La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a décidé de réserver le dossier relatif à l’évasion de détenus impliqués dans des affaires terroristes de la prison de la Mornaguia, et de reporter la suite de la procédure à l’audience du mardi 20 janvier 2026, consacrée à l’achèvement des plaidoiries, à la délibération et au prononcé du jugement.
Une audience marathon
Lors de la séance tenue vendredi 16 janvier, la juridiction a achevé l’interrogatoire de l’ensemble des accusés avant d’entamer l’audition des plaidoiries des avocats. Celles-ci se sont poursuivies jusqu’aux environs de minuit. À l’issue des débats, la cour a décidé de mettre l’affaire en délibéré et de reporter la poursuite des plaidoiries de la défense, ainsi que la phase de délibération et le verdict, à la séance du 20 janvier courant.
Le dossier concerne plus de quarante personnes, parmi lesquelles figurent les cinq détenus évadés, ainsi que des agents et des cadres relevant de l’Administration générale des prisons, poursuivis pour leur implication présumée dans l’organisation ou la facilitation de cette fuite.
Une évasion qui remonte à octobre 2023
Les faits remontent à la nuit du 31 octobre 2023, lorsque cinq prisonniers poursuivis dans des affaires de terrorisme s’étaient évadés de la prison civile de la Mornaguia. Il s’agit de Nader Ghanmi, Alaeddine Ghazouani, Ameur Belâzi, Raed Touati et Ahmed Melki, connu sous le surnom d’« Al Somali ».
Quelques jours plus tard, quatre d’entre eux avaient été interpellés dans la zone montagneuse du Boukornine, dans le gouvernorat de Ben Arous, où ils s’étaient retranchés, tandis que le cinquième avait été arrêté à Cité Ettadhamen, dans le gouvernorat de l’Ariana.
Enquêtes administratives et poursuites judiciaires
Cette évasion avait provoqué une vive émotion et relancé le débat sur la sécurité des établissements pénitentiaires et la surveillance des détenus classés hautement dangereux. Dans la foulée, le ministère de la Justice avait ordonné l’ouverture d’enquêtes administratives confiées à l’Inspection générale, parallèlement aux investigations menées par les autorités judiciaires et sécuritaires et par le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme.
Plusieurs agents et responsables pénitentiaires avaient été placés en détention provisoire pour leur rôle présumé dans cette affaire, de même qu’une proche de l’un des évadés, soupçonnée d’avoir contribué à la préparation de la fuite.
Un dossier toujours très suivi
Clôturée fin 2024 par le juge d’instruction du pôle antiterroriste, l’enquête a abouti au renvoi du dossier devant la chambre d’accusation, puis devant la chambre criminelle spécialisée. Plus de deux ans après les faits, cette affaire, en raison de la gravité des charges et du nombre élevé de personnes poursuivies, continue de retenir l’attention des autorités et de l’opinion publique, dans l’attente du verdict attendu le 20 janvier 2026.
M.B.Z










