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Gabès : de nouveaux épisodes d’asphyxie inquiètent les habitants

Photo de Yassine Gaidi / Agence Anadolu / Anadolu via AFP

Par Nadya Jennene

Une nouvelle vague d’asphyxie a touché, jeudi 15 janvier 2026, la ville de Gabès, où des odeurs nauséabondes se répandent dans plusieurs quartiers, provoquant malaise et inquiétude parmi les habitants, a annoncé un membre du collectif Stop Pollution, Firas Nasfi, dans une publication sur Facebook. 

« De nombreux cas asphyxie ce matin. Des odeurs très désagréables se répandent dans toute la ville de Gabès. Vers une mort lente… Que Dieu protège toutes les familles touchées », a-t-il écrit. 

Une pollution industrielle aux effets sanitaires graves

Cette situation survient dans un contexte déjà sous haute tension. Les dangers liés au phosphogypse, résidu industriel du traitement du phosphate, sont au cœur des inquiétudes depuis plusieurs années à Gabès. Cette substance, stockée en grandes quantités dans la région, libère des polluants chimiques et radioactifs qui contaminent l’air, les sols et les nappes phréatiques. 

L’exposition prolongée peut provoquer des affections respiratoires, des irritations cutanées, des troubles digestifs, ainsi qu’un accroissement du risque de maladies chroniques et de cancers. Pour les habitants de Gabès, cette contamination constitue une menace quotidienne, accentuée par la proximité des zones résidentielles avec les installations industrielles.

Face à la multiplication des cas d’asphyxie, les habitants et associations locales ont exigé des mesures urgentes et une transparence totale sur l’origine des émanations. Tous espèrent que les promesses présidentielles et les recommandations scientifiques se traduiront rapidement par des actions concrètes sur le terrain, conciliant protection de la santé, relance économique et respect du droit des citoyens à un environnement sain.

Plusieurs mouvements de protestation ont été organisés pour réclamer le démantèlement des unités industrielles du groupe chimique, mais aucune action concrète pour résoudre cette crise n’a été mise en œuvre. 

Entre promesses politiques et exigence de décisions radicales

Le président de la République, Kaïs Saïed, a, lui, reçu le 13 janvier le rapport final du groupe de travail chargé de proposer des solutions urgentes à la crise environnementale dans la ville et a affirmé, sa détermination à agir sur les plans technique, financier et structurel, afin de réduire et d’éliminer les sources de pollution, en attendant une stratégie nationale globale.

Selon l’élu de la région, Issam Jebri, il revient au président de trancher un choix engageant l’avenir de toute une région. Le processus judiciaire en cours autour de la pollution industrielle, a-t-il précisé, ne se substitue pas à l’action politique, mais vise à légitimer les revendications des habitants et à reconnaître l’ampleur des dommages subis. Sur le plan scientifique, le comité d’experts chargé d’évaluer les dimensions sanitaires, environnementales et industrielles du dossier joue un rôle central dans l’éclairage de cette décision.

Il a, également, critiqué les orientations visant à maintenir les installations existantes, qu’il juge obsolètes et dangereuses, datant de 1972. Selon lui, persister dans cette voie serait une « dilapidation des deniers publics » et un acharnement à prolonger une crise désormais bien documentée. La seule solution viable, selon le député, consiste à démanteler les unités polluantes, les transférer hors des zones d’habitation et développer un modèle industriel fondé sur des technologies modernes et respectueuses de l’environnement.

N.J

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