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Non, le Sénégal n’a pas remplacé le français par l’arabe comme langue officielle

Depuis plusieurs jours, une information largement relayée sur Facebook affirme que le Sénégal aurait adopté la langue arabe comme première langue officielle, en remplacement du français. La publication, souvent accompagnée de commentaires enthousiastes ou indignés, a rapidement suscité une vive réaction sur les réseaux sociaux, alimentant un débat identitaire et politique sensible.

Face à cette affirmation, de nombreux internautes se sont interrogés sur sa véracité, cherchant à savoir si une telle décision avait réellement été prise par les autorités sénégalaises. D’autres, en revanche, ont salué ce qu’ils considéraient comme un « retour aux racines » ou un choix culturel et religieux fort, exprimant leur soutien sans vérifier l’information. Cette polarisation a contribué à amplifier la rumeur et à lui donner une apparence de crédibilité.

Compte tenu de l’ampleur de la diffusion, BN Check a procédé à une vérification approfondie. Il convient de rappeler que cette information n’est pas nouvelle, elle circule déjà depuis 2024 et avait alors fait l’objet d’un démenti clair de notre part. Malgré cela, et face à sa résurgence, nous avons jugé nécessaire de reprendre l’ensemble du processus de vérification, en nous appuyant sur des sources officielles et sur l’expertise de nos confrères spécialisés.

Nous avons ainsi consulté les textes juridiques en vigueur au Sénégal, notamment la Constitution, ainsi que les communications officielles des institutions sénégalaises. Parallèlement, nous avons échangé avec nos collègues d’Africa Check, qui ont également suivi et vérifié cette rumeur. Toutes les sources concordent, aucune décision n’a été prise pour remplacer le français par l’arabe comme langue officielle du Sénégal. L’information diffusée sur les réseaux sociaux est donc fausse.

Pour comprendre l’origine de la confusion, il est important de rappeler la réalité linguistique du Sénégal. Le français est la langue officielle du pays, héritée de la période coloniale, et il est utilisé dans l’administration, l’enseignement et les textes juridiques. Toutefois, le Sénégal est un pays profondément multilingue. Le wolof est la langue la plus parlée et joue un rôle central dans la communication quotidienne. D’autres langues nationales sont également reconnues, telles que le pulaar, le sérère, le diola, le mandingue ou le soninké, reflétant la richesse culturelle et linguistique du pays.

L’arabe, quant à lui, occupe une place importante sur les plans religieux et éducatif, notamment dans l’enseignement islamique et les écoles coraniques. Cette présence significative peut expliquer pourquoi certaines rumeurs cherchent à lui attribuer un statut officiel qu’il ne possède pas juridiquement. Toutefois, à ce jour, l’arabe n’est pas reconnu comme langue officielle du Sénégal et aucun changement en ce sens n’a été annoncé ou adopté.

R.A.

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3 commentaires

  1. HatemC

    7 janvier 2026 | 12h23

    La Tunisie, forte de ses racines amazighes, s’est progressivement éloignée de sa langue et d’une partie de son héritage culturel.
    Ce choix historique a créé une forme de décalage identitaire : ni pleinement ancrée dans sa culture d’origine, ni totalement assumée dans une autre, la société tunisienne se retrouve aujourd’hui dans un entre-deux.
    Cette situation ne traduit pas une absence de culture, mais plutôt une difficulté à construire un récit culturel cohérent, assumé et tourné vers l’avenir, capable de réconcilier héritage, diversité et modernité….HC

  2. HatemC

    7 janvier 2026 | 11h58

    SvP, attention à ne pas reproduire certaines erreurs déjà observées ailleurs.
    De nombreux pays ayant fait le choix d’une arabisation exclusive n’ont pas réussi à transformer ce choix linguistique en levier de développement.
    La Turquie, de son côté, a très tôt privilégié une approche pragmatique, en séparant langue, religion et modernisation, ce qui a facilité son intégration économique et scientifique.
    Le constat mérite d’être débattu sereinement : dans plusieurs pays musulmans, les choix linguistiques n’ont pas toujours accompagné le progrès, l’innovation ou l’ouverture.
    Il ne s’agit ni de stigmatiser une langue ni de froisser qui que ce soit, encore moins les arabophones ou les médias qui les représentent, mais d’ouvrir une réflexion honnête sur le lien entre politique linguistique, éducation et développement …. HC

  3. Gg

    7 janvier 2026 | 10h40

    Bref, au Sénégal comme ailleurs, cette religion essaie d’imposer sa charia, de s’emparer de la société dans son entier.
    L’islam est décidément le mal du siecle!