Une hausse des prix de la viande blanche a été enregistrée récemment au niveau des abattoirs et des transformateurs, poussant le ministère du Commerce à fixer un prix plafond ne dépassant pas 7,400 dinars le kilogramme. Une décision qui suscite de vives réactions parmi les professionnels du secteur, notamment au sein de la Chambre nationale des abattoirs et des transformateurs de viandes.
Invité lundi 12 janvier 2026 sur les ondes de Diwan FM, le président de la Chambre, Fathi Gharib, a expliqué que cette augmentation des prix trouve son origine dans un léger recul de la production au cours de la période récente. Selon lui, ce recul est principalement lié à des perturbations sur les marchés internationaux, notamment en Europe et en Égypte, en raison de la propagation de maladies aviaires, dont la grippe aviaire, ayant affecté l’approvisionnement en reproducteurs et en œufs à couver.
Il a toutefois tenu à rassurer sur la situation sanitaire en Tunisie, affirmant que le pays reste à l’abri de ces maladies grâce à la vigilance des services vétérinaires relevant du ministère de l’Agriculture. Néanmoins, ce déséquilibre temporaire entre l’offre et la demande a contribué à une légère pression à la hausse sur les prix.
Fathi Gharib a souligné que, malgré cette augmentation, les prix actuels demeurent en deçà de leur coût réel de revient. Il a rappelé que, durant plusieurs mois, les abattoirs ont vendu le kilogramme de poulet à des prix compris entre 6 et 6,800 dinars, soit en dessous du coût de production, sans que le ministère du Commerce n’intervienne à l’époque. À ses yeux, la réaction actuelle des autorités apparaît tardive et déséquilibrée.
Une chaîne à réguler dans sa globalité
Selon lui, la hausse du prix du poulet vivant chez les éleveurs — passé d’environ 4,5 dinars à une fourchette comprise entre 5,800 et 6,200 dinars le kilogramme — a mécaniquement entraîné une augmentation du coût du poulet prêt à la consommation, qui dépasse les 8 dinars après l’abattage et les opérations de transformation. Malgré cela, les abattoirs affirment respecter le plafonnement imposé, en vendant le kilogramme entre 7,400 et 7,500 dinars.
Le président de la Chambre a estimé que cette mesure pénalise principalement les abattoirs, qu’il considère comme le maillon le plus fragile de la chaîne. Il appelle les autorités à adopter une approche globale prenant en compte l’ensemble des intervenants du secteur, à savoir les éleveurs, les abattoirs et les détaillants, afin de garantir une répartition équitable des marges et d’éviter que certaines parties ne supportent seules les pertes.
Fathi Gharib a également plaidé pour une révision des prix à la production, estimant que les éleveurs vendent actuellement le poulet vivant à des niveaux jugés excessifs. Il a appelé les ministères du Commerce et de l’Agriculture à intervenir à ce niveau, plutôt que de concentrer les mesures de régulation uniquement sur les abattoirs.
Enfin, tout en reconnaissant la nécessité de protéger le pouvoir d’achat du consommateur, l’intervenant a insisté sur l’importance de garantir des marges raisonnables à tous les acteurs de la filière. « Le poulet reste la viande la plus accessible comparée à la viande rouge ou au poisson », a-t-il rappelé, soulignant qu’un équilibre durable ne peut être atteint qu’à travers une régulation équitable de l’ensemble de la chaîne de production.
S.H










