La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a mis en garde, lundi 12 janvier 2026, contre ce qu’elle qualifie d’« effondrement accéléré et inquiétant » du système de santé publique, dénonçant une atteinte grave au droit constitutionnel à la santé et à la vie.
L’organisation estime que la crise actuelle ne relève plus de difficultés conjoncturelles, mais constitue le résultat d’un échec structurel des politiques publiques, dont l’État porte l’entière responsabilité. Elle rappelle que le droit à la santé est garanti par la Constitution, à travers l’article 37, ainsi que par plusieurs conventions internationales, notamment l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et l’article 12 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.
Sous-financement chronique et disparités régionales
Selon la LTDH, les hôpitaux publics souffrent depuis des années d’un sous-financement chronique, de la vétusté des infrastructures, d’un manque criant d’équipements et de médicaments, ainsi que d’une hémorragie continue des compétences médicales et paramédicales. À cela s’ajoutent de fortes disparités régionales et des orientations qui, de facto, fragilisent le secteur public au profit du privé.
La situation s’est, d’après la Ligue, dramatiquement aggravée ces derniers mois, privant des milliers de citoyens de leur droit effectif aux soins. Elle cite notamment la suspension de la délivrance des médicaments par les pharmacies privées aux assurés sociaux, consécutive à la rupture des conventions avec la Caisse nationale d’assurance maladie, ainsi que la pénurie persistante de médicaments destinés aux maladies chroniques et graves, en particulier les traitements anticancéreux.
Ces faits constituent, selon elle, une violation flagrante du droit à la santé et du droit à la vie, laissant de nombreux patients dans des conditions humaines jugées indignes et sans réelle protection.
Appel à une intervention urgente et responsabilité de l’État
Face à cette situation, la LTDH exprime sa solidarité totale avec les patients et leurs familles et tient les autorités publiques pour responsables. Elle condamne ce qu’elle décrit comme une politique d’atermoiement, de déni et un discours populiste masquant l’incapacité réelle à gérer le dossier de la santé publique.
L’organisation appelle les autorités à une intervention urgente et immédiate afin de trouver une solution rapide et structurelle à la crise des caisses sociales, en particulier celle de la Caisse nationale d’assurance maladie, pour garantir la reprise sans condition de la délivrance des médicaments aux assurés. Elle demande également au ministère de la Santé et à la Pharmacie centrale d’assumer pleinement leurs responsabilités légales et morales dans l’approvisionnement en médicaments pour les maladies chroniques et graves. Enfin, elle plaide pour l’ouverture d’un dialogue national sérieux et transparent sur les politiques de santé, loin des promesses illusoires, dans l’objectif de sauver le système public et de garantir un minimum effectif du droit à la santé pour tous, sans discrimination.
La LTDH rappelle que le droit à la santé n’est ni un privilège ni une faveur, mais un droit humain fondamental, et que tout manquement à sa garantie constitue une violation grave engageant la responsabilité juridique et morale de l’État.
Crise aiguë des médicaments antidouleur et traitements essentiels
Cette alerte intervient dans un contexte de pénurie persistante de médicaments antidouleur, notamment la morphine orale utilisée dans la prise en charge des douleurs sévères chez les patients atteints de cancer, en particulier en soins palliatifs. Des médecins ont récemment mis en garde contre une situation jugée médicalement et éthiquement intenable, décrivant des malades livrés à des souffrances extrêmes faute de traitements adaptés, contraignant les soignants à recourir à des solutions de substitution lourdes et insuffisantes, comme des injections répétées.
Cette crise touche également d’autres traitements essentiels, dont certains médicaments d’immunothérapie, souvent indisponibles ou non pris en charge, aggravant la détresse des patients et le malaise du corps médical, qui appelle à une intervention urgente des autorités sanitaires et de la Pharmacie centrale.
M.B.Z












2 commentaires
Gg
Partout, les innombrables mosquées sont parfaitement entretenues, frais (chauffage, eau, électricité…) inclus.
Dans le même temps, les écoles ne sont plus entretenues, la santé est en quasi abandon…
C’est un choix de société.
le financier
Tu dis de la merde , les mosqués c est les dons des fideles et elles sont majoritairement construite par des particuliers