La Tunisie a perdu, samedi 17 janvier 2026, l’une de ses grandes consciences. Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a annoncé avec une profonde émotion le décès de Kamel Labidi, journaliste, intellectuel et militant des droits de l’Homme, dont la vie a été entièrement consacrée à la défense de la liberté de la presse, de la dignité des journalistes et du droit à l’expression.
Formé à l’Institut de presse et des sciences de l’information en 1975, titulaire également d’une licence en langue et littérature anglaises de la Faculté des lettres et des sciences humaines de Tunis, ainsi que d’un diplôme d’études approfondies en sciences de la communication de l’Université Paris II, Kamel Labidi a très tôt fait le choix d’un journalisme rigoureux, indépendant et profondément engagé.
Entré la même année à la Tap, il en sera écarté une première fois entre 1978 et 1981 pour avoir refusé de se plier à la campagne médiatique officielle contre l’Union générale tunisienne du travail. En 1994, son attachement à l’éthique professionnelle et à l’indépendance éditoriale lui vaudra une mise à l’écart définitive et une interdiction de collaborer avec plusieurs médias étrangers. Des épreuves qu’il a toujours affrontées avec discrétion, dignité et fidélité à ses convictions.
Son combat pour la liberté ne s’est jamais limité aux salles de rédaction. Directeur du bureau tunisien d’Amnesty International entre 1995 et 1996, coordinateur du programme d’éducation aux droits humains au bureau régional de l’organisation à Beyrouth, conseiller du Réseau international d’échange d’informations sur la liberté d’expression, puis représentant et conseiller du Comité pour la protection des journalistes pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, Kamel Labidi a porté, au-delà des frontières, la voix des journalistes menacés, censurés ou empêchés d’exercer.
Après la Révolution du 14 janvier 2011, il a mis son expérience et son intégrité au service de la refondation du paysage médiatique tunisien en présidant l’Instance nationale pour la réforme de l’information et de la communication. Le rapport qu’elle a produit demeure une référence, tant par la profondeur de ses analyses que par l’ambition des réformes proposées. Il fondera par la suite l’organisation « Yaqadha » pour les libertés, poursuivant inlassablement son plaidoyer pour une presse libre, responsable et respectueuse du droit du public à l’information.
Kamel Labidi était un homme de conviction, de rigueur et d’élégance morale, pour qui la liberté d’expression n’était pas un slogan, mais une responsabilité quotidienne.
Avec sa disparition, le journalisme tunisien perd une boussole et la cause des libertés l’un de ses défenseurs les plus constants. Le Syndicat national des journalistes tunisiens a salué la mémoire d’un professionnel exemplaire et d’un humaniste profondément attaché à la justice, à la vérité et à l’indépendance des médias.
Qu’il repose en paix











Commentaire
maheryounsi1
Allah yarhmou w yna3mou .