Des expertes des Nations unies ont exprimé, vendredi 2 janvier 2026, leur vive inquiétude face à l’ouverture d’une nouvelle procédure pénale à l’encontre du juge Anas Hmaidi, président de l’Association des magistrats tunisiens (AMT). Cette procédure serait fondée sur des déclarations faites aux médias par le magistrat dans l’exercice de ses fonctions associatives et dans le cadre de la défense de l’indépendance du pouvoir judiciaire en Tunisie.
Dans un communiqué publié depuis Genève, les expertes ont rappelé que les juges doivent pouvoir participer, à titre individuel ou collectif, au débat public relatif à l’organisation, au fonctionnement et à l’indépendance de la justice, sans craindre de pressions ou de poursuites susceptibles d’entraver l’exercice de leurs missions institutionnelles.
« Les juges doivent pouvoir, individuellement et collectivement, participer au débat public […] sans crainte de pressions, de mesures dissuasives ou de poursuites », ont-elles souligné, insistant sur le respect des principes de discrétion et de responsabilité qui encadrent la fonction judiciaire.
Selon les expertes onusiennes, cette nouvelle affaire s’inscrit dans la continuité de poursuites engagées depuis 2022 contre Anas Hmaidi, en lien avec son rôle à la tête de l’Association des magistrats tunisiens, organisation qui œuvre pour la promotion, la protection et la sauvegarde de l’indépendance du pouvoir judiciaire dans le pays.
Elles estiment que ces mesures pourraient constituer « une nouvelle série de représailles » à l’encontre du magistrat, en raison de l’exercice de ses droits à la liberté d’association et de réunion pacifique, ainsi que pour son engagement public en faveur de l’indépendance de la justice.
Les expertes ont indiqué avoir officiellement fait part de leurs préoccupations aux autorités tunisiennes.
Le communiqué est signé par Margaret Satterthwaite, Rapporteuse spéciale des Nations unies sur l’indépendance des juges et des avocats, Irene Khan, Rapporteuse spéciale sur la liberté d’opinion et d’expression, et Gina Romero, Rapporteuse spéciale sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association.
Ces expertes font partie des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, un ensemble de mécanismes indépendants chargés de surveiller et d’enquêter sur la situation des droits humains à travers le monde. Elles exercent leurs fonctions à titre bénévole et indépendant, sans lien hiérarchique avec les gouvernements ou les institutions onusiennes.
S.H











