Le ministre du Commerce, Samir Abid, a présidé, dans la soirée de vendredi, une réunion consacrée au suivi du déroulement de la saison de l’huile d’olive 2026, a annoncé le département dans un communiqué diffusé dans la soirée de samedi 10 janvier 2026.
Le ministre a, à l’occasion, insisté sur la nécessité de garantir une valorisation optimale de l’huile d’olive tunisienne sur les marchés internationaux, appelant à accélérer le rythme des exportations, à élargir la base exportatrice et à améliorer la commercialisation du produit, tant sur le marché intérieur qu’à l’étranger.
Samir Abid a également réaffirmé la volonté de l’État de travailler de manière concertée avec l’ensemble des acteurs du secteur, afin d’assurer la réussite de la saison. Il a assuré que les pouvoirs publics demeuraient mobilisés pour lever les difficultés à chaque étape de la chaîne, en intervenant au moment opportun et en apportant le soutien nécessaire, en particulier aux petits agriculteurs, transformateurs et exportateurs.
Selon le même communiqué, les opérations de récolte, de stockage, de transformation et d’exportation se déroulent dans des conditions jugées normales. Entre le 1er septembre et le 31 décembre 2025, les exportations ont atteint environ 108.000 tonnes d’huile d’olive, dont 50.000 tonnes pour le seul mois de décembre. Les opérations d’exportation dans le cadre du quota accordé par l’Union européenne ont par ailleurs démarré dès le mois de janvier 2026.
Présent à cette réunion, le directeur général du Centre de promotion des exportations (CEPEX), Mourad Ben Hassine, a, lui, annoncé la programmation de 30 actions promotionnelles dédiées à l’huile d’olive au cours des premiers mois de l’année, incluant des missions d’exploration de nouveaux marchés, dans l’objectif de renforcer le positionnement de l’huile d’olive tunisienne à l’international.
Les dernières statistiques présentées font état, pour la période allant du 1er septembre au 31 décembre 2025, d’exportations de 94.000 tonnes d’huile d’olive en vrac, pour une valeur globale d’environ 1.139 millions de dinars, et de 14.000 tonnes d’huile conditionnée, représentant une valeur de près de 240 millions de dinars.
Cette communication officielle intervient dans un climat de vive controverse au sein de la filière due, entre autres, à la fixation d’un prix de référence de l’huile d’olive extra vierge au niveau des huileries à 10,200 dinars le kilogramme, une décision ministérielle qui continue de susciter de fortes réactions parmi les agriculteurs, les huileries et les exportateurs.
En décembre dernier, le président du Syndicat des agriculteurs tunisiens, Dhaoui Midani, avait dénoncé une mesure qu’il juge « improvisée et non étudiée », estimant qu’elle menace l’équilibre économique d’un secteur pourtant vital pour l’économie nationale. Il a rappelé que l’huile d’olive tunisienne bénéficie d’une reconnaissance internationale, tant pour sa qualité que pour son caractère largement biologique, près de 80 % de la production étant certifiée bio.
Selon lui, la fixation administrative des prix ne saurait constituer une réponse durable aux défis structurels de la filière, exprimant le malaise d’un secteur qui estime supporter seul le poids de la régulation au nom de la préservation du pouvoir d’achat.
Dans le même sens, le conseiller économique du président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap), Fathi Ben Khalifa, a livré une analyse critique de la filière oléicole, mettant en lumière ses fragilités structurelles et ses paradoxes économiques.
Très réservé quant à la fixation administrative des prix, il a estimé que cette approche ne saurait ni protéger durablement le petit agriculteur ni assurer la stabilité du secteur. Il a dénoncé les déséquilibres subis par les huileries, considérées comme le maillon le plus fragilisé de la chaîne, appelant à l’instauration d’un prix plancher équitable pour l’ensemble des intervenants.
N.J











Commentaire
HatemC
Le ministère parle, la Tunisie brade
Ce communiqué du ministère du Commerce est une caricature de politique économique.
Des mots, des chiffres, des réunions… et strictement aucune stratégie.
“Intensifier les exportations”, “conquérir de nouveaux marchés”, “valoriser le produit”.
Ces phrases, on pourrait les recycler mot pour mot depuis les années 1990. Rien n’a changé, sauf le niveau de lassitude.
La réalité est pourtant humiliante :
La Tunisie exporte son huile d’olive comme une colonie agricole, en vrac, sans marque, sans pouvoir de négociation.
94 000 tonnes en vrac contre 14 000 tonnes conditionnées : ce n’est pas une performance, c’est un aveu d’échec industriel.
Pendant que d’autres bâtissent des labels, des appellations, des marques mondiales,
la Tunisie se contente d’être un fournisseur invisible, content de vendre des volumes et fier de statistiques creuses.
Le plus absurde ?
80 % de l’huile tunisienne est biologique.
Un avantage stratégique mondial.
Mais faute de label national, de stratégie marketing, de politique industrielle, ce trésor est abandonné aux conditionneurs étrangers qui captent l’essentiel de la valeur.
Et ce qui est lassant, ce n’est même plus l’échec… c’est la répétition du vide.
Les mêmes ministres,
les mêmes communiqués,
les mêmes verbes creux : accélérer, renforcer, valoriser, conquérir.
Toujours aucun outil, aucune décision, aucun cap …. ils nous donnent mal au crâne ces ronds de cuirs inutiles …VRAIMENT DES INUTILES….HC