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Accords commerciaux avec l’UE : Nacef Belkhiria explique les changements introduits par les amendements du 31 décembre

Par Imen Nouira

Le président du Conseil des chambres mixtes, Nacef Belkhiria, est revenu, lundi 5 janvier 2026, sur les trois projets de lois fondamentales adoptés par le Parlement tunisien le 31 décembre 2025 et publiés le même jour au Journal officiel de la République tunisienne (Jort), portant sur des amendements d’accords commerciaux liant la Tunisie à ses partenaires européens. Intervenant au micro de Wassim Ben Larbi dans l’émission Expresso sur Express FM, M. Belkhiria a exposé les tenants et aboutissants de ces réformes, insistant sur leurs implications pour les exportateurs tunisiens, la compétitivité des industries locales et la stabilité du marché du travail.

Un cadre réglementaire révisé mais non nouveau

Selon M. Belkhiria, ces amendements ne constituent pas un nouvel accord, mais représentent des révisions d’un accord existant signé en 2012-2013 avec l’Union européenne et 24 autres pays, incluant notamment la Turquie, le Maroc, la Syrie, la Norvège et la Suisse. Cet accord fixe un cadre de règles d’origine pour les produits exportés et importés, déterminant la manière dont la valeur ajoutée des intrants étrangers est calculée.

« Pour les exportateurs tunisiens, il est crucial que ce cadre soit respecté et mis à jour. Sinon, des taxes additionnelles pourraient être appliquées aux produits tunisiens sur le marché européen, allant jusqu’à 12% dans certains cas, ce qui mettrait en péril la compétitivité de nos industries et le maintien de l’emploi », a-t-il précisé.

Implications pour les exportateurs tunisiens

Le président du Conseil des chambres mixtes a donné l’exemple du secteur textile, où la valeur locale des intrants (comme le coton) et des composants importés détermine la conformité avec les règles d’origine euro-méditerranéennes. « Si un produit est fabriqué en Tunisie avec des intrants venant de Turquie, d’Égypte ou de Syrie, la manière dont ces intrants sont comptabilisés dans la valeur ajoutée est déterminante. L’accord révisé permet de clarifier et sécuriser ce calcul, protégeant ainsi les exportateurs tunisiens », a expliqué M. Belkhiria.

Il a également mentionné que la révision du cadre permet à la Tunisie de bénéficier de plus de flexibilité et d’avantages comparatifs par rapport à d’autres pays signataires, grâce à son expérience industrielle et à son expertise accumulée sur plus de 70 ans dans des secteurs stratégiques comme le textile, l’automobile et l’électronique.

Un enjeu économique majeur : emploi et chiffre d’affaires

M. Belkhiria a rappelé que les secteurs impactés représentent environ 300.000 emplois et près de sept milliards de dollars de chiffre d’affaires à l’export. « Le non-respect des modifications aurait pu menacer ces secteurs, réduire la compétitivité tunisienne et fragiliser l’emploi », a-t-il souligné. Selon lui, la décision tunisienne de ratifier ces amendements à la dernière minute, le 31 décembre 2025, était nécessaire pour éviter des perturbations sur le marché européen et maintenir la place de la Tunisie dans les circuits d’exportation régionaux.

Priorités et perspectives pour 2026

Outre les ajustements liés aux accords euro-méditerranéens, le président du Conseil des chambres mixtes a abordé les priorités économiques pour l’année 2026. Il a insisté sur la nécessité de soutenir et accélérer l’investissement, notamment à travers la promulgation rapide de lois et d’amendements relatifs au Code des changes et à la législation sur l’investissement.

« Les investisseurs étrangers attendent des décisions claires et rapides pour engager leurs projets. La stabilité fiscale et la prévisibilité juridique sont fondamentales pour attirer et maintenir les investissements à long terme », a expliqué M. Belkhiria. Il a appelé à une meilleure coordination entre les administrations et les ministères afin d’éviter les lenteurs bureaucratiques qui retardent certains projets stratégiques pour le pays.

Vers plus de stabilité et de compétitivité

M. Belkhiria a également rappelé que les amendements récemment adoptés permettront de consolider la position de la Tunisie sur le marché euro-méditerranéen. « La conformité avec le cadre révisé donne à la Tunisie l’opportunité de renforcer sa compétitivité et d’augmenter sa part de marché dans les exportations globales, tout en sécurisant les emplois dans les secteurs clés », a-t-il conclu.

Enfin, il a évoqué la possibilité de créer de nouvelles chambres mixtes et de renforcer les structures existantes afin de mieux accompagner les entreprises dans leurs démarches d’exportation et de développement international.

En résumé, l’adoption des amendements des accords euro-méditerranéens au 31 décembre 2025 représente un enjeu stratégique pour la Tunisie. Elle assure la protection des exportateurs tunisiens, la compétitivité des industries locales, la sécurisation des emplois et la stabilité économique, tout en préparant le terrain pour un environnement favorable aux investissements pour l’année 2026 et au-delà.

I.N.

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