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Entre arrestations et black-out, l’Iran durcit le ton et met en garde les États-Unis

Par Raouf Ben Hédi

La tension est montée d’un cran entre l’Iran et les États-Unis, alors que Téhéran fait face à une vague de protestations sans précédent depuis plusieurs années. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que toute attaque militaire américaine entraînerait une riposte directe.

S’exprimant à la télévision d’État, il a affirmé que les forces armées iraniennes considèreraient comme des cibles légitimes les installations militaires et navales américaines, ainsi que les territoires occupés. Une déclaration qui inclut implicitement Israël, entité que la République islamique ne reconnaît pas et qu’elle assimile à un territoire palestinien sous occupation.

Vague d’arrestations annoncée par la police

Sur le plan intérieur, les autorités iraniennes ont annoncé une intensification de la répression contre le mouvement de contestation qui secoue le pays depuis près de deux semaines. Le chef de la police nationale, Ahmad Reza Radan, a indiqué dimanche 11 janvier 2026 que d’« importantes arrestations » avaient été menées dans la nuit de samedi à dimanche.

Selon lui, plusieurs figures centrales des manifestations ont été interpellées et seront poursuivies conformément aux procédures judiciaires en vigueur. Aucun chiffre précis ni identité n’ont toutefois été communiqués.

Parallèlement, Reza Pahlavi, fils du dernier chah renversé par la révolution islamique de 1979, a intensifié ses prises de parole en faveur d’une mobilisation contre le régime en place. Installé aux États-Unis depuis son exil, il appelle régulièrement les Iraniens à descendre dans la rue. Son nom est désormais repris dans plusieurs rassemblements, et il tend à s’imposer comme une figure politique de référence pour une partie de la contestation.

Donald Trump ravive les menaces

Ces annonces interviennent dans un contexte de surenchère verbale du côté américain. Samedi, le président Donald Trump a publié un message sur son réseau Truth Social affirmant que les Iraniens aspiraient à la liberté « comme jamais auparavant » et que les États-Unis étaient prêts à leur venir en aide.

La veille, il avait déjà mis en garde Téhéran contre toute escalade, déclarant que toute initiative militaire iranienne entraînerait une réponse immédiate de Washington. Il a également exprimé sa « préoccupation » pour la sécurité des manifestants, tout en rappelant le caractère « extrêmement dangereux » de la situation.

Pour rappel, les États-Unis avaient mené, en juin 2025, des frappes contre des installations nucléaires iraniennes, s’associant à Israël dans un conflit bref mais intense avec Téhéran.

Selon le Wall Street Journal, l’administration américaine étudie actuellement plusieurs options militaires afin de donner suite aux menaces présidentielles. Des responsables cités par le quotidien évoquent différents scénarios, dont des frappes ciblant des sites militaires iraniens, sans qu’un consensus clair n’ait encore émergé au sein de l’exécutif.

Glissement sémantique et durcissement de la répression

En Iran, le discours officiel a sensiblement évolué. Dans un premier temps, les autorités distinguaient les manifestants exprimant un mécontentement économique légitime des « émeutiers ». Depuis vendredi 9 janvier, cette distinction a disparu. Les médias d’État et les responsables politiques et judiciaires qualifient désormais les protestataires d’« agents terroristes » agissant pour le compte des États-Unis et d’Israël.

Ce changement de ton, survenu après de vastes rassemblements jeudi, laisse présager une répression accrue. D’après l’organisation Human Rights Activists in Iran, basée aux États-Unis et considérée comme fiable par l’agence Associated Press, au moins 116 manifestants auraient été tués et près de 2 600 arrêtés depuis le début du mouvement.

La vérification indépendante des informations reste cependant difficile en raison d’un quasi black-out numérique. Les autorités ont coupé l’accès à Internet dans la nuit de jeudi à vendredi.

Le pouvoir affiche sa ligne rouge

Les Gardiens de la révolution ont, de leur côté, adopté une position inflexible, qualifiant les manifestants de terroristes et affirmant que la préservation du régime et des acquis de la révolution islamique constituait une « ligne rouge ».

Vendredi matin, le Guide suprême Ali Khamenei s’est adressé à ses partisans, assurant que la République islamique ne céderait pas face à ce qu’il a qualifié de tentatives de destruction. Il a accusé une « poignée de vandales » d’avoir saccagé des biens publics afin de satisfaire le président américain, faisant référence aux menaces répétées de Donald Trump de bombarder l’Iran en cas de poursuite de la répression.

Depuis le mois de décembre, l’Iran est confronté aux manifestations les plus importantes observées depuis trois ans, dans un contexte de flambée des prix, de dégradation du pouvoir d’achat et de profonde exaspération sociale.

R.B.H

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7 commentaires

  1. le financier

    11 janvier 2026 | 18h10

    Tous les sionistes sont de sortis dans les commentaires , mais ne vous inquietez pas l iran est fort et ce n est pas la premiere fois qu une emeute genre los angeles 1992 a lieu en iran venant de la cia et du mossad . Ce mois sera peut etre fatal a KS au vue des penuries sur les medicaments , je vous avez deja prevenu sur le mois de janvier 2026 wait and c

    • Larry

      11 janvier 2026 | 18h50

      Pour le mythomane du bled….
      (l’homme aux millions de dinars)

      Je vais te faire un petit rappel de l’histoire…
      Depuis Cyrus le Grand…. jusqu’au Shah et jusqu’à 1979 avant l’arrivée de tes copains barbus…..
      L’Iran avait toujours eu de bons rapports et une très bonne normalisation avec les juifs, L’Israël et les sionnistes ….
      Retourne te coucher dans ton panier !…
      (on t’entendra moins aboyer contre ceux que tu appelles les sionistes)

  2. Vladimir Guez

    11 janvier 2026 | 16h38

    Tic tac , tic tac , tic tac..
    J’en connais un qui prépare déjà ses valises pour Alger. L’hyperinfalation et l’effondrement de la monnaie sont aux portes de ceux qui font tourner la planche a billets pour embaucher toujours plus de fonctionnaires et acheter la paix sociale.

  3. Larry

    11 janvier 2026 | 16h18

    Plus de 200 morts… les gardiens de la révolution tirent à vue sur les manifestants.
    + de 1000 personnes arrêtés.
    (certainement vite jugés et vite exécutés)
    Des manifestants qui ne veulent plus de la dictature religieuse des barbus.
    Il est temps que ce régime des Mollahs tombe au plus vite, avec ou sans l’aide des américains…

    Et pour infos, ce régime corrompu, c’est 20% du traffic de cocaïne au monde.
    C’est beau pour des religieux !!!….

    Des utopistes qui comptent en plus faire tomber D. Trump et détruire les USA…. trop drôle ces guignols…

  4. Gg

    11 janvier 2026 | 13h47

    Ce n’est pas l’Iran qui durcit le ton, c’est la mollarchie.
    Le peuple espère de l’aide et voir tomber ce régime infâme.

  5. Hannibal

    11 janvier 2026 | 11h27

    Un pouvoir qui tue plusieurs centaines de ses concitoyens qui manifestent pour leurs droits à la liberté est un pouvoir criminel. Le soit disant guide suprême est un chef de gang qui utilise la religion et la souveraineté nationale comme prétextes pour maintenir son gang de sanguinaires et de racketeurs.
    Sa fin est proche …

  6. HatemC

    11 janvier 2026 | 11h20

    Merci BN pour ce fou rire.
    L’Iran qui “met en garde” les États-Unis ? Sérieusement ?
    Trois sanctions de plus, deux frappes ciblées, une pression sur le pétrole… et les mollards rentreront dans le rang en serrant les dents.

    Un régime qui coupe Internet à son propre peuple, arrête à tour de bras et survit sous perfusion chinoise et russe n’est pas en position de mettre en garde qui que ce soit.

    Ce n’est pas un avertissement, c’est de la gesticulation pour la galerie intérieure.
    Appelons les choses par leur nom : un black-out interne n’a jamais fait une puissance mondiale. …HC