Le Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (Spot) a annoncé, dans un communiqué publié jeudi 15 janvier 2026, la reprise du travail selon le mécanisme du tiers payant avec la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), à l’issue d’une réunion tenue la veille sous l’égide de la présidence de la République.
Cette rencontre, qui a réuni les ministères et les structures concernées par le secteur du médicament et de l’assurance maladie, a abouti à une décision de reprise assortie d’une garantie directe du président de la République, Kaïs Saïed, concernant le retour au système du tiers payant. Le syndicat souligne toutefois que cette avancée reste conditionnée à la mise en œuvre rapide de mesures concrètes permettant son application effective sur le terrain.
Des engagements confirmés sur les ondes
Quelques heures avant la publication du communiqué, la secrétaire générale adjointe du Spot, Emna Abbes, était intervenue sur Jawhara FM pour évoquer les résultats de la réunion de Carthage. Elle avait confirmé que des engagements clairs avaient été pris pour rétablir un mécanisme de remboursement garantissant à la fois la continuité du service aux assurés et l’équilibre financier des pharmacies.
Selon elle, le président de la République est désormais pleinement informé des dysfonctionnements du tiers payant, notamment les retards de remboursement et les blocages administratifs, qui ont fragilisé la trésorerie des officines et perturbé l’accès des assurés à la prise en charge. Des réunions techniques entre les représentants des pharmacies et ceux de la Cnam sont prévues afin de fixer les modalités pratiques de la reprise dans des conditions jugées plus claires et plus justes.
Le Spot : pas de rupture, mais une alerte institutionnelle
Dans son communiqué, le bureau national du SPOT rappelle que la non-reconduction de la convention avec la Cnam n’a jamais été un objectif en soi ni une volonté de rupture, mais un signal d’alerte responsable face à une situation devenue intenable. La reprise du travail, précise-t-il, ne saurait se limiter à des solutions conjoncturelles ni se substituer au traitement des causes profondes de la crise, notamment le financement du médicament, la régularité de l’approvisionnement et la stabilité des relations contractuelles.
Le syndicat insiste sur la responsabilité qui incombe désormais aux ministères et aux structures concernées pour garantir la pérennité du système, protéger la place du pharmacien dans la chaîne de soins et assurer le droit des citoyens à l’accès aux médicaments.
Pas de « chèque en blanc »
Conscient de l’inquiétude persistante au sein de la profession, le Spot affirme que cette reprise ne constitue en aucun cas un blanc-seing. Tout manquement aux engagements, aux délais ou aux garanties de financement fera l’objet d’un suivi rigoureux et, le cas échéant, d’actions prévues par la loi.
Dans le même sens, Emna Abbes avait souligné sur Jawhara FM que le syndicat resterait vigilant et que toutes les options demeureraient ouvertes en cas de non-application des réformes promises, tout en saluant l’implication personnelle du chef de l’État, qui se serait engagé à suivre de près ce dossier.
Une crise née des retards de remboursement
Pour rappel, les pharmacies avaient annoncé en décembre 2025 la suspension provisoire du tiers payant, dénonçant le non-respect des délais de remboursement, initialement fixés à six mois, et une crise de trésorerie structurelle mettant en péril la stabilité du secteur et ses relations avec les banques et les fournisseurs. Cette suspension a concerné près de 30% des assurés de la Cnam.
La décision de reprise, adossée à une garantie présidentielle, marque ainsi une étape importante, mais les pharmaciens préviennent qu’elle ne prendra tout son sens qu’à travers des actes concrets et des réformes durables.

M.B.Z













Commentaire
le financier
alors quel ministeres aura moins d argent , quel produit connaitra des penuries pour avoir des medicaments
Comme l argent manque , il faut enlever a Raouf pour donner a Fatima