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Sousse : alerte sur l’état des écoles primaires, 120 élèves privés de salles de classe

Par Nadya Jennene

Invité de la matinale de Jawhara FM, jeudi 8 janvier 2026, le député de la circonscription de Zaouiet Sousse et Ksibet Thrayet, Youssef Toumi, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation extrêmement préoccupante de plusieurs établissements scolaires de la région, au premier rang desquels l’école primaire de la République, située au cœur de la ville.

Selon l’élu, près de 120 élèves se retrouvent actuellement sans salle de classe. « Nous parlons d’un établissement qui accueille près de 1100 élèves. Deux salles ont été fermées car elles présentent un danger imminent : les plafonds risquent de s’effondrer à tout moment », a-t-il expliqué, évoquant une situation qui mettrait gravement en péril la sécurité des enfants.

Construit en 1961, le bâtiment souffre de décennies de manque d’entretien. Youssef Toumi a pointé du doigt des travaux de maintenance inadaptés, notamment l’utilisation de plaques de plâtre pour masquer des infiltrations d’eau provenant des toitures. « Le problème n’a pas été traité à la source. On a posé du plâtre alors que l’eau continue de s’infiltrer. Résultat : le plafond se gorge d’humidité et devient encore plus dangereux », a-t-il dénoncé, affirmant avoir constaté sur place la chute de morceaux de faux plafond.

Face à ce risque, les autorités ont été contraintes de fermer certaines salles. Mais cette décision, bien que nécessaire pour éviter un drame, a créé une autre urgence : l’absence de solutions alternatives suffisantes. « Aujourd’hui, nous ne parlons plus seulement de deux salles fermées, mais d’un quart de l’école qui ne peut plus fonctionner normalement. Si la situation s’aggrave, ce sont 240 à 250 élèves qui pourraient se retrouver sans espace d’apprentissage », a averti le député.

Youssef Toumi a également souligné que cette crise n’est pas un cas isolé. D’autres écoles de Sousse connaissent des difficultés similaires, où des classes sont fermées depuis plusieurs années pour les mêmes raisons structurelles. « On se contente de fermer des salles sans traiter le fond du problème », a-t-il regretté, appelant à une vision globale et durable.

Rappelant que le droit à l’éducation est un droit constitutionnel, l’élu a insisté sur la nécessité d’agir rapidement. « Un élève doit trouver une place pour étudier, dans des conditions dignes et sûres. Aujourd’hui, on prive des enfants non seulement de leur droit à l’instruction, mais aussi de la sérénité indispensable à l’apprentissage », a-t-il martelé.

Dans ce contexte, le député a annoncé avoir contacté le commissaire régional de l’éducation à Sousse, qui s’est engagé à effectuer une visite de terrain dès jeudi matin afin d’évaluer la situation et proposer des solutions urgentes. Parmi les pistes évoquées figurent la recherche de locaux provisoires à proximité et, à plus long terme, la construction d’un nouvel établissement scolaire.

« Nous avons besoin soit d’une réhabilitation sérieuse, soit d’une nouvelle école. Continuer à bricoler, c’est mettre en péril la vie de nos enfants », a conclu Youssef Toumi, appelant la délégation régionale de l’éducation à traiter ce dossier avec le plus grand sérieux et à engager des travaux de maintenance rapides et conformes aux normes.

N.J

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Commentaire

  1. HatemC

    8 janvier 2026 | 11h22

    Les mosquées peuvent faire office de salles de classe : elles sont chauffées et bien entretenues.
    Ce n’est pas une attaque contre les mosquées. C’est une interpellation

    Le scandale n’est pas d’oser comparer écoles et mosquées.
    Le scandale, c’est que la comparaison soit crédible.
    Une société qui entretient mieux ses lieux de prière que ses écoles a déjà fait son choix : elle renonce au savoir et prépare le terrain à l’obscurantisme, qu’elle le veuille ou non.

    Et qu’on ne s’étonne pas demain de la montée de l’ignorance, de la radicalité ou de la colère sociale : elles poussent toujours sur les ruines de l’école publique….et c’est deja d’actualité et qu’on ne vienne pas nous parler de souveraineté et dignité pour nous endormir et enrhumer du crétin

    La vraie question n’est donc pas de savoir où placer provisoirement ces élèves.
    La vraie question est plus brutale :

    – la Tunisie veut-elle encore être une République de citoyens instruits, ou seulement un territoire géré au jour le jour, où l’on prie dans des bâtiments solides pendant que les enfants étudient sous des plafonds prêts à tuer ? ….HC