Les récentes précipitations enregistrées dans plusieurs gouvernorats , à Bizerte notamment, ont provoqué des dégâts significatifs dans plusieurs zones agricoles, affectant particulièrement l’élevage ovin et les cultures céréalières. Imed Ouadhour, président du Syndicat régional des agriculteurs de Bizerte, est revenu en détails sur l’impact des inondations, lors d’une intervention dans la matinale de Jawhara FM, jeudi 22 janvier 2026.
Selon ses déclarations, l’un des sinistres les plus marquants concerne un éleveur de la région d’Oum Hani, relevant de la délégation de Menzel Bourguiba. Bien que située dans une zone à topographie relativement élevée, cette localité a subi un phénomène de ruissellement exceptionnel dû aux pluies abondantes. La modification du tracé naturel des écoulements, combinée à une forte vitesse des eaux, a entraîné la formation d’un courant violent qui a submergé une zone de pâturage attenante à un axe hydraulique.
Ce phénomène a causé la mort de 75 à 78 têtes ovines, représentant une perte économique estimée à environ 65 mille dinars tunisiens. L’éleveur concerné, dont le cheptel constituait l’unique source de revenus, se retrouve dans une situation de grande vulnérabilité socio-économique, a déploré le président du Syndicat régional des agriculteurs de Bizerte.
Imed Ouadhour a souligné, dans ce sens, l’absence de mécanismes efficaces de compensation pour ce type de catastrophes. À ce jour, les agriculteurs et éleveurs sinistrés ne bénéficient ni d’un système d’assurance adapté, ni d’un fonds opérationnel de prise en charge des pertes liées aux aléas climatiques. Il a réitéré la nécessité urgente de créer un fonds national dédié aux catastrophes naturelles agricoles, notamment pour permettre la reconstitution des cheptels décimés.
Face à cette situation, il a indiqué que le Syndicat régional des agriculteurs de Bizerte, en coordination avec les autorités locales travaillerait sur la mise en place d’une commission de solidarité et de documentation afin de recenser précisément les dégâts, d’appuyer les démarches administratives des sinistrés et de mobiliser les aides possibles.
Au-delà de l’élevage, les inondations ont également affecté plusieurs zones agricoles du gouvernorat de Bizerte, caractérisé à près de 60% par des terres planes, particulièrement vulnérables à la stagnation des eaux.
Le président du syndicat a pointé des insuffisances dans les opérations de curage et d’entretien hydraulique. Si certains oueds principaux ont fait l’objet d’interventions, les canaux secondaires et les affluents n’ont pas été correctement aménagés, contribuant ainsi à l’aggravation des inondations dans les terres agricoles.
Imed Ouadhour a mis en évidence un autre facteur aggravant majeur : le manque de fertilisants azotés (monitrate) durant une période critique du cycle végétatif. En situation normale, les plantes peuvent résister temporairement à un excès d’eau. Toutefois, combinée à une carence nutritionnelle prolongée — parfois supérieure à dix ou quinze jours —, la saturation hydrique entraînerait un affaiblissement physiologique des cultures, se traduisant par un jaunissement des plants, une baisse de vigueur et, dans certains cas, une perte partielle ou totale du rendement.
Selon le responsable syndical, une disponibilité plus précoce des intrants agricoles aurait permis d’atténuer les effets des inondations et d’améliorer la résilience des cultures face à ce stress combiné.
Les conditions météorologiques extrêmes enregistrées ces derniers jours en Tunisie ont engendré des impacts humains et matériels significatifs dans plusieurs régions du pays : des précipitations intenses, associées à des crues rapides, des épisodes d’inondation et une forte agitation maritime.
Plusieurs routes ont été submergées ou rendues impraticables, des habitations ont été envahies par les eaux, et des terres agricoles ont subi des pertes importantes, notamment en raison de la stagnation prolongée des eaux et de l’érosion des sols. Par ailleurs, les intempéries ont entraîné des perturbations dans les réseaux de transport ainsi que des dommages aux installations portuaires et aux activités de pêche.
N.J











2 commentaires
Mhammed Ben Hassine
[l’absence de mécanismes efficaces de compensation pour ce type de catastrophes]
Imagier chaque acteur économique et ménages souscrit 10 dinars par an dans un fond de soutien catastrophe ne resoude t il me problème, je pense que si
Gg
Wikipedia:
« En hydrologie, le lit est l’espace occupé par un cours d’eau, de façon permanente ou temporairement. Il comporte :
Le lit d’étiage, partie du lit qui reste toujours en eau.
Le lit mineur, lit ordinaire ou « lit apparent », est le chenal où l’eau s’écoule habituellement avant débordement. Il peut être occupé en permanence ou de manière saisonnière. Il est souvent limité par des berges [naturelles].
Le lit majeur, appelé aussi « plaine d’inondation » ou « lit d’inondation », est la partie adjacente latérale au lit mineur, inondée seulement en cas de crue, le plus souvent sur les deux rives. La bordure extérieure du lit majeur correspond au niveau de la plus grande crue historique enregistrée »
Les règles sont simples: pas de constructions, ni endiguements, dans ces zones, même le lit majeur.
Faute d’avoir respecté cela, on a vu ce qui s’est passé du côté de Valence, en Espagne, l’an dernier.
En France, des malins ont jugé bon de faire passer une petite rivière dans un gros tuyau de 5m de diamètre pour traverser une ville (Montellier, je crois), et construire des rues et des parkings dessus. Un jour, ce tuyau a explosé et emporté rues, autos, parkings et maisons. La rivière, un moment, a retrouvé son lit majeur.
En Allemagne, il y a 2 ans, un village entier a été emporté…
Et évidemment, on laisse le lit majeur PROPRE.
Bref, on aura beau gueuler et pondre des décrets, rien ne changera cela!