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Le comité de soutien à Ahmed Souab clarifie sa position et refuse toute confusion politique

Par Myriam Ben Zineb

La manifestation organisée le 10 janvier 2026 à Tunis ne relève ni d’un événement isolé ni d’une réaction conjoncturelle. C’est ce qu’a tenu à souligner, dans un communiqué publié jeudi 15 janvier 2026, le Comité de soutien au détenu politique Ahmed Souab, qui replace cette mobilisation dans une dynamique de contestation politique continue engagée depuis le 22 novembre, date à laquelle des milliers de Tunisiens étaient descendus dans la rue pour défendre la liberté et rejeter l’injustice et l’autoritarisme.

Une mobilisation inscrite dans un processus de lutte

Selon le comité, la marche du 10 janvier s’inscrit dans un mouvement de rupture avec la résignation et le sentiment d’impuissance collective. Elle vise à réinstaller la bataille pour la liberté dans son espace naturel, la rue, considérée comme un espace public d’expression et de confrontation politique.

Cette mobilisation est présentée comme un moment de défense de la Révolution tunisienne, de ses symboles et de ses générations militantes, mais aussi comme une réponse directe au discours officiel du « mandat populaire », qualifié de slogan fabriqué par les appareils de l’État et non issu de la société.

Rejet des lectures réductrices et des polémiques

Le Comité de soutien à Ahmed Souab estime que les débats autour de principes jugés déjà tranchés, ou autour de l’organisation même de la marche, relèvent d’une polémique stérile. Pour ses membres, la portée politique de la manifestation était claire, tout comme ses messages, explicitement formulés dans l’appel et les communiqués des organisateurs.

Ils soulignent que le président Kaïs Saïed, « bien qu’il s’approprie la symbolique de la Révolution dans son discours », dirige aujourd’hui un système qui en contredit les fondements et les objectifs, en s’appuyant sur les forces de la contre-révolution et sur l’échec de la transition démocratique.

Solidarité, pas confusion politique

Le comité met également en garde contre toute confusion entre solidarité de principe et logiques d’alliances politiques. Il affirme que les tentatives de pression, de chantage ou de campagnes numériques hostiles ne remettront pas en cause son engagement ni sa présence « dans les premières lignes » de la lutte.

Cette prise de position intervient dans un contexte de vive polémique provoquée par des dirigeants et des sympathisants du Parti destourien libre (PDL), à la suite du brandissement d’une affiche montrant l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali aux côtés de l’actuel chef de l’État, Kaïs Saïed. Très virulents, les responsables du PDL ont attaqué les organisateurs de l’événement, estimant qu’il s’agissait d’une provocation.

Une lutte citoyenne contre l’autoritarisme

Dans son communiqué, le Comité de soutien à Ahmed Souab rappelle que la bataille pour la liberté est un combat tunisien, citoyen et démocratique, sans tutelle interne ni externe. Il insiste sur le caractère indivisible de la lutte contre l’autoritarisme, laquelle doit, selon lui, converger avec les mouvements sociaux, économiques, environnementaux et civiques.

Il réaffirme que la Révolution tunisienne est un fait historique payé au prix du sang, et que les dérives actuelles ne traduisent pas son échec, mais plutôt l’incapacité des gouvernants successifs à instaurer un véritable processus démocratique.

Pour un État de droit et des libertés

Enfin, le comité précise que son combat ne vise pas l’État en tant qu’institution, mais sa transformation en un « État d’appareils » gouverné par décrets, par la répression et par une justice instrumentalisée. Il plaide pour un État civil et démocratique, fondé sur la séparation des pouvoirs, la reddition des comptes et la protection des droits et des libertés.

Réaffirmant sa solidarité avec l’ensemble des détenus politiques et d’opinion, le Comité de soutien à Ahmed Souab conclut en réitérant sa détermination à poursuivre la lutte pour une Tunisie de liberté, de justice, de dignité et d’égalité, refusant toute confiscation ou liquidation de la Révolution au nom d’un pouvoir qu’il juge autoritaire.

M.B.Z

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