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Des Tunisiens pris au dépourvu à la frontière algérienne après la réforme de la taxe sur les carburants

Par Imen Nouira

Dimanche 4 janvier 2026, plusieurs ressortissants tunisiens se sont retrouvés bloqués du côté algérien, à la suite de l’entrée en vigueur, d’un amendement portant sur la taxe sur la consommation des carburants. Une situation dénoncée publiquement par le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme (OTDH), Mostafa Abdelkebir, dans un post publié le même jour sur Facebook.

Selon lui, ces nouvelles procédures, appliquées de manière soudaine au niveau du poste frontalier, ont placé des centaines de Tunisiens dans une situation humaine difficile, certains étant contraints de patienter de longues heures dans des conditions éprouvantes. Le président de l’OTDH a notamment alerté sur la présence, parmi les personnes bloquées, de femmes ainsi que de voyageurs souffrant de problèmes de santé, appelant les autorités tunisiennes à intervenir en urgence. Il a également tenu pour responsables les autorités des deux pays, dénonçant une atteinte à la dignité des citoyens tunisiens.

Une disposition entrée en vigueur le 4 janvier 2026

À l’origine de ces perturbations figure l’article 97 de la Loi de finances algérienne 2026, publiée au Journal officiel de la République algérienne n°88 du mardi 31 décembre 2025. Cette disposition, entrée officiellement en vigueur le dimanche 4 janvier 2026, prévoit l’amendement et la hausse d’une taxe instaurée initialement par la Loi de finances 2021.

Cette taxe concerne la consommation des carburants des véhicules, camions et autobus à chaque sortie du territoire algérien. Elle vise à compenser l’écart entre les prix administrés des carburants en Algérie et leurs prix sur les marchés internationaux.

Le principal point de blocage : le paiement obligatoire auprès des recettes des finances

Au-delà du relèvement des montants, le véritable facteur de paralysie du passage frontalier réside dans le changement des modalités de paiement.

Désormais, la taxe ne peut plus être réglée au niveau des postes frontaliers, comme c’était le cas auparavant. Les voyageurs sont tenus de payer préalablement auprès des recettes des finances ou par voie électronique, avant de se présenter à la frontière. Or, la majorité des Tunisiens ne disposent pas de cartes de paiement internationales, rendant le paiement électronique impossible pour eux. Les services des douanes se limitent désormais à contrôler la preuve de paiement, sans possibilité d’encaissement sur place.

Dans la pratique, cette nouvelle exigence a provoqué un afflux massif vers les recettes des finances, entraînant un engorgement important, de longues files d’attente et une désorganisation totale. Cette situation a ralenti, voire bloqué, la circulation des voyageurs, beaucoup n’ayant pas pu s’acquitter de la taxe à temps, faute de capacité d’absorption suffisante des services concernés.

Des tarifs progressifs pour les véhicules de tourisme et de transport

Selon les nouvelles dispositions, les véhicules de tourisme sont soumis à une tarification progressive, en fonction du nombre de sorties quotidiennes effectuées par véhicule :

  • 1.000 dinars algériens pour une première sortie ;
  • 5.000 dinars algériens pour une deuxième sortie ;
  • 10.000 dinars algériens pour une troisième sortie ;
  • 25.000 dinars algériens à partir de la quatrième sortie.

Convertis en dinars tunisiens, ces montants correspondent approximativement à :

  • 22,50 dinars tunisiens pour la première sortie ;
  • 112,50 dinars tunisiens pour la deuxième sortie ;
  • 225 dinars tunisiens pour la troisième sortie ;
  • 560 dinars tunisiens à partir de la quatrième sortie.

Les véhicules utilitaires, camions et autobus sont également soumis à cette taxe, selon leur tonnage :

  • 5.000 dinars algériens par rotation pour les véhicules de moins de dix tonnes, soit environ 112,50 dinars tunisiens ;
  • 12.000 dinars algériens par rotation pour les véhicules de plus de dix tonnes et les autobus, soit environ 270 dinars tunisiens.
Une mesure fiscalement encadrée, mais mal anticipée sur le plan humain

Si cette mesure repose sur un fondement légal clair, son entrée en vigueur sans période transitoire ni communication opérationnelle suffisante a entraîné de fortes perturbations aux postes frontaliers. L’obligation de paiement exclusif auprès des recettes des finances, sans dispositif adapté à l’afflux massif de voyageurs, a transformé une mesure fiscale en problème logistique et humain, affectant directement la fluidité de la circulation transfrontalière.

Dans ce contexte, plusieurs voix appellent à une meilleure coordination entre les autorités tunisiennes et algériennes, ainsi qu’à une clarification rapide des procédures, afin d’éviter que de telles situations ne se reproduisent aux frontières.

I.N.

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4 commentaires

  1. Larry

    6 janvier 2026 | 11h51

    Bel exemple de  » l’intelligence  » des nords africains du Maghreb !….

  2. MOHAMED NABIL Benhadid

    6 janvier 2026 | 8h50

    كل واحد إحوس على مصلحتو

  3. HatemC

    5 janvier 2026 | 21h09

    C’est vos frères les Zalgériens ou je me trompe, ils vous veulent du bien et votre président chante khawa khawa ….

    • Hannibal

      6 janvier 2026 | 9h03

      Si si, ce sont des frères qui partagent les mêmes gènes de l’mpréparation et du défaut d’anticipation.