l’AMT, estimant qu’elles sont liées à l’exercice de ses responsabilités associatives.
Condamnation des poursuites et défense de l’indépendance judiciaire
Le Comité de la Présidence de l’UIM condamne fermement ces nouvelles poursuites, qui s’ajoutent à celles engagées depuis 2022, et qu’il considère comme un ciblage direct du juge Anas Hmaidi en raison de son action en faveur de la promotion, de la protection et de la sauvegarde de l’indépendance du pouvoir judiciaire, conformément aux normes internationales et aux valeurs défendues par l’organisation.
L’UIM rappelle que les magistrats doivent pouvoir participer librement au débat public, individuellement ou collectivement, sur les questions relatives à l’organisation, au fonctionnement et à l’indépendance de la justice, dans le respect de leurs obligations de réserve et de responsabilité, sans subir de pressions, de représailles ou de procédures dissuasives.
Appel aux autorités tunisiennes
L’organisation appelle les autorités tunisiennes à mettre un terme aux mesures de représailles et de harcèlement visant le président de l’AMT ainsi que l’ensemble des magistrats tunisiens qui expriment leur attachement à une justice indépendante. Elle exhorte également Tunis à respecter les normes internationales relatives à l’indépendance du pouvoir judiciaire, ainsi que les droits d’expression et d’association des magistrats, tels que consacrés par le Statut universel du juge, adopté par l’UIM.
L’Union internationale des magistrats affirme enfin qu’elle suivra de près l’évolution de la situation en Tunisie et se réserve la possibilité d’entreprendre toute initiative jugée appropriée, y compris par des communications adressées aux autorités concernées, afin de défendre l’État de droit et de préserver la confiance du public dans la justice.
S.H
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