Une semaine après le kidnapping spectaculaire du président vénézuélien Nicolás Maduro, exfiltré vers les États-Unis pour y être jugé pour des accusations de « narcoterrorisme », le président américain Donald Trump a ouvert un nouveau front politique et diplomatique, cette fois contre Cuba.
Dans un message publié dimanche 11 janvier 2026 sur son réseau Truth Social, Trump s’est attaqué frontalement à La Havane, accusée d’avoir longtemps vécu grâce au pétrole et à l’argent vénézuéliens, en échange de « services de sécurité » fournis aux dirigeants de Caracas. Une relation que le président américain affirme désormais révolue.
« Cuba a vécu pendant de nombreuses années grâce à de grandes quantités de pétrole et d’argent en provenance du Venezuela. […] IL N’Y AURA PLUS DE PÉTROLE NI D’ARGENT POUR CUBA – ZÉRO ! Je suggère fortement qu’ils concluent un accord, AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD », a écrit Donald Trump.
Ultimatum à La Havane et démonstration de force américaine
Dans son message, Trump affirme que la présence cubaine au Venezuela appartient au passé, allant jusqu’à déclarer que « la plupart de ces Cubains sont morts lors de l’attaque américaine de la semaine dernière ». Il ajoute que le Venezuela n’a désormais plus besoin de protection, puisque les États-Unis — qu’il qualifie de « force militaire la plus puissante du monde, de loin » — assureraient dorénavant la sécurité du pays.
Ces déclarations s’inscrivent dans la continuité de propos tenus par Trump ces derniers jours, au cours desquels il a affirmé que son administration dirigerait désormais le Venezuela et mettrait la main sur ses ressources énergétiques, alors que le pays dispose des premières réserves mondiales de pétrole. Une rhétorique qui marque une rupture nette avec le discours diplomatique classique et alimente les accusations d’ingérence et de néo-impérialisme.

Marco Rubio « président de Cuba »
Dans le même temps, Donald Trump a repartagé une ancienne publication affirmant que son secrétaire d’État, Marco Rubio, serait « le prochain président de Cuba », accompagnant ce repost d’un commentaire lapidaire : « Sounds good to me! » (« Ça me va »).
Si la formule est lancée avec une pointe d’humour, elle prend une dimension particulière au regard du profil de Marco Rubio. D’origine cubaine, ce dernier est né à Miami de parents ayant immigré aux États-Unis en 1956, avant l’arrivée de Fidel Castro au pouvoir, pour fuir la pauvreté. Il a grandi au sein de la communauté cubano-américaine de Floride, un environnement qui a profondément influencé son parcours politique et sa vision de la politique étrangère américaine.
Tout au long de sa carrière, Marco Rubio a fait de Cuba l’un de ses principaux combats idéologiques, appelant à un changement de régime à La Havane, une ambition qu’il a souvent évoquée publiquement. Son ascension au poste de secrétaire d’État, combinée aux déclarations de Trump, alimente les craintes d’un durcissement inédit de la politique américaine envers l’île, bien au-delà des sanctions économiques traditionnelles.
Une recomposition brutale des rapports de force régionaux
La séquence actuelle marque un tournant majeur en Amérique latine. Après l’opération contre le pouvoir vénézuélien, la pression exercée sur Cuba apparaît comme une extension logique de la stratégie américaine, visant les alliés historiques de Caracas et redessinant brutalement les équilibres régionaux.
À La Havane, les autorités ont dénoncé des propos « agressifs » et une ingérence flagrante dans les affaires souveraines des États. Plusieurs pays et organisations internationales ont également exprimé leurs inquiétudes face à une escalade qui mêle menaces militaires, pression économique et discours de domination assumée.
Reste à savoir jusqu’où Donald Trump est prêt à aller. En attendant, son message est clair : après le Venezuela, Cuba est désormais dans le viseur.
R.B.H











3 commentaires
HatemC
Historiquement Votre – 2 –
Origine du drapeau Cubain
Le drapeau cubain ne s’inspire pas directement de celui des États-Unis par simple imitation, mais il partage une origine idéologique commune.
Le drapeau cubain, surnommé La Estrella Solitaria (l’Étoile Solitaire), a été conçu en 1849 par Narciso Lopez, un général vénézuélien vivant en exil à New York.
Il n’a pas été créé à Cuba, mais aux États-Unis, par des exilés qui souhaitaient libérer l’île de la domination espagnole.
À cette époque, de nombreux exilés cubains souhaitaient même que Cuba soit annexée aux États-Unis (le mouvement annexionniste), ce qui explique la proximité esthétique.
Si on regarde les deux drapeaux, les éléments sont en effet très proches, mais leur disposition diffère
Il est fascinant de noter que Fidel Castro, malgré son anti-américanisme viscéral, a conservé ce drapeau créé aux États-Unis par un général qui voulait initialement que Cuba devienne un État américain.
C’est là que l’on retrouve l’idée de « castration » ou de destin contrarié …. le drapeau même de Cuba porte en lui l’ADN de cette relation complexe, passionnelle et parfois violente avec le voisin américain …
Il est intéressant de noter que Lopez espérait qu’une fois Cuba libérée de l’Espagne, l’étoile du drapeau cubain viendrait s’ajouter aux autres étoiles sur le drapeau des États-Unis.
Le triangle rouge aurait alors disparu pour se fondre dans le bleu américain.
L’histoire en a décidé autrement, l’étoile est restée « solitaire », et le triangle rouge est devenu le symbole d’une résistance acharnée, d’abord contre l’Espagne, puis contre l’influence de Washington …
Castro a « castré » l’île de ses forces vives, mais ces forces n’ont pas disparu …. elles ont simplement traversé 150 km de mer pour construire l’une des villes les plus riches du monde (Miami).
L’histoire nous montre que le capital humain est plus puissant que le pétrole.
Le jour où Cuba et le Venezuela se « libéreront » de leurs systèmes actuels, leur plus grande chance ne sera pas leurs ressources souterraines, mais le retour (physique ou financier) de leur diaspora.
Le « capital humain » cubain de Floride, combiné au « capital humain » vénézuélien exilé (très présent dans le secteur pétrolier aux USA), possède les clés pour reconstruire ces pays en UNE GENERATION.
C’est sans doute ce que Marco Rubio et Donald Trump ont en tête … transformer la force de l’exil en un levier de reconstruction massive … HC
HatemC
Historiquement Vôtre
On ne peut pas comprendre le Miami d’aujourd’hui sans l’apport massif des exilés cubains
Contrairement à d’autres vagues migratoires, les premiers exilés de 1959 (la « Génération Dorée ») étaient issus de l’élite intellectuelle et entrepreneuriale – médecins, banquiers, avocats et propriétaires terriens –
Beaucoup sont arrivés dépouillés par les nationalisations de Castro.
Mais ils ont apporté leur savoir-faire.
Des propriétaires de raffineries de sucre sont devenus pompistes, avant de remonter des empires financiers en quelques décennies.
Les Cubains ont créé un écosystème où ils se prêtaient de l’argent entre eux, s’embauchaient et consommaient cubain.
Cela a permis une accumulation de richesse interne très rapide, indépendante du reste de l’économie américaine.
On peut aisément dire que Castro à castrer son pays des industriels qui auraient pu faire de cette ile un paradis … Castro, par idéologie, a choisi de se passer de ses moteurs économiques, illustre parfaitement cette réalité historique ,en expulsant sa classe entrepreneuriale, Cuba s’est amputée de son propre potentiel de développement.
Avant les années 60, Miami était une ville touristique saisonnière, un peu assoupie.
Les Cubains fraichement arrivées en ont fait une métropole mondiale.
Les banquiers cubains en exil ont utilisé leurs réseaux dans toute l’Amérique latine pour attirer les capitaux du Venezuela, de Colombie ou du Mexique vers Miami.
Des figures comme Jorge Pérez (souvent surnommé le « Trump des Tropiques ») ont littéralement dessiné la skyline de Miami.
Sa fortune et celle de ses pairs ont financé les gratte-ciel que nous voyons aujourd’hui.
IMPORTANT …. En imposant l’espagnol comme langue d’affaires, ils ont forcé les multinationales américaines à installer leur siège pour l’Amérique latine à Miami…. devenue un HUBB rayonnant …
Plusieurs grandes fortunes de Floride illustrent cette « impulsion » :
– Jorge Mas Canosa : Arrivé sans rien, il a fondé MasTec, devenue l’une des plus grandes entreprises de construction d’infrastructures aux USA (plusieurs milliards de dollars de chiffre d’affaires).
– Felipe Valls : Fondateur du célèbre restaurant Versailles, il a créé un empire de la restauration qui est devenu le centre névralgique de la vie politique et sociale de la ville.
Si la diaspora cubaine a apporté le génie entrepreneurial, l’argent de la cocaïne a apporté le kérosène financier qui a fait exploser la ville dans les années 70 et 80.
Le film Scarface (1983) de Brian De Palma, bien qu’étant une fiction, est en réalité un documentaire à peine déguisé sur cette époque charnière.
Comme dans le film avec Tony Montana, tout commence avec l’exode de Mariel.
Fidel Castro autorise 125 000 Cubains à partir, mais il en profite pour vider ses prisons et ses hôpitaux psychiatriques.
En expulsant 125 000 personnes, dont des détenus de droit commun, Fidel Castro a involontairement fourni la main-d’œuvre nécessaire aux cartels colombiens.
Une minorité de ces arrivants va devenir la « main-d’œuvre » des cartels colombiens qui cherchaient une porte d’entrée aux États-Unis.
À la fin des années 70, l’argent de la drogue coulait de manière si abondante que l’économie de Miami ne pouvait plus l’absorber légalement.
Les milliards des cartels (souvent blanchis par des intermédiaires cubains et floridiens) ont financé la construction des immenses tours de verre de Brickell Avenue.
À l’époque, on disait que si l’on arrêtait le trafic de drogue, le secteur de la construction à Miami s’effondrerait en 24 heures.
Il faut toutefois bien distinguer deux réalités :
– Les bâtisseurs : La majorité de la diaspora cubaine travaillait dur et honnêtement. Ce sont eux qui ont créé les structures commerciales, politiques et sociales.
– Les facilitateurs : Une élite plus restreinte a profité de sa position bilingue et de sa connaissance des réseaux bancaires pour devenir le pont entre les producteurs de drogue sud-américains et le marché US.
Alors qu’à Miami le propriétaire de raffinerie redevenait empereur financier, à La Havane, le chirurgien ou l’ingénieur en était réduit à conduire un taxi pour obtenir les pourboires en dollars des touristes.
Une véritable « castration » de la dignité professionnelle.
Cuba n’est pas un pays pauvre, c’est un pays riche qui a été rendu pauvre par le départ de ses forces vives. Si l’île avait conservé ses industriels tout en bénéficiant de réformes sociales, elle serait probablement aujourd’hui la « Suisse des Caraïbes » ou un Singapour latino-américain…. C’est ma position … HC
HatemC
Dans la vision de l’administration Trump, l’impulsion ne vient pas nécessairement d’une invasion, mais d’une asphyxie terminale.
En coupant le robinet vénézuélien (suite à l’opération contre Maduro), les États-Unis placent Cuba devant un gouffre énergétique.
Sans électricité ni transports, le régime perd sa capacité à administrer le pays.
Trump semble parier sur le fait que « Cuba est prête à tomber » d’elle-même. L’idée est que la privation extrême poussera la population (et peut-être une partie de l’armée) à se retourner contre le successeur de Raul Castro, Miguel Díaz-Canel.
Rubio dispose de réseaux profonds dans la diaspora de Miami qui pourraient, en théorie, injecter des capitaux important et une expertise technique immédiatement après une chute du régime.
En plus d’une levée de l’embargo suite à un changement de régime provoquerait une onde de choc positive (investissements touristiques, télécoms, agriculture), transformant potentiellement l’île en un hub économique régional …
@ suivre une observation historique, et le saviez vous » Dans les années 70, on disait que « le capitalisme a mieux réussi aux Cubains à Miami qu’à n’importe quel autre groupe immigré dans l’histoire des États-Unis »