Le gouvernorat de Tunis a enregistré, en l’espace de quelques heures, des quantités de pluie jamais observées depuis plus de cinquante ans. C’est ce qu’a indiqué le directeur régional de la Protection civile à Tunis, le colonel Mounir Riabi, mardi 20 janvier 2026, lors d’interventions médiatiques consacrées à la situation météorologique exceptionnelle que traverse le pays.
Selon ses déclarations, les cumuls de précipitations ont dépassé, en quatre à cinq heures seulement, les 150 millimètres, pour atteindre au total plus de 205 millimètres dans certaines zones, notamment dans l’est du gouvernorat. Un niveau qualifié d’« historique », qui a conduit au classement du Grand Tunis en zone rouge, un seuil jamais atteint depuis un demi-siècle.
Des réseaux saturés et des quartiers sous l’eau
Les pluies, parfois diluviennes, ont touché l’ensemble du gouvernorat depuis la veille au soir, avec une intensité particulière dans les zones de l’est. L’ampleur des volumes tombés en un temps très court a mis à rude épreuve les réseaux d’évacuation, incapables d’absorber de telles quantités. Les canaux et les routes se sont rapidement retrouvés submergés, compliquant fortement les opérations de pompage.
Dans plusieurs quartiers, dont le Kram Ouest, La Goulette, La Marsa et Bhar Lazreg, le niveau de l’eau a atteint 70 centimètres, voire davantage. Par endroits, notamment au niveau de Tunis Marine et sur certains axes reliant le Kram à La Goulette, l’eau a frôlé, voire dépassé, le mètre.
L’effet aggravant de la mer et de la houle
La situation a été encore compliquée par les conditions maritimes. Le phénomène de marée conjugué à une forte houle, avec des vagues dépassant parfois trois mètres et atteignant localement six à sept mètres, a entravé l’écoulement naturel des eaux pluviales vers la mer. Cette configuration a provoqué un effet de refoulement, aggravant les inondations dans les zones côtières, en particulier au Kram, à La Goulette et à La Marsa.
Mobilisation générale et interventions de secours
Face à cette situation, la commission régionale de lutte contre les catastrophes est en réunion permanente depuis la matinée de la veille. Sous la supervision du gouverneur de Tunis, l’ensemble des moyens humains et matériels a été mobilisé. Des visites de terrain ont été effectuées et un dispositif de suivi continu a été mis en place, associant notamment la Protection civile, les services régionaux et locaux ainsi que l’Office national de l’assainissement (Onas).
Les unités d’intervention ont procédé au pompage des eaux dans de nombreuses zones, malgré la saturation des réseaux, et ont porté assistance aux habitants sinistrés. Environ 70 véhicules ont été remorqués et une vingtaine de logements ont fait l’objet d’opérations de drainage. Des moyens importants ont également été déployés au niveau de la voie du métro pour évacuer les eaux accumulées et rétablir progressivement la circulation.
Des infiltrations ont par ailleurs été signalées dans certains établissements hospitaliers, à l’hôpital Mongi Slim notamment, nécessitant des interventions ciblées afin d’assurer la continuité de leur activité.
Appel à la prudence et vigilance renforcée
Le colonel Mounir Riabi a souligné que la commission régionale demeure en état de veille permanente, en étroite coordination avec l’Institut national de la météorologie, pour anticiper toute évolution et garantir des interventions rapides et efficaces. Il a salué l’engagement des équipes de terrain, tout en appelant les citoyens du gouvernorat de Tunis à limiter leurs déplacements au strict nécessaire et à rester chez eux jusqu’à l’amélioration des conditions météorologiques.
Confirmant le caractère exceptionnel de l’épisode, le responsable a insisté sur le fait que des cumuls supérieurs à 205 millimètres en si peu de temps n’avaient jamais été enregistrés depuis plus d’un demi-siècle dans la région. Un niveau qui impose, selon lui, une vigilance maximale et le strict respect des consignes de sécurité.
M.B.Z











