Le bureau exécutif de l’Union régionale de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) de Jendouba a appelé la ministre de la Justice à intervenir afin de trancher le dossier de deux membres de son bureau exécutif, placés en détention depuis février 2025 à la suite d’une dénonciation datant du mois d’août 2022.
Dans un communiqué publié lundi 5 janvier 2026, l’Utica régionale a exhorté les autorités judiciaires en charge de l’affaire à procéder à la libération des intéressés et à appliquer la décision de classement sans suite et de remise en liberté rendue en leur faveur il y a plusieurs mois.
L’organisation a fait part de sa « vive inquiétude » quant à l’évolution du dossier concernant les deux membres du bureau exécutif, Fayçal Dabboussi et Islam Shili, détenus depuis février de l’année dernière sur la base, selon le communiqué, d’« une dénonciation infondée et dénuée de toute logique », déposée en août 2022. Cette dénonciation portait sur des accusations selon lesquelles ils auraient incité le plaignant à s’immoler par le feu, un acte qui n’a jamais eu lieu, ni de la part des membres détenus ni de la part du dénonciateur lui-même.
Le bureau exécutif de l’Utica de Jendouba s’est également étonné du maintien en détention des deux responsables, alors que la première brigade de la Garde nationale d’El Aouina a établi la nullité des accusations formulées par le dénonciateur. De plus, le juge d’instruction saisi de l’affaire avait décidé le classement du dossier et la libération des détenus, faute de preuves à leur encontre. Le syndicat s’est par ailleurs inquiété du fait que le dossier demeure pendant devant la Cour de cassation sans décision, bien qu’il lui ait été transmis depuis juin 2025, rappelant avoir adressé une correspondance à la ministre de la Justice à ce sujet le 18 novembre 2025.
Selon le communiqué, l’affaire remonte à août 2022, lorsque l’ancien gouverneur de Jendouba avait informé le parquet avoir reçu une déclaration d’un citoyen affirmant que des membres de l’Utica régionale l’auraient incité à s’immoler pour obtenir un emploi, en contrepartie d’une promesse de soutien financier de 6000 dinars et de la mise à disposition d’un camion. Ces accusations ont été formellement démenties par les deux mis en cause.
Les investigations sécuritaires et judiciaires ont par la suite établi, toujours selon le communiqué, l’absence totale de relation entre les détenus et le dénonciateur, ainsi que l’inexistence de toute rencontre entre eux à la date indiquée. Les deux responsables estiment avoir été la cible d’un « acharnement méthodique » et réclament l’identification des parties à l’origine de cette affaire ainsi que des intérêts poursuivis.
Dans une déclaration à l’Agence Tunis Afrique Presse (Tap), le président de l’Utica, Saadallah Khalfaoui, a affirmé que « les membres du bureau exécutif détenus sont victimes d’accusations infondées et non sérieuses, fabriquées pour régler des comptes, dont les préjudices dépassent largement les bénéfices ».
S.F










