Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

« Trois ans sans toucher son père » : la violence institutionnelle racontée par l’épouse de Khayam Turki

Par Myriam Ben Zineb

Une scène d’une violence symbolique marquante s’est déroulée, lundi 5 janvier 2026, au Tribunal de Tunis. Dans un post publié sur les réseaux sociaux, Khadija Khaled Turki, épouse de Khayam Turki, a livré un témoignage personnel et bouleversant sur ce qu’elle et sa famille ont vécu lors de la comparution de son mari.

« Écœurée, puis indignée, puis en colère, puis impuissante, puis abattue, puis triste… », écrit-elle, évoquant « l’arc-en-ciel des émotions » traversées ce jour-là. Elle relate notamment que leur fille, qui n’a pas pu toucher son père depuis trois ans, a été empêchée de l’enlacer, et ce malgré l’accord du juge pour que ce geste ait lieu dans le couloir du tribunal. Selon son récit, un fonctionnaire s’y serait opposé, repoussant leur fille, laissée « hagarde » face à la scène.

Dans son post, Khadija Khaled Turki décrit un père « sonné, impuissant », rapidement emmené hors de portée de ses proches, tandis que la famille reste confrontée à ce qu’elle qualifie de violence institutionnelle. « Vies brisées, familles défaites dans tous les sens du terme », écrit-elle, ajoutant que « ce n’était pas facile d’être résilient » ce jour-là.

Sur le plan judiciaire, Khayam Turki comparaissait devant la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis. Il est poursuivi dans un nouveau dossier portant sur des accusations liées à des infractions financières, selon les éléments versés au dossier d’instruction. Après une première comparution en novembre dernier, la défense avait obtenu un délai supplémentaire afin d’examiner l’ensemble des documents et pièces judiciaires. L’affaire a ainsi été renvoyée à janvier.

Cette audience intervient alors que Khayam Turki a été condamné à 35 ans de prison dans l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’État. Un verdict prononcé à l’issue d’un processus judiciaire vivement contesté par les familles des détenus et par le comité de défense, qui avaient dénoncé une « mascarade » et une « parodie de justice ».

Cette comparution physique a été relevée par ses proches comme un élément révélateur d’une contradiction majeure. Dans l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’État, pour laquelle Khayam Turki a été condamné en appel à 35 ans de prison, la justice impose un procès à distance, invoquant des raisons de sécurité et restreignant l’accès à la salle d’audience. Or, soulignent ses proches, sa présence au tribunal ce lundi, sans incident ni dispositif exceptionnel, met en évidence le caractère discutable de l’argument sécuritaire avancé dans le dossier de complot, renforçant l’idée qu’il ne représenterait en réalité aucun danger.

M.B.Z

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés