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Militants de Tunisie Terre d’asile devant la justice : une audience clé après 580 jours de détention

Par Nadya Jennene

La justice tunisienne se penche de nouveau, le 5 janvier 2026, sur l’affaire impliquant plusieurs militants et employés de l’association Tunisie Terre d’asile, poursuivis en lien avec leurs activités humanitaires auprès de migrants et de demandeurs d’asile. Le dossier sera examiné par la première chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis.

Des poursuites maintenues malgré l’abandon des accusations financières

Cinq prévenus demeurent placés en détention préventive depuis plus de 580 jours. Il s’agit de Sherifa Riahi, ancienne directrice de l’organisation, Iyad Bousselmi, directeur de l’association depuis avril 2023 et ancien diplomate, Mohamed Jouou, ainsi que Imen Ouardani, ancienne adjointe au maire de Sousse, et Mohamed Iqbal Khaled, ancien maire de Sousse, élu en 2019 en tant qu’indépendant. Une vingtaine d’autres personnes sont poursuivies dans cette affaire en état de liberté.

Les poursuites portent principalement sur des accusations d’aide à des étrangers en situation irrégulière, de facilitation de séjour illégal et d’hébergement clandestin, en lien avec les actions menées par l’association auprès de migrants. Ces activités s’inscrivaient notamment dans le cadre d’une convention de coopération conclue avec la municipalité de Sousse, relative à l’orientation juridique, sanitaire et sociale des migrants.

Au fil de la procédure, plusieurs chefs d’accusation initiaux ont été écartés. Le comité de défense a notamment précisé que les accusations de blanchiment d’argent, évoquées au début de l’enquête, ont été abandonnées dès janvier 2025, à la clôture de l’instruction. Par ailleurs, l’association Tunisie Terre d’asile, branche de France Terre d’Asile, a été mise hors de cause, l’ensemble des charges la visant en tant que personne morale ayant été classé sans suite.

En revanche, des membres et employés de l’organisation continuent de comparaître à titre individuel. Les chefs d’inculpation retenus reposent notamment sur l’article 25 de la loi n°7 de 1968 relative au statut des étrangers, les articles 39 et 41 de la loi n°40 de 1975 relative aux passeports et documents de voyage, ainsi que sur des accusations liées à l’usage de la qualité de fonctionnaire à des fins jugées indues.

La défense invoque une action humanitaire menée en coordination avec l’État

La défense conteste la base juridique des poursuites et affirme que les actions incriminées ont été menées en coordination avec les autorités publiques. Elle souligne également que les audits financiers réalisés n’ont mis en évidence ni enrichissement personnel ni infraction financière, rappelant que les programmes de l’association étaient financés par des bailleurs internationaux, notamment l’Union européenne et le HCR, dans le cadre des engagements internationaux de la Tunisie.

L’audience du 5 janvier 2026 est ainsi attendue comme une étape clé dans ce dossier sensible, suivi de près par les milieux associatifs, juridiques et les organisations de défense des droits humains.

N.J

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