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Sami Tahri : une instance administrative fixera une nouvelle date de la grève générale

Par Myriam Ben Zineb

Le secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Sami Tahri, a indiqué, mardi 13 janvier 2026, que le bureau exécutif de l’Union s’apprête à publier un communiqué appelant à la tenue prochaine d’une instance administrative nationale d’urgence. Cette instance devra fixer une nouvelle date, « réfléchie et juridiquement fondée », pour la grève générale initialement prévue le 21 janvier courant.

Dans une déclaration à la Tap, le dirigeant syndical a précisé que la convocation de cette instance se fera sur décision de la majorité des membres du bureau exécutif, après une phase de concertation et de débat entre les différentes parties, afin de garantir une réunion « sérieuse, efficace, conforme à la légalité et aux dispositions du règlement intérieur ».

Sami Tahri a, par ailleurs, estimé que l’appel lancé par la commission nationale du règlement intérieur de l’UGTT à la tenue d’une commission administrative est « illégal » et constitue une entorse aux statuts, soulignant que cette instance n’a pas compétence pour convoquer une telle réunion. Il a rappelé que, juridiquement, la convocation d’une commission administrative nationale ne peut émaner que de trois parties : le secrétaire général de l’UGTT – ce qui n’est plus possible en raison de sa démission –, la majorité du bureau exécutif, ou les deux tiers des membres de la commission administrative nationale, selon la règle de la représentation proportionnelle.

Le responsable syndical a également confirmé l’annulation de la grève générale programmée pour le 21 janvier, en raison de l’impossibilité de faire signer le préavis dans le délai légal de dix jours avant son exécution, cette formalité relevant exclusivement du secrétaire général de l’UGTT. Il a qualifié la démission de Noureddine Taboubi de « précédent historique », estimant qu’elle a engendré de nombreuses répercussions négatives, notamment une situation de confusion et de perturbation au sein de l’organisation, et qu’elle a conduit, selon ses termes, à l’avortement d’une grève générale d’ampleur qui devait marquer une étape importante dans l’histoire de la centrale syndicale.

Annoncée début décembre comme un moment fort de contestation politique contre le régime de Kaïs Saïed, la grève générale prévue le 21 janvier 2026 est devenue caduque faute d’envoi du préavis légal dans les délais, aucun acte formel n’ayant été signé avant la date butoir du 11 janvier.

Cette défaillance s’inscrit dans un contexte de crise interne aiguë au sein de l’UGTT, marquée par la démission annoncée de son secrétaire général, Noureddine Taboubi, le 23 décembre, qui a paralysé les instances et empêché toute prise de décision claire. Privée de direction effective et de leadership au moment crucial, la centrale syndicale n’a pas été en mesure de porter politiquement et juridiquement ce mouvement, laissant s’éteindre, sans annonce officielle ni explication structurée, un rendez-vous que l’opposition espérait décisif pour rééquilibrer le rapport de force avec le pouvoir.

M.B.Z

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