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Petite enfance : 133 crèches et garderies non-conformes fermées entre janvier et octobre 2025

Par Imen Nouira

En dix mois, des dizaines d’établissements accueillant des enfants ont été fermés en Tunisie pour non-respect des normes légales, notamment contre des structures anarchiques, clandestines ou illégales.

133 fermetures pour assurer la sécurité des enfants

Le ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Seniors a annoncé, jeudi 8 janvier 2026, que 133 fermetures avaient été décidées entre le début du mois de janvier et la fin du mois d’octobre 2025. Elles ont été ordonnées par les gouverneurs des différentes régions, sur la base des constats effectués par des commissions locales de suivi et de contrôle, conformément à la décision conjointe du ministère et du ministère de l’Intérieur du 25 septembre 2023.

Ces fermetures interviennent dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la sécurité et le bien‑être des enfants. Le plus récent incident, survenu à Sousse, illustre parfaitement la gravité du problème. Lors d’une inspection dans une crèche opérant en dehors de tout cadre légal, un enfant a été retrouvé attaché par la taille à son lit, tandis qu’un autre bébé était abandonné dans une poussette, dans une pièce plongée dans l’obscurité. La responsable de cette structure non autorisée aurait laissé les nourrissons seuls pour vaquer à ses affaires personnelles, justifiant son comportement par la recherche d’un emploi et en affirmant avoir élevé ses propres enfants « de la même manière ». Une explication jugée inacceptable par les autorités, qui ont immédiatement suspendu l’activité de cette crèche domestique.

Au-delà de ces incidents isolés, le ministère souligne que la fermeture des institutions de la petite enfance privées qui ne respectent pas les cahiers des charges se fait sur décision du ministère lui‑même, après avis de la commission nationale chargée de l’étude des dossiers. Les situations présentant un risque direct pour les enfants justifient une fermeture immédiate. Dans les autres cas, les établissements ont un délai de deux mois, renouvelable une fois, pour se mettre en conformité.

Une politique nationale pour encadrer et moderniser les services de l’enfance

Dans le cadre d’une stratégie globale visant à améliorer la qualité des services et à encourager l’investissement légal dans le secteur de l’enfance, le ministère a lancé une révision participative des cahiers des charges pour la création et la gestion des crèches, jardins d’enfants et clubs pour enfants. Cette démarche vise à simplifier les procédures administratives, lever les obstacles rencontrés par les investisseurs et assurer un meilleur encadrement des services, tout en garantissant la protection et l’intérêt supérieur de l’enfant.

Le corps d’inspection et de suivi pédagogique joue un rôle clé dans l’accompagnement des structures de la petite enfance. Outre le suivi et l’encadrement, les inspecteurs forment le personnel non spécialisé. Selon le ministère, environ 4.500 professionnels ont bénéficié d’une formation intensive lors de l’année scolaire 2024‑2025. Pour renforcer ce dispositif, quarante nouvelles recrues rejoindront le corps d’inspection en 2026.

Vers la légalisation des services de garde à domicile

Toujours dans l’objectif d’élargir la couverture des services de la petite enfance, le ministère a lancé un projet de régulation de la garde d’enfant à domicile. Un cahier des charges sera finalisé cette année pour encadrer cette pratique, en définissant les procédures de contrôle et de suivi afin de garantir la sécurité des enfants et de protéger leur intérêt supérieur. Selon les dernières statistiques de l’Institut national de la statistique, le nombre d’enfants de moins de trois ans s’élève à environ 600.000, mais la couverture des services de petite enfance demeure très faible : seulement 1,34% d’enfants bénéficient d’une prise en charge formelle, et le nombre d’enfants fréquentant des crèches est estimé à environ 7.500. Plusieurs gouvernorats n’ont pas de crèches du tout.

Appel à la vigilance des familles

Le ministère rappelle que le signalement des structures illégales est un devoir collectif et peut se faire via différents moyens, notamment le numéro vert 1809. Les parents sont également encouragés à vérifier la légalité des établissements accueillant leurs enfants. Une liste actualisée des institutions légalement reconnues est disponible sur le site officiel du ministère : http://toufoula.femme.gov.tn/Parent/Etablissement/Index.

Cette communication intervient quelques jours seulement après la médiatisation de l’affaire de Sousse, soulignant la nécessité de renforcer la surveillance et la réglementation des structures accueillant les enfants en Tunisie.

I.N.

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