Plus de deux ans après l’évasion spectaculaire de cinq détenus classés terroristes de haute dangerosité à la prison de Mornaguia, l’affaire revient devant la chambre criminelle spécialisée.
Report de l’audience pour les plaidoiries
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter l’examen de l’affaire relative à l’évasion de cinq détenus de la prison civile de Mornaguia. La reprise des audiences est fixée au vendredi 16 janvier 2026 pour les plaidoiries des avocats, a indiqué mercredi 14 janvier 2026 une source judiciaire à l’agence Tap.
Lors de la séance de la veille, la chambre criminelle avait procédé à l’audition des quarante prévenus, détenus ou placés en liberté provisoire, concernés par cette affaire. Ces individus sont poursuivis pour leur rôle présumé dans l’organisation ou la facilitation de l’évasion des cinq détenus qualifiés de dangereux et impliqués dans des affaires terroristes.
Les circonstances de l’évasion
La fuite remonte au 31 octobre 2023, lorsque cinq prisonniers, identifiés comme Nader Ghanmi, Alaeddine Ghazouani, Ameur Belâzi, Raed Touati et Ahmed Melki, alias Al Somali, se sont évadés de la prison civile de Mornaguia. Certains d’entre eux avaient été impliqués dans des actes terroristes majeurs.
Quatre d’entre eux avaient été interpellés le 7 novembre 2023 dans la zone montagneuse du Boukornine, relevant du gouvernorat de Ben Arous, après s’y être retranchés. Le cinquième fugitif avait, quant à lui, été arrêté deux jours plus tôt, le 5 novembre 2023, dans le quartier de Cité Ettadhamen, dans le gouvernorat de l’Ariana.
À la suite de cette évasion, la ministre de la Justice avait donné, le 31 octobre 2023, des instructions à la Inspection générale du ministère afin de mener des enquêtes administratives approfondies et de déterminer les responsabilités. Une équipe de l’inspection générale s’était rendue à la prison de Mornaguia, tandis que les autorités judiciaires et sécuritaires, ainsi que le Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, avaient été informés et impliqués dans le suivi de l’affaire.
Répercussions et enquête en cours
Cette évasion avait provoqué une vague d’émotion et une polémique nationale. À l’époque, le président de la République avait laissé entendre qu’un plan externe aurait pu faciliter la fuite des détenus, soulevant de nombreuses interrogations sur la sécurité pénitentiaire et la surveillance des prisonniers de haute dangerosité.
À l’ouverture de l’instruction, près de vingt agents et responsables pénitentiaires avaient été placés en détention provisoire pour leur rôle présumé dans cette évasion. L’épouse de l’un des terroristes, accusée d’avoir contribué à l’organisation de la fuite, avait également été arrêtée.
En novembre 2024, le juge d’instruction du pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme avait annoncé la clôture de l’instruction et le renvoi du dossier devant la chambre d’accusation, ouvrant la voie aux procédures devant la chambre criminelle spécialisée.
Le report de l’audience au 16 janvier 2026 marque une nouvelle étape dans cette affaire qui continue de captiver l’attention des autorités et de l’opinion publique, compte tenu de la gravité des faits et de l’implication de plusieurs agents pénitentiaires.
I.N.










