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La Tunisie, parmi les pays à la pire qualité de vie ? Décryptage d’un classement viral

Par Rabeb Aloui

Une publication diffusée sur le réseau social X prétend montrer un classement des pays « ayant la pire qualité de vie », plaçant le Nigeria en tête et la Tunisie parmi les pays les plus mal classés. Relayé plusieurs dizaines de fois, ce visuel a suscité de nombreuses réactions d’internautes, qui ont rapidement mis en doute sa fiabilité. Nous avons vérifié l’origine de ce classement et ce qu’il mesure réellement.

Contrairement à ce que laisse entendre la publication, le graphique ne provient pas d’une organisation internationale reconnue, comme l’Organisation mondiale de la santé ou le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Il s’appuie en réalité sur des données issues de Numbeo, une plateforme participative en ligne créée en 2009, qui compile différents indices – qualité de vie, coût de la vie, sécurité – à partir de contributions volontaires d’internautes.

Numbeo précise sur son site que ses indicateurs reposent sur des données auto-déclarées et ne résultent ni d’enquêtes représentatives, ni d’évaluations validées scientifiquement. Les scores reflètent donc des perceptions individuelles, susceptibles de varier fortement selon les profils des contributeurs, leur lieu de résidence ou leur expérience personnelle. Ces éléments limitent la comparabilité des résultats entre pays et leur utilisation comme classement mondial de référence.

La plateforme agrège notamment des appréciations subjectives sur la sécurité, l’accès aux soins, le pouvoir d’achat ou la pollution. Si ces indices peuvent donner une indication du ressenti d’une partie des habitants ou des expatriés, ils ne constituent pas un indicateur officiel de la « qualité de vie » tel qu’utilisé par les institutions internationales.

Pour évaluer le niveau de vie de manière plus fiable, les organisations internationales s’appuient sur d’autres outils. Le PNUD, par exemple, publie chaque année l’Indice de développement humain (IDH), qui combine l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le revenu national brut par habitant. Dans son rapport 2023, la Tunisie affiche un IDH de 0,728 et figure dans la catégorie des pays à « développement humain élevé », loin des derniers rangs mondiaux.

Les données de la Banque mondiale confirment cette lecture. Si la Tunisie traverse une période de difficultés économiques marquée par l’inflation, le chômage et une croissance limitée, elle conserve des indicateurs socio-économiques supérieurs à ceux de nombreux pays à faible revenu, notamment en matière d’accès à l’éducation et aux services de base.

En conclusion, le classement diffusé sur les réseaux sociaux repose sur des données participatives et subjectives qui ne permettent pas d’établir une hiérarchie fiable de la qualité de vie entre les pays. Les indicateurs officiels offrent une image plus nuancée de la situation en Tunisie, marquée par des défis réels, mais loin du tableau alarmiste véhiculé par cette publication virale.

R.A.

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Commentaire

  1. HatemC

    31 décembre 2025 | 21h45

    Il me semble que ce classement n’est pas loin de la vérité