Les récentes inondations ayant frappé plusieurs zones de la Tunisie ont contraint les autorités locales et les services de la protection civile à intervenir en urgence pour secourir des familles dont les habitations ont été envahies par les eaux. C’est ce qu’a indiqué Sarah Salhi, élue locale de Ben Arous, lors d’une intervention dans la matinale de Jawhara FM, jeudi 22 janvier 2026.
Revenant sur l’ampleur des dégâts et les opérations de prise en charge des sinistrés à Ben Arous, elle a affirmé que 24 familles avaient été évacuées de leurs domiciles, principalement situés dans des quartiers résidentiels de Ben Arous et de Radès.
Les sinistrés ont ensuite été hébergés dans un centre d’accueil aménagé au complexe sportif de Ben Arous, où un encadrement de base leur a été assuré.
L’élue a souligné que ces quartiers, en particulier les zones industrielles et portuaires de Radès, étaient confrontés chaque hiver à des épisodes similaires, ce qui a provoqué un sentiment d’abandon chez les riverains. Elle a interpellé les autorités sur la nécessité d’interventions structurelles durables afin de mettre fin à ces situations récurrentes.
Elle a appelé à une mobilisation solidaire pour les familles sinistrées, notant que les personnes désireuses de contribuer, même par un simple geste de soutien, sont invitées à contacter la délégation de Ben Arous, où les autorités locales se chargent de centraliser et de distribuer les aides aux familles concernées.
Les fortes intempéries qui se sont abattus sur le pays entre lundi et mardi ont provoqué des crues soudaines et des inondations meurtrières dans plusieurs gouvernorats. Plusieurs routes ont été submergées ou rendues impraticables, des habitations ont été envahies par les eaux, et des terres agricoles ont subi des pertes importantes, notamment en raison de la stagnation prolongée des eaux et de l’érosion des sols.
N.J













Commentaire
HatemC
Les rapports médiatiques sur les catastrophes naturelles en Tunisie, se concentre sur la gestion de crise (évacuations, aides, hébergement d’urgence) plutôt que sur les causes structurelles profondes.
En ne parlant que de « fortes intempéries », on réduit le problème à une fatalité climatique, alors que la récurrence de ces inondations à Ben Arous et Radès et ailleurs depuis des décennies pointe vers une responsabilité humaine et administrative.
Les canalisations installées il y a 30 ou 40 ans ne sont plus adaptées à la densité de population actuelle ni à l’intensité des épisodes pluvieux modernes.
Les avaloirs et les égouts sont souvent bouchés par les déchets solides et les sédiments, faute d’entretien régulier par les municipalités avant la saison des pluies.
Les grandes infrastructures (port, voies ferrées, zones industrielles) agissent parfois comme des barrages qui bloquent l’écoulement naturel de l’eau vers la mer, emprisonnant ainsi les quartiers résidentiels adjacents dans une « cuvette ».
Les rejets industriels peuvent obstruer les réseaux d’évacuation des eaux pluviales.
Pour arrêter ce cycle, il ne s’agit plus de distribuer des couvertures ou de curer quelques égouts en janvier, mais de repenser entièrement le drainage de la zone sud de Tunis, quitte à exproprier certaines zones ou à investir massivement dans des bassins de rétention d’eau, ce que les autorités tardent à faire depuis des décennies … HC