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À Sidi Bou Saïd, la colline glisse : la Protection civile alerte et appelle à des solutions radicales

Par Myriam Ben Zineb

La colline de Sidi Bou Saïd demeure l’un des points les plus sensibles du gouvernorat de Tunis face aux risques naturels. Ce jeudi 22 janvier 2026, le directeur régional de la Protection civile, le colonel Mounir Riabi, a tiré la sonnette d’alarme selon une déclaration relayée par Mosaïque FM, mettant en garde contre la fragilité persistante du site et la menace que représentent les glissements de terrain pour les habitations et leurs occupants.

Selon lui, la configuration géographique et environnementale de la colline, conjuguée à la répétition des épisodes d’instabilité du sol, place la zone parmi les plus exposées. Ces derniers jours, plusieurs familles ont d’ailleurs été invitées à quitter provisoirement leurs maisons par mesure de précaution. Les pluies abondantes enregistrées récemment ont, une nouvelle fois, révélé la vulnérabilité du relief et confirmé que les interventions ponctuelles ne suffisent plus.

Le responsable régional a estimé que la situation impose désormais une approche globale et durable, fondée sur des solutions techniques lourdes, des études géotechniques approfondies et un suivi permanent. Il a toutefois souligné que le travail préventif mené par les équipes de la Protection civile dans le Grand Tunis, notamment à Sidi Bou Saïd, a permis d’éviter un scénario catastrophe, alors même que les cumuls de précipitations ont dépassé les prévisions. Si les dégâts matériels restent notables, la préparation en amont en a limité l’ampleur.

Un dossier suivi au plus haut niveau

Cette alerte intervient alors que la question de la sécurisation de la colline de Sidi Bou Saïd fait l’objet, depuis plusieurs mois, d’un suivi gouvernemental. Le 2 juillet 2025, une séance de travail présidée par la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, avait réuni autour d’une même table les représentants du gouvernorat de Tunis, de la municipalité de Sidi Bou Saïd, ainsi que des ministères de l’Équipement et de l’Habitat, du Tourisme, de l’Industrie et de l’Agriculture, en présence des cadres du département des Affaires culturelles.

Cette réunion avait permis d’établir un état des lieux précis des zones menacées par les glissements de terrain et d’examiner les mesures urgentes à mettre en œuvre. La ministre avait alors insisté sur l’accélération du projet de prévention des risques affectant la colline et ses environs, tout en appelant à une coordination étroite entre l’ensemble des parties concernées. L’objectif était de finaliser les études techniques et de définir un plan d’action commun, capable d’apporter des réponses structurelles et non plus seulement conjoncturelles.

La ministre avait également souligné l’importance stratégique de ce chantier pour la candidature de Sidi Bou Saïd à l’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Elle avait plaidé pour une vision intégrée, combinant la sécurisation de la colline et la protection de la côte sableuse, afin d’assurer la préservation durable du site, tant sur le plan patrimonial qu’environnemental.

Vers un plan de sauvetage national

Parmi les décisions prises à l’issue de cette réunion figurait la création d’un comité de pilotage, placé sous la coordination du ministère de l’Équipement et de l’Habitat, en lien avec la présidence du gouvernement et l’ensemble des départements concernés. Une correspondance urgente devait, par ailleurs, être adressée à la présidence du gouvernement pour exposer les priorités d’intervention, lever les obstacles administratifs et logistiques et mobiliser les financements nécessaires.

L’objectif affiché est la mise en œuvre d’un véritable plan de sauvetage national pour la colline de Sidi Bou Saïd, à la hauteur des enjeux humains, urbains et patrimoniaux. Les déclarations du colonel Mounir Riabi viennent ainsi rappeler, avec force, l’urgence de passer de la phase des études et des intentions à celle des réalisations concrètes, avant que de nouveaux épisodes climatiques ne viennent aggraver une situation déjà jugée critique.

M.B.Z

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4 commentaires

  1. zaghouan2040

    22 janvier 2026 | 18h45

    La population tunisienne en général est hors sujet concernant les problématiques environnementales et géographiques du pays
    Concernant les risques afférents a l’instabilité de la colline de Sidi Bou Said les premiers études scientifiques démontrant les risques de glissement de terrain ont été menées en …….1927

    Oui vous avez bien lu, 1927 : Solignac  » Notes sur les mouvements de terrain observés à l’éperon rocheux de Cap Carthage » in « Structures et relef de la Tunisie Septentrionale, janvier 2019, Annales Géographiques »
    Donc il y a un siècle, un géologue reconnu mondialement avait souligné l’existence de risque importants concernant l’instabilité du plateau collinaire de Sidi Bou Said et préconisé un plan de prévention détaillé….
    Plus tard Castalny avait approfondi en 1954 les analyses de Solignac au travers d’un étude hydogéologique complète démontrant l’existence de six zones vulnérables ; son rapport avait été transmis aux autorités françaises de l’époque et est actuellement disponible au CEMI à Tunis ……

    Cette étude 1954 a été approfondie par le remarquable travail de feu Ben Yagoub Jilani, 1980 , commandité par l’Office National des Mines  » Etude sur les glissements de terrain observés sur la colline de Sidi Bou Said » …… ses conclusions avaient déplu, son rapport a été enterré

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  2. Judili58

    22 janvier 2026 | 18h03

    Interdire l’accès à la colline des bus, des voitures . Limiter le nombre de personnes se trouvant en même temps sur la colline . Diminuer le nombre de points de vente sur la colline. Ce sont des mesures qui ne nécessitent ni études ni financement pourquoi ils sont incapables de les décider. Il faut d’abord stopper l’hémorragie!

  3. Nahor Guëttam

    22 janvier 2026 | 18h00

    Quand il s’agit de SIDI BOU SAID, tout le monde bouge…

    Mais quand il s’agit de Takrouna… les autorités demandent d’abandonner cette colline unique, à la mémoire berbère… ils la vident de tout projet, de tout habitant… cause de « glissement »….

    Ils l’abandonnent…

    C’est LOUCHE, c’est VEULE !

  4. direction

    22 janvier 2026 | 17h01

    Commencez par interdire les voitures tout en haut de la colline dans des rues étroites qui ne permmettent meme pas le passge d’une moto… La culture de la voiture au point du ridicule