Alors que la 56ᵉ édition du Forum économique mondial de Davos bat son plein, l’absence remarquée de hauts responsables tunisiens à ce rendez-vous international d’envergure a suscité des critiques. Si le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafid, représente officiellement la Tunisie à cet événement, cette présence limitée n’a pas dissipé les interrogations.
L’économiste Aram Belhadj, docteur en sciences économiques et enseignant-chercheur à l’Université de Carthage, a alerté, mardi 20 janvier 2026, sur les conséquences économiques et diplomatiques de cette participation jugée insuffisante, qu’il considère comme un facteur supplémentaire d’isolement pour la Tunisie.
Dans un statut publié le même jour sur sa page Facebook, l’universitaire met en garde contre les répercussions d’une « absence » tunisienne à un forum réunissant les principaux décideurs politiques, économiques et financiers à l’échelle mondiale, soulignant les opportunités manquées en matière de dialogue, de partenariats et de financements.
Une « absence » qui renforce l’isolement économique et diplomatique
Selon Aram Belhadj, « l’absence de la Tunisie d’un rendez-vous économique mondial de cette envergure ne relève pas d’un simple détail protocolaire ». Elle contribue, au contraire, à renforcer l’isolement économique et diplomatique du pays. L’économiste estime que ne pas être présent à un forum tel que celui de Davos revient à se priver d’un espace stratégique de dialogue, de visibilité et de négociation avec des acteurs clés de l’économie mondiale, qu’ils soient issus du secteur public ou du secteur privé.
Il souligne que le Forum économique mondial constitue une plateforme incontournable permettant aux États de défendre leurs priorités économiques, de présenter leurs réformes et d’attirer des investisseurs. Dans ce cadre, l’absence d’officiels tunisiens est perçue comme un signal négatif, susceptible d’affaiblir la crédibilité et la présence du pays sur la scène internationale.
Des opportunités de partenariats et de financements compromises
Dans son analyse, Aram Belhadj met également l’accent sur les conséquences concrètes de cette non-participation en matière de coopération économique. Selon lui, l’absence à Davos réduit les chances de nouer des partenariats stratégiques avec des acteurs économiques majeurs, aussi bien publics que privés, dans un contexte mondial où la concurrence entre pays pour attirer capitaux et projets est de plus en plus intense.
Il avertit, en outre, que cette situation complique l’accès aux financements, qu’ils soient bilatéraux ou multilatéraux. Les rencontres informelles, les échanges en marge des panels officiels et les discussions directes avec les bailleurs de fonds et les institutions financières internationales jouent souvent un rôle déterminant dans la préparation de futurs accords. Ne pas y participer constitue, selon lui, un handicap supplémentaire pour une économie déjà confrontée à de fortes contraintes.
Un appel implicite à une diplomatie économique plus active
Le message de l’enseignant-chercheur s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place de la Tunisie dans l’économie mondiale et sur la nécessité d’une diplomatie économique active. Sans viser explicitement des responsables ou des institutions, il met en lumière l’importance de la présence, du dialogue et de l’engagement dans les grandes enceintes internationales, particulièrement à un moment où la Tunisie cherche à restaurer la confiance, à relancer la croissance et à diversifier ses partenariats.
Il conclut son propos par une formule prudente mais lourde de sens, laissant entendre que les conséquences de cette absence pourraient peser durablement sur les perspectives économiques et diplomatiques du pays.
Le Forum de Davos, un rendez-vous mondial majeur
La 56ᵉ édition du Forum économique mondial (World Economic Forum, WEF) se tient du 19 au 23 janvier 2026 à Davos-Klosters, en Suisse. Elle rassemble plus de 3.000 dirigeants mondiaux issus des sphères politique, économique, scientifique et sociale. Cette édition est placée sous le thème « A Spirit of Dialogue » – un esprit de dialogue –, en réponse à un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques persistantes, des mutations technologiques rapides et la nécessité de renforcer la coopération internationale.
Les dirigeants issus des gouvernements, des entreprises, de la société civile et du monde universitaire se réunissent à Davos pour mener des discussions prospectives visant à aborder les grands enjeux mondiaux et à définir des priorités communes. L’appel à une action collective audacieuse confère à cette rencontre une importance particulière dans le paysage international actuel.
Parmi les personnalités présentes cette année figurent notamment Donald Trump, président des États-Unis, Emmanuel Macron, président de la République française, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, He Lifeng, vice-premier ministre de Chine, ainsi que Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, invité d’honneur, aux côtés de nombreux chefs d’État, ministres, dirigeants de grandes entreprises technologiques et représentants de la société civile.

I.N.











3 commentaires
le financier
Il s agit s un forum économique liberal , c est pas fait pour les attarder qui aime les kolkhouz , les entreprises publique deficitaires , le controle des prix , le controle des contrats de travail , le rackette fiscale …
Franchement qui aurait envi d inviter un officiel tunisien avec ce programme
Rationnel
Un autre commentaire d’Aram mérite une attention particulière ; sur sa page Facebook, il a déclaré :
« Le déficit commercial a avoisiné les 22 milliards de dinars en 2025, dont plus de 11 milliards de déficit énergétique. Je suis en faveur du financement direct de la Banque Centrale dans la limite du déficit, à condition que ces fonds soient alloués à la restructuration des entreprises publiques concernées, à l’investissement direct dans les énergies renouvelables et au soutien du partenariat avec les principaux acteurs du secteur. Même si les réserves en devises devaient en être affectées, cela resterait temporaire, et le bilan final serait extrêmement positif pour l’économie nationale ainsi que pour le quotidien des Tunisiens. »
Finalement, Aram réalise que les énergies renouvelables constituent le socle de l’avenir du pays. Il finira par comprendre que la stagnation peut être dépassée par des actions simples et concrètes :
Mise en place d’une ligne de swap avec la PBoC (Banque populaire de Chine) de 5 milliards de dollars ou plus.
Accélération des projets d’énergies renouvelables par l’élimination des permis et autorisations pour les installations de moins de 25 kW, à l’instar du modèle marocain.
Allocation de crédits directs via une filiale numérique de la Banque Centrale (sans intermédiaire) au taux de 3 % pour les projets d’énergies renouvelables. Ces fonds, issus de la ligne de swap avec la PBoC, serviraient à l’achat d’équipements chinois (le taux de 3 % correspondant au coût de ladite ligne). Les prêts seraient garantis par les équipements eux-mêmes.
Ainsi, en moins de six mois, nous pourrions effacer le déficit énergétique et devenir exportateurs d’énergie vers l’Europe grâce à la connexion ElMed. Le déficit se transformerait alors en excédent.
HatemC
L’algerie aussi ne participe pas faut il voir un alignement sur l’Algérie ? Perso je dirai OUI