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Textile tunisien : pourquoi la ratification UE–Tunisie change tout

Par Imen Nouira

L’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) a publié récemment un rapport intitulé « Règles d’origine UE–Tunisie : enjeux économiques et portée de la ratification », revenant sur les trois projets de lois adoptés par le Parlement tunisien le 31 décembre 2025 et publiés le même jour au Journal officiel de la République tunisienne (Jort). Le document explique pourquoi la ratification des nouvelles règles d’origine est cruciale pour la Tunisie et analyse ses impacts sur les exportations, en particulier dans le secteur textile et habillement.

Pourquoi ce rapport a été publié

Selon l’IACE, la Tunisie avait appliqué à titre transitoire, depuis mars 2025, les nouvelles règles d’origine préférentielles pan-euro-méditerranéennes (PEM), adoptées par le Conseil d’association UE-Tunisie. Ces règles plus favorables permettaient à certains produits tunisiens, notamment textiles, de bénéficier d’exonérations douanières supplémentaires et d’un cumul d’origine élargi avec d’autres pays méditerranéens.

Cependant, cette période transitoire a pris fin au 1er janvier 2026 pour les pays n’ayant pas ratifié la convention régissant ces règles. Sans ratification, la Tunisie aurait perdu ces avantages, exposant ses exportations à des droits de douane pouvant atteindre 12% sur le marché européen.

Le rapport de l’IACE a été publié pour :

  • Expliquer les conséquences économiques de cette expiration des règles transitoires,
  • Sensibiliser les autorités et les acteurs économiques à l’importance de sécuriser les mesures favorables,
  • Fournir un éclairage détaillé sur la portée de la ratification adoptée fin décembre 2025.
Les avantages de la ratification pour le textile

Le secteur textile et habillement, qui emploie près de 150.000 personnes et génère environ trois milliards de dinars de recettes nettes d’exportation par an, était particulièrement concerné. L’IACE souligne que sans ratification :

  • Les jeans en denim, robes, chemises, T-shirts, sous-vêtements et vêtements de travail auraient été soumis à un droit de douane de 12% en Europe.
  • La compétitivité du secteur aurait été directement affectée, dans un contexte déjà difficile : valeur ajoutée en recul de 2% au cours des neuf premiers mois de 2025 et exportations en baisse de 1,8% sur onze mois.

La ratification sécurise donc la continuité des avantages acquis en 2025, tels que :

  • Quotas additionnels pour certains produits textiles,
  • Cumul d’origine élargi avec d’autres pays du Sud de la Méditerranée,
  • Simplifications administratives pour les exportateurs.
Une étape stratégique pour la Tunisie

Le rapport de l’IACE rappelle que l’accord d’association Tunisie-UE, signé en 1995, a progressivement créé une zone de libre-échange avec l’Union européenne, assortie de règles d’origine définissant les produits éligibles à l’exonération des droits de douane. La révision de 2025, désormais ratifiée, permet de dépasser le régime des règles « historiques » de 2012 et de bénéficier pleinement des nouvelles dispositions.

Selon l’IACE, cette ratification :

  • Préserve les avantages pour le secteur textile et d’autres industries,
  • Contribue à sécuriser près de 150.000 emplois et trois milliards de dinars de recettes nettes d’exportation par an,
  • Renforce le partenariat stratégique entre la Tunisie et l’Union européenne.
Un partenariat consolidé

Le rapport met en perspective l’importance économique et stratégique de la ratification. Après plus de trente ans d’application, l’accord d’association entre la Tunisie et l’UE entre dans une nouvelle phase : sécurisation des règles d’origine, maintien de la compétitivité des exportateurs et consolidation des liens économiques et historiques dans la région euro-méditerranéenne.

I.N.

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Commentaire

  1. HatemC

    12 janvier 2026 | 18h35

    L’IACE, encore un “machin” de plus qui défend son bout de gras, rien d’autre.

    Ce rapport parle de droits de douane… et se tait sur les êtres humains

    L’IACE raisonne exclusivement en points de compétitivité, quotas et exonérations, comme si le textile tunisien était une abstraction comptable.
    Or la “compétitivité” du secteur repose depuis 70 ans sur une seule chose : L’EXPLOITATION.

    Le rapport ne consacre pas une seule ligne :
    – aux conditions de travail réelles,
    – aux inspections inexistantes,
    – aux accidents,
    – aux maladies professionnelles,
    – ni au dumping social assumé qui fait la “force” du secteur.

    On parle de 12 % de droits de douane, mais jamais de 12 heures de travail quotidien.

    Après 70 ans de textile, la Tunisie :
    – ne produit pas ses tissus
    – ne produit pas ses fils
    – ne maîtrise pas la teinture
    – ne possède aucune marque internationale
    – ne contrôle ni le design ni la distribution
    Le pays n’exporte pas un produit, il exporte du temps de travail humain sous-payé.

    Le rapport parle de “valeur ajoutée en recul de 2 %” comme d’un accident conjoncturel.
    La vérité est plus brutale … il n’y a jamais eu de valeur ajoutée à défendre.

    L’IACE répète le mantra :
    LA RATIFICATION SECURISE 150 000 EMPLOI

    Mais quel type d’emplois ?
    – précaires,
    – mal payés,
    – sans formation,
    -sans protection sociale digne,
    – sans possibilité d’évolution.

    Préserver ces emplois sans transformer le modèle, c’est :
    – condamner une génération entière de femmes,
    – empêcher toute industrialisation réelle,
    – figer la Tunisie dans le rôle de sous-traitant low-cost.

    Où est le syndicat ? Cette UGTT …. Silence assourdissant

    Le syndicat qui prétend défendre les ouvrières, où est-il ?
    – A-t-il visité ces usines ?
    – A-t-il publié des rapports indépendants ?
    – A-t-il dénoncé les cadences, les abus, les salaires ?
    – A-t-il exigé une stratégie de montée en gamme ?

    Le rapport de l’IACE ne défend ni :
    – les ouvrières,
    – ni l’industrie tunisienne,
    – ni l’avenir du pays.

    Il défend :
    – un modèle épuisé,
    – une élite exportatrice dépendante,
    – un système où la pauvreté est une “avantage comparatif”.
    La vraie question est :

    Pourquoi, après 70 ans, la Tunisie n’a toujours rien construit d’autre que de la main-d’œuvre bon marché ?

    Et ça, aucun rapport “technique” ne veut y répondre … HC