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C’est inhumain ! : la détresse de la fille de Taoufik Mkacher après son transfert à la prison de Jendouba

Par Myriam Ben Zineb

La fille de l’homme d’affaires Taoufik Mkacher, Maroua Mkacher Romdhani, a publié, mercredi 31 décembre 2025, une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle elle exprime, en larmes, sa détresse après le transfert de son père à la prison de Jendouba.

Dans cette séquence largement relayée, la jeune femme dénonce une décision qu’elle juge lourde de conséquences pour sa famille. Elle explique que ce transfert contraint désormais les proches du détenu à effectuer près de cinq heures de route pour lui rendre visite ou lui apporter de la nourriture. « Nous avons vécu ces deux ans péniblement et aujourd’hui encore cela… Où voulez-vous en arriver ? », s’interroge-t-elle, visiblement bouleversée.

Une vidéo de détresse et d’incompréhension

Dans son témoignage, Maroua Mkacher Romdhani affirme avoir rendu visite à son père peu avant la publication de la vidéo et décrit un homme affaibli. « Je l’ai vu dans un sale état. Que peut ressentir une fille en voyant son père ainsi ? », lance-t-elle, dénonçant une situation qu’elle qualifie d’« inhumaine ».

Elle lie ce transfert à une vidéo précédemment publiée par son père, estimant que celui-ci n’y appelait qu’à la réconciliation. « Il n’a rien dit. Il demande la conciliation depuis deux ans et il le souhaite vraiment », insiste-t-elle, avant de s’indigner de son maintien en détention malgré son âge – plus de soixante ans – et son état de santé. Elle rappelle notamment qu’il a subi une opération chirurgicale et qu’une autre intervention est prévue, nécessitant un suivi médical et des séances de kinésithérapie.

« C’est le plus mauvais jour de ma vie. C’est une catastrophe qui s’est abattue sur nous », poursuit-elle, appelant les autorités à faire preuve de clémence et, au minimum, à réaffecter son père à une prison située à Tunis.

Un dossier judiciaire toujours sans jugement

Deux ans après son arrestation, Taoufik Mkacher, homme d’affaires et ancien président du Croissant Sportif de Chebba, demeure en détention préventive sans qu’aucun jugement au fond n’ait été rendu. Son procès, relatif à l’octroi de crédits bancaires jugés irréguliers, a été une nouvelle fois reporté le 10 novembre 2025 par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis. L’affaire concerne également l’ancien cadre de la Banque centrale, Laroussi Bayoudh.

Les crédits litigieux avaient été accordés par la Société tunisienne de banque. Selon les auditions des responsables bancaires, ils l’ont été conformément aux procédures internes, sur la base de la rentabilité du projet et avec des garanties constituées d’une hypothèque immobilière de premier rang ainsi que de la caution personnelle du promoteur. Une expertise judiciaire réalisée en janvier 2024 à la demande de la STB a conclu que la valeur du projet immobilier dépassait de plus de quatre fois le montant dû à la banque, intérêts compris.

Expertises favorables et détention prolongée

Une expertise financière indépendante, ordonnée par le juge d’instruction sur l’ensemble des comptes de Taoufik Mkacher, n’a relevé aucune opération suspecte ni flux irrégulier. Les fonds ont été jugés traçables et d’origine licite. Au moment de son arrestation, aucune échéance bancaire n’était impayée. Malgré ces éléments, toutes les demandes de libération déposées ont été rejetées.

Dans ce dossier, plus de vingt personnes – dont des cadres bancaires et des collaborateurs – ont été renvoyées. Toutes ont été laissées en liberté, tandis que Taoufik Mkacher reste le seul détenu depuis plus de deux ans.

Conciliation pénale et appels restés sans réponse

Le 6 juin 2023, soit quatre mois avant son arrestation, Taoufik Mkacher avait déposé une demande de conciliation pénale couvrant l’ensemble de ses dossiers et versé 90.000 dinars pour financer les expertises. Les expertises économique, immobilière et financière ont toutes conclu à l’absence d’irrégularités.

Depuis sa détention, plusieurs lettres ont été rendues publiques par sa famille. Le 16 août 2025, Taoufik Mkacher avait également adressé un courrier à l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, dénonçant l’absence de réaction de la centrale patronale face aux détentions préventives prolongées d’entrepreneurs. À ce jour, aucune prise de position publique de l’Utica sur ce point n’a été signalée.

Deux ans après son arrestation, la procédure judiciaire est toujours en cours et aucune décision sur le fond n’a encore été rendue.

M.B.Z

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Commentaire

  1. Bouraoui Ben sassi

    1 janvier 2026 | 13h13

    pourquoi on refuse la conciliation : la conciliation est un gain pour l’Etat et pour l’Etat de droit