Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Facture électronique : le ministère des Finances promet la flexibilité… mais n’explique rien

Par Nadya Jennene

Le ministère des Finances a publié, mardi 13 janvier 2026, un communiqué concernant l’application de l’article 53 de la loi n°17 de 2025, adoptée le 12 décembre 2025, relative à la loi de finances pour 2026. Ce texte prévoit l’obligation de recourir à la facturation électronique dès le 1er janvier 2026.

Le ministère y souligne, sans entrer dans les détails, qu’une certaine souplesse sera appliquée afin d’éviter les difficultés pour les petites et moyennes entreprises et certains secteurs d’activité, ainsi que les perturbations possibles dans l’accès aux plateformes numériques. Selon le communiqué, cette flexibilité viserait à prévenir tout désordre ou conséquence négative sur l’économie nationale.

Cette brève rhétorique — déjà entendue dans l’allocution officielle du président de la République — peine à convaincre, surtout qu’elle n’explique ni comment, ni quand, la flexibilité annoncée sera appliquée, laissant les entreprises dans un flou total face aux difficultés techniques et aux sanctions imminentes.

L’entrée en vigueur de la facture électronique a, rappelons-le, plongé des milliers d’entreprises tunisiennes dans l’incertitude. PME, professions libérales et prestataires de services se retrouvent aujourd’hui incapables de facturer, faute de systèmes opérationnels, de guides clairs et de visibilité. Une réforme lourde, imposée dans l’urgence, révélant surtout l’impréparation de l’État et la fragilité du tissu économique.

Sur le papier, l’obligation est nette : chaque facture, même une simple note d’honoraires, doit passer par la plateforme nationale, comporter une signature électronique et respecter un format XML strict. 

Dans la pratique, cette chaîne technique est défaillante, les plateformes TEJ, Tn-Trust ou El Fatoora connaissant des interruptions, des erreurs et des délais d’activation des signatures. La sécurité promise par l’État apparaît illusoire lorsque l’accès aux systèmes n’est pas stable et que des connexions HTTPS fiables ne sont pas systématiquement disponibles.

Les sanctions, elles, sont intactes : amendes, TVA non déductible, pénalités. L’État impose une obligation que personne ne maîtrise pleinement, transformant la conformité fiscale en un véritable casse-tête administratif.

N.J

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés