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Paralysie du Parlement : Mohamed Ali dénonce un « blocage volontaire »

Par Sarra Hlaoui

La contestation gagne les rangs de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Dans une publication virulente diffusée sur Facebook, samedi 10 janvier 2026,  le député Mohamed Ali a dénoncé ce qu’il qualifie de « paralysie délibérée » du Parlement, accusant la présidence de l’Assemblée de vider l’institution de son rôle législatif et de sa mission de contrôle.

Rappelant que la dernière séance plénière consacrée à l’élection des membres des commissions s’est tenue le 25 décembre 2024, l’élu s’interroge sur l’absence de toute séance ultérieure destinée à compléter les structures du Parlement. Une situation qu’il juge incompréhensible, tant sur le plan juridique que politique, et qui, selon lui, ne peut être assimilée ni à un simple retard administratif ni à une erreur d’appréciation.

Un Parlement paralysé : le silence suspect

« Pas de séance, pas d’explication, pas de clarification », déplore le député, évoquant un silence qu’il qualifie de « lourd et suspect ». À ses yeux, laisser le Parlement sans commissions pleinement opérationnelles revient à organiser un affaiblissement volontaire de l’institution, en la privant de ses leviers essentiels de contrôle et d’initiative législative.

Le député fustige également ce qu’il considère comme une tentative de diversion, à travers la mise en avant des groupes d’amitié parlementaire, alors que les commissions permanentes restent incomplètes et que les séances plénières se font rares. Une hiérarchisation des priorités qu’il juge fallacieuse et destinée à masquer un dysfonctionnement structurel plus profond.

Dans sa charge, Mohamed Ali met directement en cause le président de l’Assemblée, Brahim Bouderbala, estimant que celui-ci porte l’entière responsabilité politique et morale de la situation actuelle. Il dénonce un discours sur une supposée « révolution législative » en totale contradiction, selon lui, avec des pratiques marquées par le silence, la centralisation et la marginalisation du Parlement.

Députés en révolte : accusations et motions de retrait au cœur de l’ARP

Cette sortie intervient dans un contexte de tensions persistantes au sein de l’ARP, marqué depuis plusieurs mois par une vague de démissions au sein du Bureau de l’Assemblée et par des accusations répétées de violations du règlement intérieur. Le député Malik Kammoun avait ainsi révélé, le 19 novembre 2025, que plusieurs membres du Bureau avaient décidé de démissionner après des mois de blocage institutionnel et de rupture de communication, dénonçant une gestion jugée unilatérale des affaires parlementaires.

C’est également dans ce climat qu’a émergé une motion de retrait de confiance visant le président de l’Assemblée, Brahim Bouderbala. Cette motion avait déjà réuni le nombre requis de signatures et était finalisée, son dépôt ayant toutefois été reporté à l’issue des débats sur le projet de Loi de finances 2026, afin d’éviter toute perturbation du processus budgétaire.

Quelques semaines auparavant, le député Mohamed Amine Ouerghi avait lui aussi pointé du doigt des atteintes répétées au règlement intérieur et une concentration excessive du pouvoir décisionnel. Deux membres de son bloc, Nizar Seddik et Abdelaziz Chaâbane, avaient alors annoncé leur démission du Bureau de l’Assemblée, alimentant davantage le malaise institutionnel.

Dans ce contexte, la publication de Mohamed Ali apparaît comme un nouvel avertissement lancé de l’intérieur même du Parlement. « Les députés doivent choisir », tranche-t-il, entre l’exercice effectif de leur mandat et la responsabilité historique d’un silence assimilé, selon ses termes, à une forme de renoncement. Une mise en garde qui illustre l’ampleur de la crise que traverse aujourd’hui l’institution parlementaire.

S.H

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