Le secrétaire général du Mouvement Echaâb et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2024, Zouhair Maghzaoui, a livré, vendredi 2 janvier 2026, une lecture critique de la situation politique nationale, lors d’une intervention sur Diwan FM.
Invité de l’émission Ici la Tunisie, Zouhair Maghzaoui est revenu sur les conclusions de la conférence nationale interne de son parti, tenue le 27 décembre 2025, ainsi que sur le positionnement politique du Mouvement Echaâb face au processus engagé depuis le 25 juillet.
Une conférence axée sur la situation politique et l’avenir du parti
Selon Zouhair Maghzaoui, la conférence nationale interne du Mouvement Echaâb s’est articulée autour de trois axes principaux : l’évaluation de la situation politique générale du pays, l’analyse de la position du parti dans ce contexte et l’examen de la situation interne du mouvement à l’approche de son troisième congrès.
Il a précisé que ce congrès constitue à la fois une échéance légale et politique, ajoutant qu’un Conseil national sera convoqué prochainement afin de fixer la date et les modalités de son organisation.
Un paysage politique « opaque » et sous pression
Le secrétaire général du Mouvement Echaâb a décrit la scène politique tunisienne comme marquée par « l’ambiguïté » et « l’opacité », évoquant des restrictions croissantes pesant sur l’action partisane et une tentative de marginalisation de la vie politique.
Il a rappelé que son parti se situe dans l’opposition, tout en insistant sur le fait que la Tunisie n’a jamais connu une opposition monolithique. Selon lui, une tentative est aujourd’hui menée pour réduire le débat politique à une polarisation binaire.
Libertés, justice et décret-loi 54
Zouhair Maghzaoui a affirmé que la question des libertés constitue une priorité centrale pour son parti, en particulier la révision ou l’abrogation du décret 54. Il a indiqué que cette position faisait l’objet d’un consensus interne et que des députés du Mouvement Echaâb avaient pris part aux initiatives parlementaires allant dans ce sens.
Il a également exprimé de fortes réserves quant aux conditions dans lesquelles se déroulent certaines poursuites judiciaires à caractère politique, estimant qu’il est difficile de parler de justice indépendante en l’absence d’instances constitutionnelles garantes.
Le 25 juillet : convergence sur les slogans, divergence sur les actes
Revenant sur le processus du 25-juillet, Zouhair Maghzaoui a rappelé que son parti avait initialement soutenu cette étape, estimant que la Tunisie vivait auparavant une « démocratie dévoyée », influencée par l’argent politique et des réseaux d’intérêts internes et externes.
Toutefois, il a relevé un écart important entre les discours et la réalité actuelle, notamment en matière de lutte contre les monopoles économiques et de démantèlement du système de rente. Selon lui, aucune réforme structurelle majeure n’a été engagée pour mettre fin au contrôle de secteurs clés par un nombre restreint d’acteurs.
Rejet de toute instrumentalisation extérieure
Dans ce contexte, le secrétaire général du Mouvement Echaâb a tenu à tracer une ligne rouge claire, affirmant que « quelles que soient nos divergences avec le régime, tendre la main à l’étranger et chercher l’appui de forces extérieures constitue une ligne rouge », une démarche que son parti « rejette catégoriquement ».
Une souveraineté nationale à traduire en politiques concrètes
Enfin, Zouhair Maghzaoui a estimé que la souveraineté nationale ne pouvait se limiter à des slogans, appelant à des choix politiques clairs, notamment en matière de relations économiques, de partenariats internationaux et de politique migratoire.
Il a insisté sur la nécessité de traduire les principes affichés en décisions concrètes, tant sur le plan économique que diplomatique.
M.B.Z










