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Les prix de l’or s’envolent, le marché se fige : l’alerte des bijoutiers tunisiens

Par Nadya Jennene

Hatem Ben Youssef, président de la Chambre syndicale des bijoutiers, a dressé, vendredi 16 janvier 2026, un état des lieux sans concession du marché des métaux précieux en Tunisie, marqué par une envolée spectaculaire des prix de l’or. Une situation qu’il relie directement aux bouleversements géopolitiques mondiaux et à la perte de confiance dans les monnaies traditionnelles.

Invité de Sbeh Ennes sur Mosaïque FM, il a affirmé que le prix de l’or avait atteint des niveaux historiquement élevés, le kilogramme avoisinant désormais les 350 mille dinars. Un seuil symbolique qui, selon lui, change radicalement la nature du rapport à ce métal. « Pour le particulier qui détient de l’or chez lui, c’est un gain réel », a-t-il expliqué estimant que ce dernier peut le revendre pour financer un projet personnel ou faire face à une nécessité. En revanche, pour le bijoutier, la logique est tout autre.

Le président de la Chambre syndicale a rappelé que, pour un commerçant, l’or constitue avant tout un capital de travail. « Le kilo d’or reste un kilo, qu’il soit à 20 ou à 200 millions. C’est mon capital », a-t-il souligné ajoutant que la flambée actuelle réduit considérablement la capacité d’investissement et de rotation des stocks. Là où un bijoutier pouvait autrefois travailler avec plusieurs kilogrammes, il se retrouve aujourd’hui contraint de limiter drastiquement ses volumes, faute de liquidités suffisantes.

Cette hausse vertigineuse des prix s’accompagne, selon Ben Youssef, d’un net ralentissement de l’activité. Le marché de l’or, contrairement à celui de l’argent, souffre d’un manque de dynamisme et d’une érosion du pouvoir d’achat. « Aujourd’hui, le marché est quasiment figé », a-t-il affirmé évoquant notamment la situation du marché de la médina et de la place de la Berka, autrefois très animés.

Hatem Ben Youssef a alerté également sur la confusion croissante entre les pièces authentiques et les produits de moindre qualité. Il a déploré le manque de distinction entre un bijou acheté chez un bijoutier agréé, accompagné de garanties, et des articles vendus sans contrôle ni traçabilité, parfois simplement plaqués.

Il a mis en garde contre les pratiques trompeuses liées à ce qu’il appelle « l’argent plaqué or », expliquant que ces produits ne contiennent souvent qu’une fine couche superficielle d’or, appliquée sur des métaux de base comme le cuivre, le fer ou le plomb.

Pour expliquer la ruée mondiale vers l’or et la hausse de ses prix, Hatem Ben Youssef a évoqué le contexte international, notamment la guerre en Ukraine et le gel des avoirs russes à l’étranger. Ces événements, estime-t-il, ont profondément ébranlé la confiance des États et des investisseurs dans le dollar et dans les devises fortes de manière générale.

Dans ce contexte, l’or apparaît comme l’ultime rempart, un actif tangible, universellement reconnu et insaisissable par des décisions politiques unilatérales.

Face à cette situation, le prix de l’or pourrait augmenter davantage, selon ses estimations, pour atteindre 500 dinars le gramme, voire 600. 

Il a indiqué qu’entre le mois de septembre et aujourd’hui, le prix de l’or avait augmenté d’environ 65 dinars, une progression enregistrée sur une période de quatre mois seulement. « Et la hausse se poursuit », a-t-il insisté, estimant que cette dynamique n’est pas conjoncturelle mais structurelle.

Selon lui, il ne s’agit pas d’une flambée soudaine sur quelques jours, mais d’un mouvement progressif, marqué par de brèves phases de stabilisation avant de repartir à la hausse. Il a rappelé qu’après une courte période de stagnation d’un mois à un mois et demi, durant laquelle les prix avaient légèrement reculé de quelques dinars seulement, le marché a rapidement renoué avec une trajectoire ascendante.

Le président de la Chambre syndicale des bijoutiers a souligné que le prix de l’or 24 carats s’établissait autour de 352 dinars le gramme dès le mois de septembre, avant d’enregistrer depuis lors des augmentations successives. Une évolution qui, selon lui, reflète non seulement les tensions internationales persistantes, mais aussi la demande croissante pour l’or en tant que valeur refuge, tant au niveau des particuliers que des États.

N.J

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Commentaire

  1. le financier

    16 janvier 2026 | 10h46

    il suffit de creer + de croissance en Tunisie et de richesse et les tunisiens pourront en acheter mais c c est clair que ca ne sera pas sous ce president avec des id2es de kolkhoze sovietiques qu on y arrivera