Arrêtée en mai 2024, détenue plus de 580 jours, Sherifa Riahi a été libérée dans la nuit du 5 au 6 janvier 2026, après l’effondrement des accusations les plus graves portées contre elle et ses collègues de Tunisie Terre d’Asile, antenne tunisienne de France terre d’asile. Une affaire emblématique d’un dysfonctionnement judiciaire devenu récurrent : la détention provisoire utilisée comme sanction, dans des dossiers qui se vident une fois soumis à l’examen judiciaire.
Mai 2024 : arrestations et emballement
Les faits remontent à mai 2024. Plusieurs responsables et salariés de Tunisie Terre d’Asile sont arrêtés dans le cadre d’une vaste campagne menée contre les associations actives auprès des réfugiés et des migrants. Très rapidement, les accusations prennent une dimension politique et médiatique : blanchiment d’argent, enrichissement illicite, pratiques mafieuses, atteinte à la souveraineté nationale par la modification de la composition démographique du pays.
Ces accusations, relayées massivement par des médias proches du pouvoir et par des réseaux sociaux partisans du régime, sont présentées comme établies, bien avant toute instruction approfondie. La présomption d’innocence est reléguée au second plan, au profit d’un récit sécuritaire et idéologique.
Le 7 mai 2024, Sherifa Riahi est arrêtée alors qu’elle se trouve en congé de maternité, séparée brutalement de sa fille encore nourrisson. Ce fait documente l’impact immédiat et concret de la détention provisoire, bien au-delà de la seule dimension judiciaire. À cette date, les accusations financières les plus graves — blanchiment d’argent et enrichissement illicite — ne reposaient encore sur aucun élément matériel établi, et seront par la suite abandonnées au cours de l’instruction. Cette chronologie éclaire la nature de la détention engagée dès l’origine : une privation de liberté intervenant avant la preuve, dans un dossier dont le socle juridique se révélera rapidement fragile.
Janvier 2025 : les charges majeures abandonnées
En effet, dès janvier 2025, le dossier commence à se dégonfler. Les accusations financières, pourtant centrales dans la communication initiale, sont abandonnées. Les audits ne révèlent ni enrichissement personnel ni infractions financières. L’association, en tant que personne morale, est mise hors de cause.
Sur le plan judiciaire, les éléments les plus lourds disparaissent. Sur le plan carcéral, rien ne change. Les personnes poursuivies restent en détention, malgré l’amenuisement manifeste des charges. Du côté des réseaux sociaux, les partisans du régime poursuivent le lynchage en règle de ces militants humains en captivité.
Une détention prolongée malgré un dossier fragilisé
Entre janvier et décembre 2025, les demandes de libération sont rejetées. La détention provisoire se prolonge, alors même que les accusations initiales se sont largement évaporées. La logique s’inverse : ce n’est plus la preuve qui justifie la prison, mais la prison qui précède et supplée l’absence de preuves.
Le 12 décembre 2025, Amnesty International appelle publiquement à la libération des détenus, dénonçant une détention arbitraire et rappelant que l’aide humanitaire ne constitue pas une infraction pénale. Cet appel reste sans effet immédiat.
5 janvier 2026 : une décision qui interroge
Le 5 janvier 2026, la chambre criminelle rend son verdict : deux ans de prison avec sursis. Aucune peine ferme. Aucune reconnaissance d’infraction justifiant une incarcération effective. La libération intervient dans la foulée, après plus de 580 jours de détention.
Sur le plan juridique, la conclusion est claire : la peine prononcée ne justifie pas le temps passé en prison. Sur le plan des principes, le constat est plus lourd : la détention a fonctionné comme une sanction anticipée.
Un schéma déjà observé
L’affaire Tunisie Terre d’Asile s’inscrit dans une série de dossiers récents présentant des caractéristiques similaires.
Celui de Riadh Mouakher, ancien ministre, arrêté en février 2023, condamné en première instance puis acquitté en octobre 2025, illustre le même décalage entre l’emballement initial et la réalité judiciaire. Là encore, l’absence de preuves n’a pas empêché une détention prolongée ni une exposition médiatique destructrice.
Même logique dans l’affaire dite du complot contre l’État. En novembre 2025, l’Ordre national des avocats de Tunisie a dénoncé l’anéantissement des conditions d’un procès équitable, tandis que la Ligue tunisienne des droits de l’Homme a fustigé des condamnations qualifiées de vindicatives, prononcées en l’absence de faits tangibles et, dans certains cas, sans auditions effectives des accusés. Trois acquittements sont intervenus par la suite dans cette affaire.
Le rôle des relais médiatiques
Dans toutes ces affaires, un facteur revient avec insistance : le rôle joué par des relais médiatiques et politiques qui ont présenté des accusations non établies comme des faits avérés. Ces campagnes, notamment sur les réseaux sociaux, ont contribué à créer un climat de culpabilité préalable, rendant socialement acceptable l’incarcération prolongée de personnes dont les dossiers se révéleront ensuite fragiles, voire vides.
Aucune rectification notable n’a suivi les décisions judiciaires. Aucun débat sur la responsabilité de ces relais dans la destruction de réputations et de parcours de vie.
Une question de principes
L’affaire Tunisie Terre d’Asile ne pose pas seulement la question d’un dossier judiciaire mal instruit ou politiquement instrumentalisé. Elle met en lumière une dérive plus profonde : l’inversion progressive des principes fondamentaux de la justice pénale.
En droit, la règle est claire : la liberté est le principe, la détention l’exception ; la présomption d’innocence est intangible. Or, dans cette affaire comme dans d’autres dossiers récents, la prison a précédé la preuve, et la sanction a précédé le jugement. Lorsque les accusations se sont effondrées, la détention, elle, avait déjà produit ses effets irréversibles.
Cette mécanique n’aurait pu s’installer sans un climat public favorable, entretenu par des relais médiatiques et politiques qui ont présenté des accusations non établies comme des faits acquis, contribuant à banaliser l’incarcération prolongée de personnes dont les dossiers se sont révélés fragiles, voire vides. La justice a fini par trancher. Mais aucune instance n’est venue réparer les dégâts causés par des mois de diffamation et de détention injustifiée.
Tant que la détention provisoire restera un outil de gestion politique des affaires sensibles, et tant que ceux qui propagent des accusations infondées ne seront jamais appelés à en répondre, ces “pschitt judiciaires” continueront de se répéter. Avec, à chaque fois, le même coût silencieux : des libertés suspendues, des vies abîmées, et une confiance dans la justice durablement fragilisée.
Raouf Ben Hédi












8 commentaires
jamel.tazarki
Introduction: Il est injuste de maintenir M. Ayachi Zammel et Mme Siwar Bargaoui en prison pendant des années supplémentaires. En effet, aucune preuve convaincante de leur culpabilité n’a été apportée. D’ailleurs, une juge tunisienne intelligente a libéré M. Zammel, mais d’autres juges l’ont contredite, ce qui a eu des conséquences fatales pour elle. La faute revient principalement à une loi électorale et à une constitution très mal conçues et pleines d’erreurs de pensée!
– Liberté pour tous les détenus politiques et pour les victimes de la liberté d’expression.
– Il n’y a pas de justice sans l’instauration d’une Cour constitutionnelle sur la base d’un Conseil supérieur de la magistrature dont la majorité des membres serait élue par les magistrats eux-mêmes, et non nommée par le président de la République.
Comprenez enfin qu’il Il est important de réclamer les droits et les libertés, mais il ne faut pas non plus négliger de réclamer les garanties constitutionnelles qui les protègent contre les abus de pouvoir.
@Mr. Nizar Bahloul, je vous prie d’insister dans vos articles sur la nécessité des garanties constitutionnelles (Conseil supérieur de la magistrature composé de membres élus par les magistrats eux-mêmes, Cour constitutionnelle, séparation des pouvoirs, indépendance de la justice, soumission des pouvoirs à la loi, etc.) afin de protéger nos droits et libertés, et d’établir un État de droit.
Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien
jamel.tazarki
A) CSM et Cour constitutionnelle
a1) Un Conseil supérieur de la magistrature (CSM) composé de membres élus par les magistrats eux-mêmes, –> élection de représentants (magistrats du siège et du parquet) pour siéger au sein du Conseil, garantissant ainsi leur indépendance dans la gestion des carrières et des nominations. Les magistrats du siège (juges) tranchent les litiges et rendent la justice de manière impartiale (assis), tandis que les magistrats du parquet (procureurs) défendent l’intérêt général, requièrent l’application de la loi et dirigent l’action publique (debout). Les premiers jugent, les seconds poursuivent au nom de la société en tant que représentants du ministère public.
–>
– Le CSM garantit l’indépendance et l’impartialité de la justice, conditions nécessaires à l’État de droit. En gérant la carrière des magistrats, en statuant sur leurs nominations et leur discipline, il contribue à assurer un système judiciaire indépendant des pressions extérieures.
– Le CSM est également le conseil de discipline des magistrats, ce qui lui permet de contrôler leur comportement et de veiller à ce que l’institution judiciaire respecte ses devoirs déontologiques.
– Le CSM renforce l’indépendance des magistrats en évitant toute ingérence politique ou hiérarchique et en garantissant que les jugements seront fondés uniquement sur le droit et les faits du dossier.
– Le CSM contribue à maintenir la confiance du public dans l’institution judiciaire, car l’indépendance et l’impartialité de la justice sont nécessaires pour garantir un procès équitable.
– Le CSM garantit le respect de l’égalité de tous devant la loi, car celle-ci repose sur l’accès à une magistrature impartiale.
– Les justiciables peuvent saisir le CSM pour dénoncer le comportement d’un magistrat, ce qui renforce le contrôle de ses actions et sa responsabilité.
a2) La composition de la Cour constitutionnelle devrait être la suivante :
– quatre membres sont élus par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) ; or, les membres de notre CSM ont été nommés par Kaïs Saïd : à vous de tirer des conclusions intelligentes et utiles.
– quatre membres doivent être élus par le Parlement. Peut-on encore faire confiance à « notre » Parlement après sa déformation de la loi électorale à quelques jours de l’élection présidentielle ?
– Quatre membres de cette Cour doivent être nommés par le président de la République.
–>
même si nous aurions bientôt une Cour constitutionnelle, elle serait probablement au service du président de la République.
– L’importance d’une Cour constitutionnelle réside dans sa mission de garantir le respect de la Constitution et de l’État de droit, en veillant à ce que les lois, les décrets, les arrêtés et les circulaires soient conformes à la Constitution du pays. Elle protège les droits et libertés fondamentaux des citoyens, limite les pouvoirs du législateur et veille à l’équilibre entre les pouvoirs publics.
– Rôle principal de la Cour Constitutionnelle:
– contrôle de constitutionnalité des lois : vérifie que les lois et règlements sont conformes à la Constitution et à d’autres textes à valeur constitutionnelle, comme la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ;
– protection des droits et libertés : elle protège les droits et libertés fondamentaux des citoyens, notamment en cas de contestation d’une loi existante.
– Régulation des pouvoirs publics : assure le bon fonctionnement des institutions de l’État et veille à l’équilibre des pouvoirs.
– contrôle des élections : veille à la régularité des élections nationales (présidentielle, législatives, référendum) et proclame les résultats ;
– Avis et contentieux : peut être amenée à donner des avis dans des situations spécifiques et à traiter des contentieux.
– Garantir la stabilité démocratique : assurer la stabilité démocratique en protégeant la Constitution des atteintes potentielles d’une majorité parlementaire, notamment dans les pays ayant connu des régimes autoritaires.
– Je rappelle que, dans les pays démocratiques, la hiérarchie des textes est la suivante :
1) la Constitution, protégée par la Cour constitutionnelle ;
2) les lois ;
3) les décrets et les arrêtés ;
4) les circulaires.
–>
Or, en Tunisie, cette hiérarchie n’est pas respectée, comme en témoigne la déformation de la loi électorale (« amendement ») à quelques jours de la récente élection présidentielle. De plus, les décrets et arrêtés sont souvent en contradiction avec la constitution.
jamel.tazarki
B) Notre loi électorale d’avant le 25 juillet 2021 (d’avant le putsch) ne nécessitait que quelques retouches, que je résume comme suit :
b1. – la création d’une Cour constitutionnelle sur la base d’un CSM dont les membres seraient élus et non nommés par le président de la République ;
b2) Redonner aux partis politiques le poids politique qu’ils avaient avant les élections législatives de 2022, tout en maintenant des peines sévères pour ceux qui achètent des voix ou se battent au Parlement.
– b2.2) Interdire le passage des députés d’un parti à un autre (non au tourisme parlementaire) ; Par exemple, les députés de Nidaa Tounes, élus lors des élections législatives, de 2014 sont passés à Ennahdha afin de lui garantir la majorité absolue.
b2.3) Revoir les lois qui définissent le fonctionnement des partis politiques en Tunisie. Voir le postskriptum ci-dessous.
(b2.4) Il n’est pas nécessaire de collecter des parrainages pour se présenter aux élections législatives. Il faut redonner aux partis politiques le poids politique qu’ils avaient avant l’élection législative de 2022.
– b3) Les partis politiques représentés à notre Parlement devraient avoir le droit de proposer un candidat à l’élection présidentielle issu de leurs rangs, sans cette histoire de parrainage.
– b4) Le président de la République sortant ne devrait pas collecter de parrainages pour l’élection présidentielle, puisqu’il pourrait en obtenir des millions grâce à sa position à la tête de l’État tunisien.
– b5) Les parrainages pour l’élection présidentielle sont réservés aux indépendants sans appartenance à un parti politique et aux partis politiques sans siège au Parlement. Le filtrage des candidats à l’élection présidentielle se fait déjà lors de l’élection législative.
Malheureusement, M. Kais Saied n’a pas conscience de l’impossibilité de récolter 10 000 parrainages lorsqu’on n’est pas président de la République dans une Tunisie où les Tunisiens, par habitude, refusent de signer quoi que ce soit s’ils ne sont pas obligés de le faire, par mesure de prudence. En effet, nos députés, les présidents élus des collectivités locales, les représentants du Conseil national des régions et des districts, ainsi que les Tunisiens en général, se mettent à l’abri de tout risque de faute judiciaire en refusant majoritairement de signer les parrainages, avec quelques exceptions.
Les Tunisiens refusent de signer à la légère pour quiconque frappe à leur porte, en raison de leur culture et de leur éducation.
Les 10 000 parrainages sont une mission impossible qu’aucun candidat n’a pu accomplir, à l’exception de M. Kais Saied, en sa qualité de président de la République. En effet, qui oserait ne pas signer un parrainage pour l’homme le plus puissant de Tunisie, qui dispose encore d’un pouvoir absolu ?
–>
L’actuelle loi électorale aurait dû tenir compte du contexte et de la mentalité des Tunisiens. Franchement, je refuse moi-même de signer un formulaire de parrainage. En effet, je suis extrêmement avare avec ma signature (c’est mon éducation).
– Autre point négatif de l’actuelle loi électorale : dans une dictature, rares sont ceux qui ont le courage de signer un parrainage pour un candidat adverse du dictateur en place, en donnant leurs coordonnées (adresse et numéro de carte d’identité).
– Autre point négatif de l’actuelle loi électorale : « l’aberration de demander des parrainages non numérisés et non soumis à l’obligation d’une signature légalisée, et donc facilement contestables a posteriori. Chaque personne peut revenir sur son parrainage pour des raisons politiques ou pour faire chanter le concerné. »
L’emprisonnement de M. Zammel et de Mme Bargaoui est extrêmement injuste.
jamel.tazarki
C) Le vote des Tunisiens résidant à l’étranger, à l’instar des élections législatives de 2019 et 2014 :
Sur un million de Tunisiens résidant en France, seuls 50 000 ont voté. Les partis politiques Ennahdha et Ettakatol avaient des candidats, alors que 95 % de nos partis politiques n’étaient pas présents. En tout, 10 sièges étaient réservés à la France.
2) En Italie, seuls 5 800 électeurs se sont rendus aux urnes, et bien sûr, les partis Ennahdha et Ettakatol avaient des candidats, alors que 97 % de nos partis politiques n’étaient pas présents. En tout, 3 sièges étaient réservés pour l’Italie.
3) Dans les pays arabes, le nombre de votants était de 6 800, et bien sûr, Ennahdha et Etttyar avaient des candidats, alors que 98 % de nos partis politiques n’étaient pas présents.
4) En Amérique du Nord, ils étaient 4 000 à voter, et bien sûr, Ennahdha et Etttyar avaient des candidats, alors que 99 % de la totalité de nos partis politiques n’étaient pas présents.
5) En Allemagne, ils étaient 4 000 sur 100 000 Tunisiens à voter, et bien sûr, Ennahdha et Etttyar avaient des candidats, alors que 96 % de la totalité de nos partis politiques n’étaient pas présents.
Fazit des points 1 à 5 :
–>
– Ennahdha a remporté environ 17 sièges et Ettayar, 12, grâce aux Tunisiens résidant à l’étranger, dont le taux de participation était inférieur en moyenne à 5 %. Pourquoi ? Réponse : parce que les partis Ennahdha et Ettayar étaient les seuls à avoir les moyens et les privilèges pour présenter des candidats partout dans le monde, là où vivent des Tunisiens (sans entrer dans les détails).
La même analyse est également valable pour l’élection législative de 2014. En 2014, le député représentant les Tunisiens résidant en Allemagne a été élu avec 207 voix, alors que le nombre de Tunisiens résidant en Allemagne est de 100 000.
– Les élections législatives de 2019 et de 2014 n’étaient pas justes envers les Tunisiens, envers la Tunisie, mais aussi envers 97 % des partis politiques qui disposaient de peu de financements et de privilèges, contrairement à Ennahdha et Ettayar, afin de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions électorales, en Tunisie et à l’étranger. De plus, le taux de participation des Tunisiens résidant à l’étranger était trop faible et non représentatif.
Cela ne justifie toutefois pas de jeter à la hâte le régime parlementaire par-dessus bord. Il fallait le corriger et l’optimiser.
–>
Je propose d’avoir, au maximum, trois ou quatre représentants pour l’ensemble des Tunisiens résidant à l’étranger.
Je me répète : la faute n’est pas dans le désir de pouvoir et de richesses, même par la corruption et le despotisme de certains de nos politiciens, mais dans l’absence de contrôles et de garanties constitutionnels, sur la base d’un État de droit. C’est la médiocrité de notre loi électorale et de notre Constitution, ainsi que l’absence d’un État de droit, qui ont permis à certains partis politiques et et à certains politiciens de se comporter de manière inappropriée.
jamel.tazarki
D) Revoir les lois régissant le fonctionnement des partis politiques en Tunisie.
À l’intérieur de nos différents partis politiques, la démocratie est compromise par des facteurs tels que l’accaparement du pouvoir par une minorité qui s’est auto-proclamée leader du parti et domine les affaires sans considération pour la grande masse des membres. Une telle situation empêche l’inclusion et limite l’opportunité pour les membres de façonner la politique du parti.
–> On se demande comment un parti politique peut gérer les affaires du pays s’il est incapable de créer des organes chargés d’organisation des élections internes, tels que l’Assemblée Générale ou un Congrès National. La structure de nos partis politiques est en contradiction avec les lois régissant leur fonctionnement. Combien de temps faudra-t-il à nos partis politiques afin de définir un statut interne ? Il est inimaginable qu’un parti politique, comme celui de Nidaa Tounes, qui était au pouvoir et avait la majorité relative aux élections législatives, n’avait pas de statut et sans constitution interne. Quelle était l’idéologie, les principes et les objectifs du parti Nidaa Tounes ? On ne le sait pas encore ! Comment se fait l’élection des dirigeants ? Rien n’est encore défini ou annoncé !
Conclusion : il faut revoir les lois régissant le fonctionnement des partis politiques en Tunisie, et obliger ces derniers à les prendre en considération.
E) Il ne faudrait exclure personne des prochaines élections législatives et présidentielles. En revanche, il faudrait d’abord doter notre pays d’une bonne base constitutionnelle, avec des garanties constitutionnelles de protection des droits et des libertés (Conseil supérieur de la magistrature élu, Cour constitutionnelle, séparation des pouvoirs, indépendance de la justice, soumission des pouvoirs à la loi, etc.).
–>
Liberté pour tous les détenus politiques et pour les victimes du manque de liberté d’expression.
Il est important de réclamer les droits et les libertés, mais il ne faut pas non plus négliger de réclamer les garanties constitutionnelles qui les protègent contre les abus de pouvoir.
jamel.tazarki
F) Je voudrais discuter à nouveau le point b2.2 ci-dessus. Je cite:
« b2.2) Interdire le passage des députés d’un parti à un autre (non au tourisme parlementaire) ; par exemple, les députés de Nidaa Tounes, élus lors des élections législatives, sont passés à Ennahdha afin de lui garantir la majorité absolue. » Fin de la citation.
–>
Je rappelle que Mr. X (autocensure) a créé son parti politique, « Machrouu Tounes », le 20 mars 2016, alors qu’il avait été élu au sein du parti Nidaa Tounes. Il a «piqué» une vingtaine de députés à ce dernier pour son nouveau parti politique, ce qui a offert gratuitement la majorité relative à Ennahdha. Ce parti a ainsi obtenu tous les pouvoirs : législatif, exécutif, judiciaire, culturel, etc.
–>
Mr. X a trahi plus d’un million d’électrices de Nidaa Tounes en ruinant ce dernier et en offrant la Tunisie sur les plans socio-politique, économique, judiciaire et culturel au parti poltique Ennahdha, qui en a abusé massivement.
–>
Les conséquences de cette trahison ne se sont pas fait attendre lors de l’élection de 2019 :
– Le parti « Machrouu Tounes » de Mr. X n’a obtenu que 1,42 % des voix lors de l’élection législative de 2019.
–>
Mr. X a trahi plus de 1,4 million d’électrices et d’électeurs en fragilisant Nidaa Tounes et en prenant avec lui une bonne partie de ses députés pour créer son nouveau parti politique.
– Puis, il y a ceux qui se sont portés candidats au sein de Nidaa Tounes dans le but de rejoindre Ennahdha après l’élection législative. –> Tout a été programmé à l’avance d’une façon systématique.
–>
La faute ne revient pas à Mr. X ou à Ennadha, mais plutôt à la loi électorale de 2013-2014, qui ne tenait pas compte de la mentalité des Tunisiens et autorisait les députés à changer de parti de manière abusive. Il est également absurde d’accorder 35 sièges aux Tunisiens résidant à l’étranger. En effet, ce sont les partis au pouvoir qui en profitent, car ce sont eux qui placent leurs pions dans nos consulats et ambassades afin de…
– Puis, il y a eu l’achat de voix électorales.
– Puis, il y a les dictatures au sein des partis politiques.
– etc., etc., etc.
– De même la loi électorale d’après le putsch est encore plus pire que celle d’avant le putsch.
Fazit: parlons ouvertement de tous les dépassements de la dernière décennie afin de faire revivre notre jeune démocratie sur des bases solides. Non pas seulement sur la confiance mutuelle, mais sur des garanties constitutionnelles et sur les bases d’un Etat de droit!
– Il est important de réclamer les droits et les libertés, mais il ne faut pas non plus négliger de réclamer les garanties constitutionnelles qui les protègent contre les abus de pouvoir.
Bonne soirée
Dr. Jamel Tazarki, Mathematicien
zaghouan2040
Tous les dossiers, excepté peut être celui d’Ennahdha sont absurdes et bien sur dénués de tout fondement.
Il s’agit effectivement d’imposer la détention provisoire en tant que sanction
Mais l’Histoire avance……
L'internaute tunisien
La haine vous rend partiellement objectif, et quand on est partiellement objectif on n’est plus dans l’objectivité. Vous reconnaissez le tort du pouvoir seulement quand ça convient à vos convictions; dommage