Invité sur les ondes d’Express FM lundi 12 janvier 2026, le député Issam Jebri est revenu avec gravité sur la crise environnementale chronique qui affecte la région de Gabès, affirmant sans détour que le dossier a désormais quitté le seul champ technique pour relever pleinement de la décision politique.
« La décision finale sera politique, comme elle l’a été en 1972 », a-t-il rappelé, faisant référence à l’implantation initiale du complexe chimique dans la région, qu’il qualifie aujourd’hui d’« erreur stratégique de l’État », lourde de conséquences humaines et environnementales.
Selon l’élu, l’histoire ne peut se répéter. Cette fois, le dossier se trouve entre les mains du président de la République, seul à même de trancher un choix engageant l’avenir de toute une région, voire du pays. « Nous attendons cette décision », a-t-il déclaré, exprimant sa confiance dans un arbitrage qui devrait, selon lui, s’aligner sur l’intérêt général et les droits fondamentaux des citoyens.
Le député a par ailleurs souligné que le processus judiciaire engagé autour de la pollution industrielle à Gabès ne se substitue pas à l’action politique, mais vient au contraire appuyer et légitimer les revendications des habitants. Les procédures en cours constituent, à ses yeux, un levier supplémentaire pour faire reconnaître l’ampleur des dommages subis et la nécessité d’une solution radicale, durable et conforme aux standards environnementaux.
Sur le plan scientifique, l’élu a rappelé l’existence d’un comité d’experts chargé d’examiner le dossier dans ses dimensions sanitaires, environnementales et industrielles. Ce comité, composé de compétences nationales, est appelé à jouer un rôle central dans l’éclairage de la décision finale. Pour le député, les conclusions techniques ne laissent d’ores et déjà que peu de place à l’ambiguïté.
Il s’est montré particulièrement sévère à l’égard de ceux qui continuent de défendre l’option de la maintenance des installations existantes. Une telle orientation, a-t-il dénoncé, équivaut à une « dilapidation des deniers publics » et à un acharnement à faire perdurer une crise environnementale dont les effets sont désormais largement documentés. Les technologies actuellement en service, a-t-il rappelé, datent de 1972 : elles sont obsolètes, dépassées et techniquement périmées. « Elles ont expiré », a-t-il insisté, soulignant l’impossibilité de les soumettre indéfiniment à des opérations de maintenance sans aggraver les risques.
Pour l’élu, persister dans cette voie revient à repousser indéfiniment une solution pourtant inévitable : le démantèlement des unités polluantes et leur transfert hors des zones d’habitation, accompagné d’un nouveau modèle industriel fondé sur des technologies modernes et respectueuses de l’environnement.
Il a rappelé que des compétences nationales, notamment issues de la région de Gabès, avaient déjà alerté dès 2013 et 2014 sur les dangers majeurs que représentent ces installations pour la santé publique. Ces experts avaient alors recommandé un traitement immédiat de la situation, articulé à une solution stratégique à long terme.
À l’inverse, certains cercles techniques relevant du ministère de l’Énergie ou du complexe industriel continueraient, selon lui, de défendre une option de simple maintenance, jugée irréaliste et dangereuse.
Par ailleurs, l’argument avancé consistant à relancer la production de phosphates, notamment pour atteindre un seuil de deux millions de tonnes, relève, selon Issam Jebri d’une « grave confusion ». « Il est illusoire de prétendre augmenter la production avec des technologies obsolètes », a-t-il martelé, soulignant que toute ambition de redressement économique ou d’investissement national sérieux passe nécessairement par des choix structurels clairs.
Deux voies s’imposeraient dès lors. La première, jugée incontournable, consiste à faire sortir le complexe chimique de Gabès des zones urbaines. Pour le député, le maintien de ces unités industrielles au cœur des espaces habités constitue une atteinte directe et continue à la santé des populations. « La région ne peut plus accepter la violence environnementale qui lui est imposée », a-t-il insisté, évoquant une situation devenue intenable.
La seconde voie repose sur une transformation profonde du modèle industriel, à travers des investissements fondés sur des technologies avancées et des industries de transformation modernes, implantées sur des sites éloignés des zones résidentielles. Ce n’est qu’à cette condition, estime-t-il, que l’on pourrait concilier relance économique, sauvegarde de l’emploi et respect du droit des citoyens à un environnement sain.
N.J











2 commentaires
Gg
Comment un Président purement littéraire, qui de surcroît ne sait pas et ne veut pas s’entourer des compétences qui lui manquent, pourrait-il remédier à cette catastrophe?
C’est très mal barré, la catastrophe finale est de plus en plus inévitable…
HatemC
Où est passé l’ingénieur que le président avait fièrement présenté comme le “sauveur” de Gabès ?
Disparu.
Aucun rapport. Aucun plan. Aucun résultat.
Encore une annonce pour enfumer une population déjà intoxiquée … HC