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Inflation en Tunisie : un reflux confirmé mais encore imperceptible pour les ménages

Par Nadya Jennene

Invité de la matinale de Mosaïque FM, mardi 6 janvier 2026, l’analyste financier Bassem Ennaifer a livré une lecture nuancée de l’évolution récente de l’inflation en Tunisie, mettant en lumière l’écart persistant entre les indicateurs macroéconomiques et le ressenti quotidien des citoyens.

Selon les données présentées, le taux d’inflation annuel moyen s’est établi à 5,3% en 2025, marquant un recul significatif par rapport aux niveaux enregistrés ces dernières années. Il s’agit, a-t-il souligné, de la moyenne la plus basse observée depuis 2017, contrastant fortement avec le pic atteint en 2023, lorsque l’inflation culminait à 9,3%. Cette décrue témoigne, selon l’analyste, d’un infléchissement réel de la dynamique inflationniste.

Toutefois, Bassem Ennaifer a insisté sur le caractère partiellement trompeur de cette amélioration statistique. En dépit de la baisse enregistrée sur certains produits agroalimentaires, les prix demeurent globalement élevés lorsqu’on les compare à leur moyenne annuelle. Or, ce sont précisément ces biens de première nécessité qui structurent l’essentiel du panier de consommation des ménages. « L’inflation est certes en train de régresser, mais elle reste fortement concentrée sur l’agroalimentaire, ce qui explique pourquoi les citoyens n’en perçoivent pas les effets positifs dans leur quotidien », a-t-il expliqué.

Abordant la notion d’inflation cible, l’analyste a rappelé que les standards internationaux situent le niveau optimal entre 2 et 3%, seuil considéré comme favorable à la stabilité économique et à la croissance. Une inflation nulle, a-t-il précisé, n’est ni souhaitable ni saine pour une économie, citant le Japon comme exemple emblématique des difficultés engendrées par une stagnation prolongée des prix. « L’inflation, lorsqu’elle est maîtrisée, crée une dynamique économique », a-t-il affirmé. 

Bassem Ennaifer a également évoqué les perspectives de politique monétaire. Si la tendance actuelle à la baisse de l’inflation se confirme, une nouvelle réduction du taux directeur pourrait être envisagée. Celle-ci interviendrait toutefois à un rythme plus modéré, les autorités monétaires demeurant prudentes face aux équilibres macroéconomiques encore fragiles.

N.J

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