Le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) a publié, mardi 30 décembre 2025, un communiqué ferme à la suite d’une émission diffusée dimanche soir sur la chaîne El Hiwar Ettounsi et animée par Samir Elwafi. En cause : la participation d’un médecin psychiatre à un programme dont le contenu a suscité une vive controverse au sein du corps médical et de l’opinion publique.
Dans son communiqué, la présidente du Cnom, Rym Ghachem Attia, déplore une émission marquée par « du voyeurisme » et des pratiques jugées « non éthiques ni déontologiques », affirmant n’y avoir vu aucune approche sérieuse ou respectueuse de la profession de psychiatre. Sans citer explicitement l’animateur ni l’émission, le Conseil pointe clairement une dérive médiatique fondée sur le sensationnalisme, au détriment des règles encadrant la parole médicale dans l’espace public.
Face à ces manquements, le Cnom rappelle que toute participation d’un médecin à des médias — télévision, radio, presse écrite — ou toute diffusion de contenus médicaux sur les réseaux sociaux doit impérativement faire l’objet d’une demande préalable d’autorisation auprès du Conseil régional de l’Ordre des médecins. Un espace dédié à ces demandes est désormais accessible sur l’« espace médecin ».
Les demandes seront soumises à un examen préalable et, en cas d’accord, les contenus diffusés devront obligatoirement mentionner le visa délivré par le Conseil régional. À défaut, les médecins concernés s’exposent à des procédures disciplinaires. Selon le Cnom, ces mesures visent à préserver la déontologie, la dignité de la profession médicale et la confiance du public.
Il y a quelques semaines à peine, le Cnom avait déjà réagi après la diffusion d’un programme du même animateur donnant la parole à des individus présentés comme thérapeutes, dont l’un affirmait pouvoir guérir le cancer à travers des pratiques relevant du charlatanisme. Là encore, l’Ordre avait dénoncé une mise en danger du public et une banalisation de discours pseudo-scientifiques.
À travers ce nouveau communiqué, le Cnom semble vouloir poser des lignes rouges claires face à ce qu’il considère comme une dérive persistante de certains plateaux télévisés, où le buzz et l’audience prennent le pas sur l’éthique, la rigueur scientifique et la responsabilité sociale.
R.B.H










