Un appel a été lancé, vendredi 2 janvier 2026, exhortant l’avocat et militant politique Ayachi Hammami à mettre fin à la grève de la faim qu’il observe depuis 31 jours, en raison de la dégradation inquiétante de son état de santé.
Détenu depuis le 2 décembre 2025, Ayachi Hammami a entamé une grève de la faim à l’intérieur de sa cellule pour protester contre le jugement en appel le condamnant à cinq ans de prison, sur la base d’accusations liées à « l’appartenance à une organisation terroriste », une qualification que ses soutiens jugent arbitraire et infondée.
Dans leur déclaration, les signataires disent suivre « avec une profonde inquiétude » l’évolution de la situation sanitaire du militant, tout en tenant les autorités pour pleinement responsables de toute détérioration de sa santé, ainsi que de celle des autres prisonniers politiques.
L’appel exprime également une reconnaissance appuyée aux sacrifices consentis par Ayachi Hammami, soulignant qu’il a choisi de mettre sa santé en péril pour défendre la démocratie, les droits humains, les libertés et la justice sociale. Les auteurs rappellent à ce titre l’engagement du détenu à transformer sa cellule en « espace de lutte ».
Les signataires insistent par ailleurs sur le fait que la grève de la faim constitue un moyen de lutte légitime pour les prisonniers politiques face à la répression et à l’injustice, en particulier lorsque toutes les voies de recours sont fermées et que la justice est perçue comme soumise au pouvoir exécutif, transformant ainsi la prison en instrument de domination et de consolidation de l’autoritarisme.
Le texte renouvelle aussi la revendication de la libération de l’ensemble des prisonniers politiques, détenus en raison de leurs activités politiques, médiatiques, syndicales ou militantes, ou pour des opinions et positions exprimées publiquement.
Tout en affirmant leur détermination à poursuivre la lutte civile et pacifique, à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons, les signataires appellent Ayachi Hammami à suspendre sa grève de la faim, estimant que son message a été largement entendu. Ils assurent que la mobilisation ne faiblira pas jusqu’à la libération de tous les détenus politiques et de l’ensemble des personnes victimes d’injustice.
Parmi les signataires, Bassem Trifi, Bochra Belhaj Hamida, Dalila Msaddek, Amira Mohamed, Mabrouk Korchid, Hammadi Rahmani, Ayoub Amara, Zied El Heni, Sami Ben Ghazi, Sana Ben Achour, Saida Akremi, Saeb Souab, Sihem Ben Sedrine, Mongi Souab, Adnen Mansar, Adnen Ben Youssef, Yadh Ben Achour, Ghofrane Binous, Karima Souid, Mohamed Hamdi, Mokhtar Trifi, Mouna Kraiem, Maroua Fraoues, Monia Brahim, Mehdi Jelassi, Neila Chaâbane, Nafaâ Laribi, Hichem Ajbouni, Wahid Ferchichi, Wael Ounifi, Walid Bourouis
S.H













