Les principaux indicateurs du commerce extérieur tunisien pour l’année 2025 confirment une dynamique globalement positive, malgré des disparités sectorielles et géographiques. À fin novembre 2025, la valeur totale des échanges commerciaux a atteint 136 milliards de dinars, dont 78 milliards de dinars d’importations et 57,9 milliards de dinars d’exportations.
Ces chiffres ont été présentés vendredi 9 janvier 2026 sur la Radio nationale par Rafik Mansouri, directeur des manifestations commerciales au Centre de promotion des exportations (Cepex).
Une progression modérée, mais réelle des échanges
Sur un an, les échanges commerciaux enregistrent une hausse de 1,5 % par rapport à la même période de 2024. Cette progression atteint 3,3 % lorsque l’on exclut les secteurs de l’énergie, des hydrocarbures, des mines et des phosphates, traduisant une amélioration plus marquée dans les autres branches de l’économie.
Une forte concentration géographique des exportations
La diversification géographique demeure un enjeu central. En 2025, les produits tunisiens ont été exportés vers 166 destinations à travers le monde. Toutefois, 64 % des exportations restent concentrées sur cinq pays, principalement européens : la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, ainsi que la Libye.
L’industrie, pilier des exportations tunisiennes
Autre indicateur significatif : 92 % des exportations tunisiennes sont constituées de produits industriels. Cette structure confirme le maintien d’un tissu industriel relativement solide et structuré.
La répartition sectorielle des exportations se présente comme suit :
- les industries mécaniques et électriques dominent avec 49,3 %
- le textile, l’habillement, les chaussures et le cuir représentent 17,8 %
- le secteur agricole et agroalimentaire atteint 12,8 %
- les industries diverses comptent pour 12,3 %
- le secteur de l’énergie, des hydrocarbures et des mines ferme la marche
Malgré des performances inégales selon les secteurs, ces résultats confirment la capacité des produits tunisiens à accéder aux marchés extérieurs, générant des entrées en devises et une reconnaissance progressive de leur qualité.
2025 : un programme de promotion mené à son terme
Au total, 68 actions promotionnelles ont été réalisées :
- 25 participations à des foires et salons à l’étranger
- 43 autres opérations, incluant des missions commerciales, des missions exploratoires et l’accueil en Tunisie de délégations d’importateurs étrangers pour des rencontres B2B et des visites de terrain.
Le Centre a également pris part à l’Exposition universelle d’Osaka au Japon, organisée sur une durée de six mois. L’ensemble du programme 2025 a été exécuté intégralement, malgré des contraintes budgétaires strictes, grâce à l’engagement du personnel.
2026 : stabilité des actions et accent renforcé sur l’huile d’olive
Pour 2026, le volume global des activités promotionnelles sera maintenu à un niveau proche de celui de 2025. Le programme a été élaboré en concertation avec l’ensemble des acteurs du dispositif national d’exportation, à travers une série de réunions tenues en septembre et octobre, avant validation au sein de l’équipe « Tunisie Export », sous la supervision du ministre du Commerce.
Au total, 65 actions promotionnelles sont programmées :
- 31 participations à des salons et foires internationales, contre 25 en 2025
- 34 autres opérations promotionnelles
Par ailleurs, des Journées tunisiennes africaines seront organisées afin de renforcer l’orientation stratégique vers les marchés d’Afrique subsaharienne, où les exportations tunisiennes restent encore faibles. Trente pays africains seront ciblés et 130 importateurs étrangers seront invités en Tunisie pour des rencontres avec les entreprises locales, en fin d’année 2026.
À noter que 43 % des exportations tunisiennes vers l’Afrique subsaharienne sont réalisées dans des pays disposant de représentations commerciales tunisiennes, soulignant l’importance de ces structures.
L’huile d’olive, priorité stratégique en 2026
Un accent particulier sera mis sur l’huile d’olive tunisienne. Après 25 actions promotionnelles menées en 2025, le programme 2026 prévoit trente opérations dédiées à ce produit phare, incluant salons spécialisés, missions commerciales, accueil d’importateurs et actions de communication à l’étranger.
La Tunisie maintiendra également sa présence dans les grands rendez-vous internationaux, notamment :
- le salon Gulfood à Dubaï, avec une superficie de 510 m² et la participation de 48 entreprises, dont treize spécialisées dans l’huile d’olive ;
- le SIAL Paris, avec deux pavillons distincts dédiés aux dattes et aux produits alimentaires, y compris l’huile d’olive, sur une superficie totale de 991 m², agrémentée d’espaces de dégustation.
À travers ce programme, le Cepex entend consolider les marchés traditionnels tout en ouvrant de nouveaux débouchés, en particulier sur le continent africain.
M.B.Z











Commentaire
HatemC
L’illusion Des Grands Chiffres
Le « piège » du Dinar
L’article annonce fièrement 136 milliards de dinars d’échanges.
Si l’on convertit ces chiffres la réalité est brutale :
Exportations : 57,9 mds TND \17 milliards d’euros.
Importations : 78 mds TND \23 milliards d’euros.
Pour un pays de 12 millions d’habitants, 17 milliards d’euros d’exportations annuelles est un chiffre extrêmement faible.
À titre de comparaison, des entreprises technologiques européennes moyennes ou de petites nations comme la Slovaquie (5 millions d’habitants) exportent pour près de 100 milliards d’euros ( une petite recherche suffit )
Un Déficit de 20,1 milliards de dinars (environ 6 milliards d’euros).
Le taux de couverture (Export/Import) est d’environ 74 %.
Cela signifie que la Tunisie ne paie que les trois quarts de ce qu’elle consomme à l’international par son travail.
Le reste est comblé par la dette ou les transferts des Tunisiens à l’étranger, ce qui n’est pas une stratégie de croissance durable.
L’Article Erige l’Huile d’Olive En « Priorité Stratégique ».
C’est un aveu de faiblesse.
Compter sur un produit agricole soumis aux aléas climatiques (sécheresse) pour sauver la balance commerciale est risqué.
De plus, l’huile tunisienne est encore trop souvent exportée en vrac (basse valeur) pour être embouteillée en Italie ou en Espagne, plutôt qu’en produit fini conditionné en Tunisie qui générerait de vraies marges.
Les montants en devises sont insuffisants pour moderniser le pays.
Trop de sous-traitance, pas assez de produits propres.
Un enfermement sur le marché européen qui stagne.
Derrière les discours officiels, les chiffres révèlent un pays qui ne s’est pas réinventé depuis les années 1970-80.
Près de la moitié des exportations industrielles sont des câbles et des composants électriques.
On importe tout le savoir-faire et les matériaux, on utilise la main-d’œuvre locale pour l’assemblage manuel, et on réexporte.
La Tunisie encaisse des miettes (les salaires bas) tandis que les profits et la technologie restent en Europe.
Vendre 70 % de sa production à seulement cinq pays (dont 3 en crise de croissance : France, Italie, Allemagne) est un suicide économique à long terme.
Tant que la Tunisie ne sera pas capable de vendre massivement en Asie, en Amérique ou réellement en Afrique, elle restera une « périphérie » de l’Europe, subissant ses règles sans pouvoir négocier …. HC