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Disparition de Sofiane Chourabi et Nadhir Ketari : les réponses vagues des autorités

Par Nadya Jennene

Plus de dix ans après la disparition des journalistes tunisiens Sofiane Chourabi et Nadhir Ketari en Libye, le mystère reste entier. Alors que les familles comme l’opinion publique attendent toujours des précisions claires et définitives, la réponse officielle récemment communiquée par le ministère n’est venue que vague et insuffisante. 

En réponse à une correspondance adressée par la députée Fatma Mseddi le 23 juillet 2025, le département de Mohamed Ali Nafti a assuré que « les efforts n’ont jamais cessé » sans apporter de détails concrets sur l’état judiciaire du dossier, ni sur le sort exact des deux journalistes. 

Un mystère qui perdure depuis plus de dix ans

Selon le message publié par l’élue sur sa page Facebook dans la soirée de lundi 29 décembre 2025, Fatma Mseddi avait exprimé son indignation et son inquiétude face à ce qu’elle avait qualifié de l’une des affaires les plus graves et les plus obscures de l’après-révolution tunisienne. 

Le journaliste Sofiane Chourabi, et le photographe Nadhir Ktari ont été enlevés, le 8 septembre 2014, alors qu’ils effectuaient une mission médiatique dans l’est de la Libye. Ils s’étaient alors rendus légalement dans le pays voisin, munis de visas officiels. Initialement arrêtés par un groupe armé présumé affilié aux milices Bouclier de Libye avant d’être relâchés, puis kidnappés à nouveau quelques jours plus tard par une faction supposée proche de l’organisation Daech.

En janvier 2015, un communiqué attribué à l’État islamique (Daech) est venu annoncer leur exécution. Les autorités libyennes ont ensuite démenti cette version, mais sans fournir aucun élément concret : aucun corps, aucune photo, aucune analyse ADN n’a jamais été rendue publique.

Après avoir rappelé les faits, Fatma Mseddi a dénoncé l’absence de position claire de l’État tunisien sur le sort des deux journalistes. « Sont-ils considérés comme décédés, toujours portés disparus, ou enlevés ? », s’est elle interrogée soulignant également la faiblesse de la coopération libyenne et l’exclusion des familles du processus d’enquête.

Réponses vagues et insuffisantes du ministère des Affaires étrangères

Face aux interrogations de la députée, le ministère des Affaires étrangères a évoqué des démarches diplomatiques, sécuritaires et judiciaires avec les autorités libyennes, d’autres pays amis et plusieurs organisations internationales, y compris la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) et la Cour pénale internationale.

Le ministère a conclu en soulignant que cette affaire, « aux dimensions humaines profondément douloureuses », demeure à ce jour un dossier ouvert, suivi de manière continue par ses services.

Aucune indication précise n’a toutefois été donnée sur l’état actuel du dossier, sur l’existence de preuves tangibles, ou sur un calendrier précis pour informer les familles et le public. Les formulations restent floues et n’apportent pas de lumière sur la question centrale : que sont devenus Sofiane Chourabi et Nadhir Ktari ?

N.J

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