Le Tribunal de première instance de Tunis a condamné, mardi 13 janvier 2026, par contumace, l’avocat et ancien député du parti Al Karama, Seïfeddine Makhlouf, à cinq ans de prison avec exécution immédiate pour atteinte à la sûreté de l’État, selon des sources judiciaires citées mercredi 14 janvier 2026.
D’après ces mêmes sources, la juridiction a retenu à son encontre plusieurs chefs d’accusation relevant des crimes portant atteinte à la sécurité de l’État. La peine a été assortie de l’effet immédiat, bien que l’accusé n’ait pas comparu lors du procès.
Des accusations liées à la sécurité nationale
Les poursuites engagées reposent notamment sur des faits liés à la divulgation de secrets de la défense nationale. Il lui est reproché d’avoir transmis des instructions et des informations sensibles concernant le déroulement d’enquêtes judiciaires et de plaidoiries, mais aussi d’avoir imputé, sans éléments probants, des faits graves à des agents de l’État.
Le dossier fait également état de menaces proférées à l’encontre de fonctionnaires publics ainsi que d’agissements jugés de nature à porter atteinte au moral et à la crédibilité des institutions sécuritaires et judiciaires.
L’ensemble de ces faits a été qualifié par la justice d’atteinte grave à la sûreté de l’État, justifiant, selon la juridiction, la sévérité de la condamnation prononcée.
Une série de condamnations depuis la levée de l’immunité
Cette nouvelle décision s’inscrit dans une série de condamnations visant l’ancien président du bloc parlementaire de la Coalition Al Karama depuis la levée de son immunité parlementaire.
Depuis cette date, son parcours judiciaire s’est alourdi de plusieurs affaires. Il a notamment été condamné à une peine d’un an de prison par le Tribunal de première instance de Tunis à la suite de l’altercation survenue en 2021 avec la députée Abir Moussi au sein de l’enceinte parlementaire.
Il a également écopé de vingt mois de prison en appel dans une affaire de menaces adressées, via les réseaux sociaux, au procureur de la République de Sidi Bouzid, pour des faits remontant à février 2019.
À cela s’ajoute une condamnation à un an de prison assortie d’une interdiction d’exercer la profession d’avocat pendant cinq ans, prononcée par la Cour d’appel militaire pour atteinte au prestige de la justice militaire.
Une situation judiciaire transfrontalière
Sur le plan de sa situation actuelle, Seïfeddine Makhlouf avait été interpellé en juin 2024 à l’aéroport d’Annaba, en Algérie, alors qu’il tentait de se rendre à Istanbul puis à Doha.
Il y a fait l’objet de poursuites pour entrée illégale sur le territoire algérien et pour détention de documents de voyage falsifiés. La question de son éventuelle extradition vers la Tunisie demeure, à ce stade, suspendue aux accords bilatéraux et aux procédures judiciaires en vigueur entre les deux pays.
I.N.










