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Les Émeutes du Pain, le FMI, et Tahar Belkhodja

Par Sadok Rouai

Par Sadok Rouai

Avant l’avènement des médias sociaux et de leur flot incessant de fake news, les mythes jouaient déjà un rôle central dans la manipulation de l’information. Certains d’entre eux, à force d’être répétés et relayés, finissent par être perçus comme des vérités établies. L’un des exemples les plus marquants est l’affirmation selon laquelle l’Irak possédait des armes de destruction massive. La Tunisie n’est pas en reste en matière de mythes, le plus célèbre étant celui de la fondation de Carthage par la reine Didon.

Une autre forme de mythe consiste à attribuer à un acteur donné un rôle décisif dans un événement historique sans apporter la moindre démonstration factuelle. C’est le cas de l’affirmation selon laquelle les émeutes du pain en Tunisie, entre 1983 et 1984, auraient été déclenchée par des pressions exercées sur le gouvernement par le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre d’un programme d’ajustement structurel. Selon cette version, le Fonds aurait contraint le Premier ministre Mohamed Mzali à augmenter les prix des produits céréaliers, provoquant ainsi l’une des plus graves tragédies sociales de la Tunisie contemporaine.

Cette lecture des événements continue d’être invoquée, y compris au plus haut niveau de l’État. C’est ainsi que le président Kaïs Saïed a justifié le 6 avril 2023 son rejet de l’accord négocié par son propre gouvernement avec les services du FMI en invoquant la nécessité de préserver la paix sociale. Selon lui, les diktats du FMI représentaient une menace imminente, susceptible de raviver le spectre des émeutes du pain de 1984.

Dans son édition datée du même jour, Le Monde[1] rapporte les propos tenus par Kaïs Saïed, lors de sa déclaration publique à Monastir. Selon le quotidien, le président a mis un terme à plusieurs mois de négociations difficiles avec le FMI en déclarant : « Les diktats du FMI sont inacceptables. ». Il a ajouté : « Les injonctions [du FMI] qui conduisent à plus de pauvreté seront rejetées. (…) L’alternative est que nous devons compter sur nous-mêmes. ». Faisant référence aux « émeutes du pain » de 1983-1984, déclenchées par une hausse du prix du pain, le chef de l’État a affirmé vouloir préserver « la paix civile ». Il a ensuite déclaré : « [Les bailleurs] nous demandent de les écouter. Je n’écoute que Dieu et la voix du peuple. ».

Après des mois de recherche minutieuse dans les archives du FMI sur la Tunisie pour la période 1982-1984, ainsi qu’une lecture approfondie des publications consacrées à ce sujet — rédigées par des responsables politiques tunisiens de l’époque, des chercheurs spécialisés et la presse —, je viens d’achever un ouvrage dont je propose ici un résumé et un épisode insolite.

Le Contexte économique (1982-1983) : une crise devenue inévitable

Dès 1982, l’économie tunisienne présente des signes manifestes d’essoufflement. La croissance retombe à 1 %, contre près de 6 % les années précédentes. Dans le même temps, le gouvernement dirigé par Mzali adopte une politique résolument populiste, marquée par des augmentations salariales massives, officiellement justifiées par la préservation de la paix sociale, mais dont l’efficacité réelle en matière de stabilité sociale et d’équilibre économique demeure largement discutable. Cette stratégie contribue à la détérioration du déficit budgétaire ainsi qu’à l’aggravation de l’inflation. Le déséquilibre majeur apparaît au niveau de la Caisse générale de compensation (CGC). Les subventions aux produits de base deviennent rapidement insoutenables, atteignant en 1983 près de 3,1 % du PIB et environ 10 % du budget de l’État.

Le déclenchement de la crise : une décision souveraine mais b rutale

La décision de doubler le prix du pain, annoncée le 29 décembre 1983 s’inscrit dans un enchaînement de facteurs exclusivement tunisiens. Le premier élément est le choc personnel de Bourguiba, profondément marqué par un reportage télévisé montrant du pain jeté à la poubelle ou utilisé pour nourrir le bétail. Convaincu de l’existence d’un gaspillage massif, il exigea personnellement un doublement immédiat des prix. Le second facteur tient au revirement de Mzali qui, après avoir longtemps défendu les subventions dans une logique populiste, soutint sans réserve la décision présidentielle, persuadé que « le peuple suivrait » par militantisme. Enfin, cette décision se caractérise par l’absence totale de gradualisme. Alors que le FMI, lors de ses visites de surveillance, tout comme certains membres du gouvernement, notamment Moalla ou Lasram, préconisait des ajustements progressifs étalés sur plusieurs années, Mzali opta pour une hausse brutale de 100 % du jour au lendemain, qualifiée par Rachid Sfar de « saut périlleux sans filet ».

Le bilan humain des émeutes fut particulièrement lourd, avec environ 85 morts et des centaines de blessés. Face à l’embrasement généralisé du pays, Bourguiba finit par reculer et annonça, le 6 janvier 1984, l’annulation de toutes les hausses de prix, déclarant à la télévision: « J’annule toutes les augmentations… je ne veux pas que le sang coule ».

La genèse et la persistance du mythe

Dès le début, le FMI a été présenté comme l’unique responsable de la crise, et ce récit s’est rapidement imposé, largement diffusé et relayé à travers différents canaux. Les médias nationaux et internationaux ont ainsi affirmé que le gouvernement Mzali avait agi « sous la pression » ou en réponse aux « exigences » du Fonds pour réduire les subventions céréalières, soutenant également qu’il aurait imposé un plan d’austérité « comme à l’accoutumée ». Cette interprétation a été reprise par des historiens et chercheurs tunisiens et étrangers décrivant la levée des subventions comme une « condition préalable » ou une mesure « imposée » par le FMI et la Banque mondiale. Le mythe a enfin pénétré la culture populaire, donnant lieu notamment à la bande dessinée La légende de Chbayah, qui a contribué à ancrer dans l’imaginaire collectif l’image d’un pays soumis aux injonctions du Fonds.

l’Instance Vérité et Dignité, quant à elle a conféré une dimension juridique à ce récit. Dans un mémorandum adressé au FMI en 2018, elle a affirmé que le Fonds était responsable des dommages subis par les citoyens tunisiens et a réclamé des excuses officielles ainsi que des indemnités pour les victimes et pour l’État tunisien.

Nature des relations Tunisie-FMI : un dialogue ordinaire sans diktats

Ces relations s’inscrivent à l’époque dans le cadre d’un dialogue institutionnel. Contrairement à une idée largement répandue, la Tunisie n’était pas engagée dans un programme avec le FMI en 1983-1984. Les archives montrent que l’initiative du premier contact avec le Fonds, intervenu lors des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale tenues du 6 au 9 septembre 1982 à Washington, est venue de Moalla. Celui-ci cherchait à mettre en place un mécanisme d’« auto-ajustement » à caractère préventif. L’objectif était d’obtenir le sceau d’approbation du FMI afin de rassurer les marchés financiers internationaux, tout en évitant un recours formel au Fonds, perçu comme susceptible de porter atteinte à la souveraineté nationale.

Lors de la mission du FMI conduite au titre de l’Article IV à Tunis, du 9 au 21 mars 1983, les services du Fonds constatèrent l’ampleur des déséquilibres macroéconomiques, mais adoptèrent une approche prudente. Ils recommandèrent une réduction du déficit budgétaire sans formuler d’injonctions quant aux instruments à mobiliser, laissant aux autorités le choix entre une compression de la masse salariale, une réduction des investissements publics ou une réforme des subventions. Cette position mit en évidence de profondes divergences internes au sein du gouvernement tunisien. Moalla était conscient de la nécessité de réformer la Caisse et souhaitait en limiter le coût à environ 50 millions de dinars, tandis que Mzali affirmait publiquement son refus de toucher au « couffin du pauvre ».

Par ailleurs, Moalla considérait comme inapproprié pour la Tunisie de recourir aux facilités conditionnelles du Fonds, estimant qu’une telle démarche enverrait un signal négatif sur la situation financière du pays. Dans son rapport à la Direction générale, la mission du FMI précisa d’ailleurs que les autorités tunisiennes excluaient la conclusion d’un accord formel avec le Fonds, craignant les répercussions défavorables qu’un tel engagement pourrait avoir sur leur position financière et politique.

Témoignages des principaux dirigeants tunisiens de l’époque

Ces témoignages montrent que la crise ne fut pas uniquement de nature économique, mais qu’elle résulta également de luttes de pouvoir liées à la succession de Bourguiba et d’une gestion gouvernementale largement déconnectée des réalités sociales. Le doublement du prix du pain apparaît ainsi comme une décision essentiellement personnelle de Bourguiba.

Mzali, affirme que Bourguiba, choqué par un reportage télévisé montrant du pain jeté aux ordures ou utilisé pour nourrir le bétail, insista pour un doublement immédiat des prix. Il soutient avoir tenté de différer cette mesure, mais explique avoir dû l’exécuter sous la pression directe du Président. Driss Guiga, ministre de l’Intérieur, décrit pour sa part un Mzali paradoxal qui, après avoir publiquement promis de ne pas toucher au « couffin du pauvre », changea brusquement de position afin de démontrer sa fermeté aux yeux de Bourguiba. Guiga rapporte notamment les propos exaltés que Mzali aurait tenus au Président, lui déclarant : « Monsieur le Président, faites-moi confiance… le peuple me suivra».

Plusieurs témoignages convergent pour souligner que, loin de recommander un doublement brutal des prix, les institutions internationales comme les experts tunisiens appelaient à la prudence. Rachid Sfar, ministre de l’Économie, rapporte avoir averti Bourguiba qu’« même le Fonds monétaire international, pourtant réputé pour sa fermeté, recommandait une suppression progressive des subventions », qualifiant la décision finale de « saut périlleux sans filet ». Tahar Belkhodja, ministre de l’Information, précise dans la version révisée de ses mémoires que Moalla avait discuté avec le FMI d’un processus étalé sur plusieurs années pour résoudre le problème de la compensation, mais que « Mzali n’avait pas saisi la portée de l’engagement du FMI et rejeta toute intervention ».

La crise fut également instrumentalisée dans le cadre des rivalités internes au sommet de l’État, notamment autour de la question de la succession. Mzali défend la thèse d’un plan prémédité orchestré par Wassila Bourguiba et Driss Guiga afin de le discréditer politiquement en provoquant les troubles. Guiga rejette catégoriquement cette accusation, affirmant que la crise résultait avant tout de l’aveuglement politique de Mzali et d’une déconnexion totale avec ce qu’il appelle la « Tunisie profonde ».

Les observateurs s’accordent en revanche sur un point central : l’incapacité du régime à anticiper l’ampleur et la violence de la réaction populaire. Mohamed Sayah, alors directeur du Parti socialiste destourien, reconnaît avec amertume que « la solution que nous, les responsables, avons adoptée montre que nous ne vivions plus la réalité et que nous ne ressentions plus les battements de cœur des citoyens ». Chedly Ayari, ancien ministre, estime quant à lui que l’argument de la « vérité des prix » était largement illusoire dans une économie administrée. Selon lui, la hausse des prix du pain constituait avant tout une mesure de discipline budgétaire brutale face à une dépense de compensation devenue insoutenable, passée de 8,5 à 184 millions de dinars en l’espace de dix ans.

L’issue de la crise illustre enfin les incohérences d’un pouvoir en fin de cycle. Amor Chadli, médecin personnel de Bourguiba, évoque l’attitude hésitante et contradictoire d’un Président vieillissant qui, après les émeutes finit par annuler les hausses de prix le 6 janvier 1984, déclarant simplement : « On m’a trompé ».

Quand Belkhodja révise ses mémoires

Dans nos recherches, nous nous sommes particulièrement intéressés à la position de Tahar Belkhodja, ancien ministre de l’Information (1980-1983), dont le témoignage demeure à la fois énigmatique et controversé en raison des contradictions majeures entre les différentes éditions de ses mémoires, intitulées Les Trois Décennies de Bourguiba.

L’Édition 1998 : l’accusation du FMI. Dans la première édition de ses mémoires publiée en 1998, Belkhodja défendait une thèse conforme au mythe populaire : il affirmait que « Le pays subissait la pression du Fonds monétaire international (FMI) pour instaurer la vérité. des prix » (Belkhodja, 1998, p. 263). Selon ce récit, le gouvernement aurait été contraint par ces exigences extérieures à réduire le déficit de la Caisse de compensation.

L’Édition 2010 : le retrait de l’accusation. Dans la troisième édition « revue et complétée » publiée en 2010 (Belkhodja, 2010, pp. 244-247), un revirement total est observé. Toute référence aux pressions du FMI disparaît. La version 1988 (Page 263) a été modifiée comme suit dans la version 2010 (Page 245) :

« Dès lors, ce fut la fuite cavalcade en avant devant des difficultés économiques et financières que le gouvernement ne pouvait plus maîtriser. La loi de finances votée le 31 décembre 1983 par la Chambre des députés prévit prévoyait donc 70 % d’augmentation pour la semoule et les pâtes, et 108 % pour le pain. Le pays subissait la pression du Fonds monétaire international (FMI) pour instaurer la « vérité des prix », mais progressivement – et le budget de l’Etat supportait de plus en plus difficilement le déficit chronique dû à une croissance démesurée de la Caisse de compensation. Mais jusque-là, tous les ans, les augmentations restaient modestes et souvent s’accompagnaient de mesures compensatoires, décidées en accord avec les syndicats. Mais cette fois, le Premier ministre nous ressassa sa version du dicton tunisien : « C’est une pilule qu’on finira par avaler » et décida en effet de frapper un grand coup, alors que la sécheresse sévissait depuis deux ans… »

L’énigme de la coopération avec le FMI. Les archives du FMI révèlent aussi une incohérence frappante dans le comportement de Belkhodja à l’époque des faits. Alors qu’il affirmait dans ses mémoires publiés en 1998 que la Tunisie subissait des pressions du Fonds, ces archives montrent qu’en mai 1983, soit quelques mois avant les émeutes, il avait lui-même adressé une lettre au Directeur général du FMI, Jacques de Larosière, afin de solliciter le renforcement de la coopération entre son ministère et le Fonds, notamment pour la formation de journalistes tunisiens aux mécanismes du système monétaire. Il précisait même : « si vous le souhaitez, nous pourrions en discuter davantage à l’occasion de mon passage à Washington durant la période du 26 juin au 1er juillet 1983 ».

La question demeure de savoir quel rôle, le cas échéant, Belkhodja a joué dans la genèse du récit attribuant au FMI un rôle central dans les émeutes du pain ?

Conclusion : les risques de l’immobilisme

Si les sources disponibles écartent l’hypothèse d’un rôle direct du FMI dans le déclenchement des émeutes du pain, pourquoi ce récit demeure-t-il si vivace ? La réponse réside en grande partie dans l’utilité politique de ce récit : en désignant une institution étrangère comme responsable, les dirigeants politiques – Mzali à l’époque, Kaïs Saïed aujourd’hui – peuvent recentrer le débat sur des facteurs externes, au détriment d’un examen approfondi des politiques internes et de la volonté à conduire les réformes nécessaires.

L’instrumentalisation du passé sert ainsi d’alibi à l’immobilisme économique. En invoquant le spectre de 1984 pour refuser toute réforme structurelle de la compensation, de la masse salariale ou des entreprises publiques, la Tunisie s’enferme dans un état de déni, privilégiant des solutions immédiates et populistes au détriment d’un véritable courage politique et d’une vision de long terme.

Ce refus d’affronter la réalité maintient le pays dans une logique d’inaction et de court-termisme, où la peur d’une contestation sociale prime sur l’intérêt stratégique à long terme. La leçon de 1984 demeure ainsi plus actuelle que jamais : seule une gouvernance capable de concilier responsabilité, transparence et dialogue citoyen peut transformer les crises passées en opportunités de progrès durable. Les émeutes du pain de 1984 ont été causées par une gestion budgétaire populiste et erratique, une déconnexion totale entre le pouvoir et la réalité sociale, et une absence de communication avec la population. Ces trois caractéristiques continuent malheureusement de marquer la gouvernance économique tunisienne aujourd’hui.


[1] Le Monde – Le président tunisien Kaïs Saïed dit « non » au FMI

BIO EXPRESS

Sadok Rouai est un ancien haut cadre de la BCT et ancien conseiller auprès du conseil d’administration du FMI.

Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.

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9 commentaires

  1. Rationnel

    7 janvier 2026 | 16h45

    L’analyse repose sur des problèmes de 1984. Aujourd’hui, les subventions alimentaires sont secondaires : les hydrocarbures et les transports captent 90% du budget de compensation. Ce dernier ne représente que 10% du budget total, loin derrière la masse salariale et le service de la dette. Malgré les critiques, la Tunisie avance, notamment grâce au dynamisme du secteur des énergies renouvelables (solaire) qui dessine une alternative concrète. Les energies renouvelables sont la solution pour la reduction des subventions et du deficit commercial (l’energie represente 50% du deficit commercial).

    Alors que certains économistes tunisiens défendent encore le FMI, des experts mondiaux comme Joseph Stiglitz ou Jeffrey Sachs dénoncent son rôle déstabilisateur. Les réussites de la Chine ou de la Malaisie prouvent qu’un développement souverain passe par le rejet des recommandations du Fonds. Le FMI sert avant tout d’instrument politique, comme l’illustre le poids démesuré des prêts à l’Argentine. Il agit moins comme un partenaire financier que comme un levier de la doctrine Monroe (ou doctrine Donroe).

    J’invite l’auteur à explorer davantage le secteur des énergies renouvelables et le paradoxe tunisien: pourquoi les ménages hésitent-ils encore à investir dans ces solutions, alors que le retour sur investissement dépasse les 300 % ?

    • SadokRouai

      8 janvier 2026 | 4h06

      Je ne défends pas le FMI. Je me limite à exposer des faits étayés par des documents et des preuves. Depuis 2021, le FMI n’a plus mis les pieds en Tunisie, et vous semblez pourtant vous satisfaire de la situation actuelle du pays — libre à vous.
      Quant au solaire, ce n’est pas mon domaine de compétence et cela n’a aucun lien avec le sujet de l’article.

      • Rationnel

        8 janvier 2026 | 10h19

        Le solaire est votre domaine, c’est le domaine de tout le monde. Vous êtes « un ancien haut cadre de la BCT », donc vous pouvez influencer ce secteur. Les investissements étrangers en Tunisie ont augmenté de 30 % en 2025 ; la majorité de l’augmentation est due aux projets d’énergies renouvelables par Scatec, AMEA Power… L’Ouzbékistan, avec un potentiel moins important que la Tunisie, a pu attirer 35 milliards de dollars d’investissements dans les énergies renouvelables. La Tunisie n’a attiré que 200 millions ; l’investissement étranger en Tunisie n’était que de 2,54 milliards TND pour les 9 premiers mois de 2025. Donc, la Tunisie n’a pu atteindre que 1 % de son potentiel. Pourquoi perdre son temps sur des analyses dépassées par le temps ? Pensez au futur. Vous pouvez analyser pourquoi les banques en Tunisie hésitent à investir dans ce secteur où les risques sont minimes et les profits garantis. Pourquoi est ce que votre banque ne fournit aucun effort pour promouvoir ce secteur, aucun rapprochement avec la BPoC pour une ligne swap avec la Chine qui faciltera le finacement des projets, aucune instructions aux banques pour favoriser le secteur (window guidance)… Une ligne swap est essentiellement une ligne de credit renouvelable, le Pakistan est devenu un leader dans les projets solaires grace en partie a cette facilite (ligne swap de $5 milliards ) avec la Chine, des projets de 16 000 MW en 2025, contre seulement 100 MW en Tunsie.

        • SadokRouai

          8 janvier 2026 | 16h44

          Si “Rationel” je constate que votre expertise dans ce d’ouest meilleure que la mienne. Nous devons être modestes et reconnaître nos limites et moi j’évite de faite des analyses sur des sujet ou mon expertise est limitée

  2. jamel.tazarki

    4 janvier 2026 | 18h34

    Je précise également que la Tunisie était en bon état écologique et environnemental avant l’arrivée de la dictature de Ben Ali. On emmenait les enfants au bord de la mer et ils étaient heureux de pouvoir profiter de la nature. Il y avait certes un manque nutritionnel avant 1986, mais il y avait de la joie de vivre et de l’espoir. Par contre, entre 1986 et 2005, la dictature de Ben Ali a certes garanti une suffisance nutritionnelle, mais au prix de la destruction écologique et environnementale, par ignorance et non par méchanceté.

    En résumé :
    – De 1957 à 1985, il y avait une insuffisance nutritionnelle, mais une joie de vivre était présente grâce à un environnement naturel intact, une joie esthétique au sein d’un milieu naturel fantastique, voire surréaliste.
    – De 1986 à 2005, la population a bénéficié d’une suffisance nutritionnelle, mais l’environnement a été détruit, probablement à cause d’une croissance démographique incontrôlée et d’une industrialisation au prix de la destruction de l’environnement. La population tunisienne est ainsi passée de 5,9 millions à plus de 10 millions d’habitants.
    – De 2005 à 2011, on a assisté à une décadence socio-économique en pente douce et à une intensification de la destruction de l’environnement.
    – De 2011 à 2019, la suffisance nutritionnelle était assurée grâce à l’argent de l’endettement, mais la destruction de l’environnement s’est poursuivie, se traduisant notamment par un manque d’expérience / passe-temps esthétique dans le milieu naturel, y compris au bord de la mer.
    – Depuis 2019, on observe une importante régression sur les plans socio-économique et environnemental, avec une pénurie alimentaire et l’impossibilité de profiter de la nature, notamment en raison des interdictions de baignade dans de nombreuses localités bordant la mer Méditerranée.

    Il faudrait réaliser une analyse intelligente des dernières décennies sur les plans socio-économique et environnemental afin d’en tirer des conclusions utiles pour l’avenir.

  3. jamel.tazarki

    4 janvier 2026 | 15h54

    @Mr. Sadok Rouai
    article très intéressant néglige toutefois le passage d’un milieu socio-économique difficile entre 1980 et 1985 à une aisance nutritionnelle entre 1985 et 2005 environ. Comment Ben Ali a-t-il su optimiser les mêmes paramètres socio-économiques d’avant 1986 pour garantir cette aisance nutritionnelle en Tunisie après 1985, ce qui lui a d’ailleurs permis de maintenir sa dictature en vie pendant plus de 20 ans?

    Pourquoi la dictature de KS est-elle incapable de gérer rigoureusement les ressources dont nous disposons déjà pour permettre à tous les Tunisiens de bénéficier d’une telle aisance nutritionnelle? Sa lutte exagérée contre la corruption est même contre-productive et nous a entraînés encore plus dans une impasse socio-économique !

    Pourquoi la Tunisie a-t-elle connu une telle régression socio-économique après 2005, avec un retour au manque nutritionnel d’avant 1986 sous le régime de la même dictature?

    IL est important de réclamer les droits et les libertés, mais il ne faut pas non plus négliger de réclamer les garanties constitutionnelles qui les protègent contre les abus de pouvoir. je ne bougerai pas le petit doigt pour remplacer une dictature par une autre. En revanche, je soutiendrai un mouvement en faveur d’un État de droit et de garanties constitutionnelles pour nous protéger contre les abus de pouvoir.

    Très Cordialement

  4. Vladimir Guez

    3 janvier 2026 | 18h28

    Quarante ans après le pain subventionné sert toujours a nourrir le bétail.
    La seule différence c’est qu’à présent il est plus nombreux et marche sur deux pattes.

  5. le financier

    3 janvier 2026 | 18h18

    Bravo pour le travail et oui il y a un parrallele et les meme causes produiseront les meme effets . Vous avez ecrit :  » Cette stratégie contribue à la détérioration du déficit budgétaire ainsi qu’à l’aggravation de l’inflation. Le déséquilibre majeur apparaît au niveau de la Caisse générale de compensation (CGC). Les subventions aux produits de base deviennent rapidement insoutenables, atteignant en 1983 près de 3,1 % du PIB et environ 10 % du budget de l’État. »

    Et quoi qu il arrive il y aura ces emeutes n ont pas par la fin des subventions mais par l inflation continue qui est generé par l etat et donc par KS

  6. zaghouan2040

    3 janvier 2026 | 16h16

    Tout parallèle avec la situation actuelle est malvenue; peut être pertinente,et pourtant malvenue

    Circulez