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Qualité douteuse et non-conformité : la viande importée sous le feu des critiques

Par Nadya Jennene

La filière des viandes rouges traverse une zone de turbulences aiguës, sous l’effet conjugué de la flambée du coût de l’alimentation animale, de l’érosion progressive du cheptel national et de l’absence, dénoncée par les professionnels, de réponses institutionnelles adaptées. Cette conjoncture défavorable pèse lourdement tant sur les opérateurs du secteur que sur les consommateurs, ces derniers se détournant de plus en plus des viandes rouges face à une hausse soutenue des prix à la consommation.

Les fragilités de la filière face à la hausse des prix

À ces fragilités structurelles s’ajoute une problématique tout aussi préoccupante : la qualité et la conformité des viandes importées destinées à l’approvisionnement du marché national. C’est sur ce volet que s’est exprimé, le lundi 29 décembre 2025, le président de la Chambre nationale des bouchers, Ahmed Laâmiri, tirant la sonnette d’alarme sur de graves manquements aux normes sanitaires et réglementaires en vigueur. 

Selon les éléments portés à la connaissance de l’opinion publique, l’arrivée récente de plusieurs conteneurs de viande importée a nécessité l’intervention conjointe de multiples structures de contrôle, notamment les unités de la sécurité sanitaire des aliments, les services vétérinaires, la police municipale, ainsi que des représentants du ministère de l’Intérieur, au sein de la société des viandes, Ellouhoum.

Viandes importées : non-conformité et contrôle renforcé

Les inspections effectuées ont mis en évidence de sérieuses non-conformités, selon Ahmed Laâmiri. Les viandes concernées ne portaient pas les estampilles réglementaires obligatoires, élément essentiel pour garantir leur traçabilité. Par ailleurs, les carcasses présentaient un excès manifeste de tissu adipeux, tandis que la présence de brebis parmi les lots importés a soulevé des interrogations quant au respect des spécifications contractuelles et sanitaires prévues par le cahier des charges. 

Plus préoccupant encore, Ahmed Laâmiri a affirmé que ces importations auraient été réalisées auprès d’un fournisseur étranger avec lequel une collaboration avait déjà eu lieu dans les années 1990, expérience jugée à l’époque préjudiciable pour le secteur. Il a assuré que les professionnels du secteur avaient alerté à plusieurs reprises les autorités compétentes sur les risques liés à ce partenaire commercial, soupçonné de substituer la marchandise initialement commandée par des produits de qualité inférieure. Ces mises en garde sont toutefois restées sans suite, selon le responsable. 

La responsabilité de ces dérives est imputée, selon Ahmed Laâmiri, à des intervenants dépourvus de compétences techniques suffisantes, mandatés pour des missions, mais sans expertise avérée en matière de sélection, de classification et de contrôle des viandes. Cette défaillance dans la gouvernance des opérations d’importation a conduit à l’introduction sur le territoire national de viandes dépourvues de toute classification officielle, en violation des normes en vigueur, a-t-il dénoncé. 

Ces produits étaient, selon la même source, destinés à être distribués dans certaines régions du pays. Leur mise sur le marché a toutefois été empêchée in extremis grâce à l’intervention des unités de contrôle présentes sur site, qui ont ordonné l’interdiction immédiate de leur distribution et procédé à leur saisie. Les viandes confisquées ne feront cependant pas l’objet d’un retour vers le pays d’origine, ce qui pose la question, d’après Ahmed Laâmiri, de leur devenir et de la gestion des pertes financières engendrées. 

N.J

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