Les intempéries d’une ampleur exceptionnelle qui ont frappé la Tunisie ces derniers jours continuent de provoquer de lourdes conséquences humaines et matérielles dans plusieurs régions du pays. Entre fortes pluies, crues soudaines, inondations et mer déchaînée, les autorités et les services de secours multiplient les interventions face à une situation jugée critique et imprévue par les météorologues.
Des destructions partout, circulation et services perturbés
Les crues et inondations ont interrompu la vie quotidienne dans plusieurs régions. De nombreuses routes ont été rendues impraticables, rendant difficile l’accès aux zones sinistrées. La Garde nationale a annoncé la reprise progressive de la circulation routière sur l’ensemble du réseau, après des opérations de dégagement et de sécurisation des axes principaux.




Par ailleurs, plusieurs gouvernorats, notamment Béjà, Sfax, Mahdia, Sousse et Grand Tunis, ont vu leurs infrastructures routières, quartiers résidentiels et transports publics affectés par les eaux, laissant des quartiers isolés et perturbant les déplacements quotidiens.




Un bilan humain tragique à Moknine
La délégation de Moknine, dans le gouvernorat de Monastir, figure parmi les zones les plus touchées par les récentes inondations. La Protection civile a confirmé quatre décès, dont une femme à mobilité réduite dans son domicile envahi par les eaux, une autre femme emportée par les flots, et un homme retrouvé dans la sebkha de Moknine. Ces pertes témoignent de la violence des crues soudaines qui ont frappé à la fois les zones urbaines et rurales.
La population, éprouvée et en colère, a organisé des manifestations et protestations dans la nuit, quelques heures seulement avant la visite du président Kaïs Saïed, qui s’est rendu sur place pour constater les dégâts et rencontrer les habitants.
Par ailleurs, les équipes de la Protection civile de Menzel Temime ont retrouvé, dans la soirée du mardi 20 janvier 2026, le corps sans vie d’un homme emporté par les eaux de crue. La dépouille a été découverte à l’intérieur d’un camion léger dans la zone de Sidi Hassoun, relevant de la délégation d’El Haouaria.
Disparitions en mer et opérations de sauvetage en mer
Au large de Téboulba, cinq pêcheurs ont été signalés disparus après que leur embarcation a été emportée par des conditions météorologiques extrêmement dangereuses, marquées par la houle et les précipitations intenses.
Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent avec une forte mobilisation des services maritimes, en coordination avec les autorités locales. Parmi eux, un des pêcheurs initialement porté disparu a été retrouvé vivant près des îles de la Kuriat, bien que l’état de santé reste encore à confirmer, soulignant les efforts constants des équipes de secours.
Port de Beni Khiar :
Circulation paralysée dans plusieurs régions
Sousse
Soliman
Ezzahra
Education et services publics à l’arrêt
Face à l’ampleur des dégâts et pour protéger les élèves et les familles, plusieurs gouvernorats ont décidé hier, mardi 20 janvier 2026, de maintenir la suspension des cours et des activités scolaires. La sécurité des établissements et des enfants reste une priorité dans les zones encore exposées à des précipitations importantes et à des inondations persistantes.
En effet, Certaines écoles ont été envahies par les eaux, provoquant d’importants dégâts matériels et la destruction d’équipements pédagogiques. Les salles de classe ont été touchées, compliquant la reprise normale des cours dans les établissements concernés.




Lycée Mohamed Boudhina – Hammamet
Déplacements du président Kaïs Saïed dans les régions touchées par les intempéries
Le mardi 20 janvier 2026, le président Kaïs Saïed s’est rendu dans plusieurs villes durement touchées par les fortes pluies et les inondations. Il a commencé sa tournée à Moknine, présentant ses condoléances aux familles des victimes et évaluant l’ampleur des dégâts. Dans l’après-midi, il s’est déplacé à Radès puis dans le gouvernorat de Nabeul, notamment à Grombalia et Hammamet, où il a inspecté les zones inondées et échangé avec les habitants. Ces visites avaient pour objectif d’être au plus près des populations affectées et de suivre la situation sur le terrain.
Protection civile : interventions non-stop
La Protection civile reste en alerte maximale, avec des équipes déployées dans les zones les plus touchées pour effectuer des missions de pompage des eaux, dégagement de véhicules bloqués et sécurisation des axes routiers. Les opérations se poursuivent jour et nuit pour réduire les risques et aider les sinistrés à reprendre une vie plus normale.
Takelsa :



Un affaissement de trois mètres s’est produit à El Haouach (La Marsa), rue Mohamed Ali. Un camion de la protection civile a chuté à cause de l’effondrement de la chaussée dans une fosse profonde.
Sous l’effet des crues et de la saturation des sols, certaines routes se sont partiellement effondrées, rendant plusieurs axes impraticables et compliquant l’accès aux zones touchées. Comme observvé au niveau de l’Oued Belgaied, sur l’avenue El Hadi Ouali, rue Essafsaf à Hammamet, la route s’est effondrée :


Sidi Bouali – Hammamet
Une météo exceptionnelle : pluie record depuis des décennies
Selon les services météorologiques, certaines régions ont connu les niveaux de précipitations les plus élevés depuis plus de 70 ans, dépassant les records historiques pour un mois de janvier. Ces quantités d’eau ont généré des débordements d’oueds, des crues soudaines et une forte montée des nappes, expliquant en partie l’ampleur des dégâts observés.



La vidéo ci-dessous montre les dégâts des crues sur la plage de l’hôtel « Les Citronniers », où les eaux ont charrié sable et débris, dégradant le littoral et endommageant les installations situées en bord de mer. Les traces laissées par la montée des eaux témoignent de la violence de l’épisode pluvieux.
Hammamet, fortement impactée par les intempéries
La ville de Hammamet, dans le gouvernorat de Nabeul, compte parmi les zones touchées par un épisode météorologique d’une intensité exceptionnelle lié à la tempête Harry. D’après l’Institut national de la météorologie, les cumuls de pluie ont atteint des niveaux particulièrement élevés dans plusieurs localités avoisinantes.








Photos et vidéos à l’appui, cette crise révèle une Tunisie confrontée à des intempéries rares, qui ont laissé derrière elles des pertes humaines, des destructions matérielles significatives et une mobilisation exceptionnelle des services de secours.















Commentaire
zaghouan2040
Je pense comme de nombreux responsables publics que l:opinion tunisienne passe à coté de l’essentiel, par ignorance ou par mauvaise foi.
Et tant de décideurs publics, délégués, gouverneurs, responsables de la prévention civile, directeurs centraux des ministères de l’équipement, de l’environnement, de l’intérieur etc… ont insisté sur ce point fondamental et pourtant largement méconnu du public:
Figurez vous que la pluie en général et les fortes pluies en particulier sont bénéfiques à la production agricole; tellement bénéfiques que le reste est anecdotique.
Et cet aspect sous-estimé, méconnu, est très certainement crucial vu l’insistance et le nombre d’interventions de ces décideurs sur les médias ; car on peut pas noyer le poisson dans l’eau de pluie surtout lorsque cette dernière est mouillée.