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Pénurie d’antalgiques : les médecins alertent sur la souffrance des patients atteints de cancer

Par Sarra Hlaoui

L’alerte revient avec insistance. Des médecins tunisiens tirent de nouveau la sonnette d’alarme face à la pénurie persistante de médicaments antidouleur essentiels, notamment ceux destinés aux patients atteints de cancer en soins palliatifs. Une situation jugée intenable, tant sur le plan médical qu’éthique, et qui plonge de nombreux malades dans une souffrance extrême.

Dans une publication largement relayée sur les réseaux sociaux, le médecin Aymen Bettaieb décrit, sans détour, la réalité quotidienne de certains patients cancéreux : des douleurs continues, insupportables, qui ne laissent aucun répit, au point que certains en viennent à considérer la mort comme un soulagement face à l’agonie. Il pointe directement la rupture de médicaments opioïdes, notamment le Moscontin (morphine à libération prolongée), indisponible dans les pharmacies depuis plusieurs mois.

« Depuis le mois de novembre, nous, médecins, alertons sur tous les fronts », écrit-il, dénonçant une situation inchangée malgré les appels répétés. Pour lui, priver un patient en phase avancée de cancer de traitements capables d’atténuer la douleur revient à le condamner à vivre ses derniers jours dans la torture. « C’est un crime », tranche-t-il.

Cette détresse a également été exprimée sur les ondes de Diwan FM, dimanche 11 janvier 2026 par le Dr Mohamed Gabsi, qui a évoqué, dimanche 11 janvier 2026, la souffrance des malades face au silence du ministère de la Santé. Selon lui, la pénurie de médicaments contre la douleur cancéreuse dure depuis des mois et concerne en particulier les formes orales de morphine, indispensables dans la prise en charge des douleurs sévères.

Le médecin explique que si certaines alternatives existent, elles sont loin d’être satisfaisantes. « La douleur n’attend pas », insiste-t-il, rappelant que les patients en viennent à hurler de douleur, comme en témoignent de nombreux récits publiés par leurs proches sur les réseaux sociaux. En l’absence de comprimés de morphine, les soignants sont contraints de recourir à des injections, parfois jusqu’à six ou huit fois par jour, une solution lourde, pénible et médicalement peu adaptée à un traitement de fond.

Dr Mohamed Gabsi souligne également que la pénurie ne se limite pas aux antidouleurs. Des médicaments relevant de l’immunothérapie, pourtant disponibles à l’étranger et porteurs d’espoir pour certains patients, restent inaccessibles en Tunisie, souvent en raison de refus de prise en charge par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). Une situation qui affecte aussi bien les patients en phase avancée que ceux pour lesquels des options thérapeutiques existent encore.

Pour les médecins, l’impact est double : une dégradation de la qualité de vie des patients et un profond malaise au sein du corps médical, contraint d’improviser des solutions palliatives insuffisantes. « Chaque prescription devient un casse-tête », résume le Dr Ghabsi, expliquant que les médecins doivent quotidiennement vérifier ce qui est réellement disponible avant de décider quoi administrer.

Face à cette crise, les praticiens appellent les autorités sanitaires, la Pharmacie centrale et les instances concernées à intervenir en urgence, afin de garantir l’accès continu aux médicaments antidouleur essentiels. Car au-delà des chiffres et des procédures, rappellent-ils, il s’agit avant tout de dignité humaine : celle de patients qui ne devraient jamais être laissés seuls face à la douleur.

S.H

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