Environ quinze citoyens tunisiens originaires de la délégation de Ben Guerdane ont récemment été interpellés par des éléments de la sécurité libyenne. Contrairement aux informations évoquant un enlèvement ou une séquestration, le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’homme, Mostafa Abdelkebir, a tenu à préciser qu’il s’agit d’opérations d’interpellation menées par des autorités sécuritaires libyennes officielles, agissant dans un cadre connu et identifié.
Des interpellations officielles, loin de la thèse de l’enlèvement
Intervenant ce vendredi 16 janvier 2026 sur les ondes d’Express FM, Abdelkebir a rejeté l’usage du terme « enlèvement », soulignant que les personnes concernées ont été arrêtées par des services réguliers, au niveau des postes frontaliers, en possession de leurs documents d’identité, et pour des motifs liés essentiellement à l’activité commerciale transfrontalière.
Selon lui, les interpellations concernent des Tunisiens impliqués dans des échanges commerciaux courants entre les deux pays. Il a expliqué que les autorités libyennes font preuve, ces derniers temps, d’un durcissement dans l’application de la loi, ce qui conduit parfois à qualifier certaines pratiques commerciales de contrebande ou d’infractions douanières, alors qu’elles relèvent, dans la plupart des cas, de simples violations administratives.
« Nous savons où ils sont détenus, par quelles autorités et pour quelles raisons. Il ne s’agit donc ni d’un enlèvement ni d’une détention arbitraire au sens strict », a insisté le président de l’observatoire, précisant qu’une partie des personnes interpellées a déjà été libérée, tandis que d’autres devraient l’être dans les prochains jours.
Détention pour infractions douanières : une pratique jugée disproportionnée
Mostafa Abdelkebir a toutefois exprimé de vives préoccupations quant au recours systématique à la détention pour des infractions qu’il qualifie de douanières et qui, selon lui, ne justifient pas l’emprisonnement. « Ces infractions devraient donner lieu à des procès-verbaux, à des amendes, voire à la saisie de marchandises ou de véhicules, mais pas à l’incarcération des personnes », a-t-il martelé.
Au-delà de ces cas récents, Mostafa Abdelkebir a alerté sur la situation plus globale des Tunisiens détenus en Libye. Il a indiqué que 35 à 40 Tunisiens seraient actuellement en détention provisoire sur le territoire libyen, dans l’attente de leur jugement, certains faisant face à des reports répétés d’audience. D’autres auraient même purgé leur peine sans pour autant être libérés.
Il a également pointé les difficultés d’accès à l’assistance juridique pour les détenus tunisiens, déplorant la lenteur des procédures d’aide judiciaire et jugeant insuffisante l’intervention diplomatique tunisienne sur ce dossier sensible.
En conclusion, Mostafa Abdelkebir a appelé les autorités tunisiennes à une intervention de haut niveau auprès de leurs homologues libyennes afin de régler durablement la question des Tunisiens détenus en Libye, d’accélérer les procédures judiciaires et d’assurer un traitement fondé sur le strict respect de la loi et des accords bilatéraux entre les deux pays.
S.H











2 commentaires
Karim Vob
لولا هذه دولتين لاصبحت اليوم تاكل العشب بذون ذكر أمور أخرى
HatemC
La Tunisie est coincée entre 2 pays voyous contrebande, drogues, commerce informel, terrorisme … son avenir est hypothéqué ….HC